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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 22:49

 

      La section PCF de Hendaye (64) a publié aujourd'hui cette analyse du projet de loi constitutionnelle sur l'équilibre des finances publiques. On y retrouve l'attitude générale du PCF et du Front de Gauche vis-à-vis de l'austérité : un refus en bloc, et tant pis pour le déficit public à 6% du PIB (un niveau supérieur aux intérêts, ce qui signifie qu'on ne peut même pas tout mettre sur le dos des banquiers...), et la dette publique qui se dirige sûrement mais pas lentement vers les 90% du PIB...

 

     Cependant, ce texte est intéressant, car il met en lumière des points forts litigieux de ce projet de loi : soumission accrue de notre pouvoir budgétaire face à la Commission Européenne, obligation d'équilibres budgétaires imposés d'une année sur l'autre et même par delà les changements de majorité politique...

 

     Dans le programme de Socialisme & Souveraineté sur la monnaie, bientôt publié via ce blog, le gouvernement d'une France souveraine doit avoir le droit au déficit, et pouvoir le financer par la création monétaire, mais seulement sur acceptation du peuple lors d'un référendum. Le scrutin, s'il est validé, peut légitimer des dépenses exceptionnelles et l'émission de monnaie, mais à condition que des excédents sur d'autres années fassent que l'équilibre soit obtenu sur une période précisée dans la question posée aux électeurs (par exemple cinq ans), et que les émissions de monnaie soient compensées par les remboursements à la Banque de France. En cas d'échec, un impôt exceptionnel remettrait les comptes en place, tout en cassant le crédit du gouvernement (actuel ou précédent).

 

     Ainsi la création monétaire serait réellement sous contrôle démocratique, le gouvernement serait tenu à une rigueur à terme sans être interdit d'ordonner des dépenses exceptionnelles si les circonstances l'exigent.

 

L'article de la section PCF de Hendaye :

Équilibre des finances publiques. Le projet dans le texte.

 

Les six points-clefs du projet de loi constitutionnelle en cours d'examen à l'Assemblée Nationale...

 

http://www.pcfhendaye.fr/equilibre%20des%20finances.html

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 15:35

     NB: Cette série à pour but d'informer les lecteurs à propos du problème de la dette publique. En effet, suite aux nombreux effets d'annonces des différents gouvernements, il est intéressant d'analyser les résultats obtenus et les alternatives proposées. Pour une information complémentaire et qui permet une meilleure compréhension du sujet (de par la définition de certains termes etc..), nous vous invitons à consulter notre premier numéro (1) qui traite de la dette publique en France.

 

     Ce premier épisode compare la situation de la France aux autres pays de l'Europe ( UE et Hors UE).

 

1) La situation des pays de l'Union Européenne

 

     En 2009, selon Eurostat, les déficits publics les plus élevés, par rapport au PIB, ont été observés, dans l'ordre en Grèce (-15,4% du PIB national), en Irlande (-14,4%), au Royaume-Uni (-11,4%), en Espagne (-11,1%), en Lettonie (-10,2%), au Portugal (-9,3%), en Lituanie (-9,2%), en Roumanie (-8,6%), en Slovaquie (-7,9%), en France (-7,5%) et en Pologne (-7,2%). Aucun État membre n'a enregistré un excédent public en 2009. Les plus faibles déficits ont été enregistrés au Luxembourg (-0,7%), en Suède (-0,9%) et en Estonie (-1,7%). Au total, vingt-cinq États membres ont enregistré une détérioration de leur déficit public exprimé en pourcentage du PIB en 2009 par rapport à 2008, et deux (l'Estonie et Malte) une amélioration. Le déficit public des pays de l'Union Européenne est passé de 61,8% en 2008 à 74% en 2009. Il n'y a donc pas de  "dynamisme" créé par l'Union Européenne puisque quatorze États membres de l’UE affichent une dette publique supérieure à 60 % du PIB .

 

 

2) La situation des pays Hors Union Européenne :

 

     Malgré tout ce phénoméne ne touche pas que les pays de l'UE : en effet, même si la Norvége a réduit sa dette publique en 2009 (passant de 50,2 % en 2008 à 44,1% en 2009), l'endettement public de la Croatie est passé de 28,9% du PIB en 2008 à 35,3% en 2009, tout comme celui de la Turquie qui était de 39,5% en 2008 puis de 45,4% en 2009. D'ailleurs, grâce à ce tableau nous pouvons constater que la France est dans la moyenne des pays, ayant une dette publique supérieure à 60 %.

     

 

 

3) La situation de la France:

 

     Ci-dessous, ce tableau nous permet d'avoir des constations intéressantes. En effet, même si les prévisions semblent très optimistes puisqu'elles supposeraient des efforts jamais réalisés depuis 50 ans pour réduire le déficit public, il semblerait que celui-ci va progressivement baisser avant d'atteindre en 2013 le plafond autorisé par Bruxelles (3% du PIB). Par contre, cet optimisme est à nuancer, puisque même si le service de la dette deviendra pour la première fois la principale dépense du pays en 2012, sa réduction drastique semble difficile à court terme comme nous pouvons en juger par le difficile recul prévu du déficit entre 2012 et 2014.

 

          Evolution des déficit et dette publics de la France de 2007 à 2014 selon les prévisions du gouvernement

 

     Ainsi pour conclure sur cette première partie très chiffrée, nous pouvons noter que les problèmes du déficit public et de la dette ne sont pas inhérents à la France. Cependant pour résoudre ce problème, différentes solutions sont mises en oeuvres, solutions que nous aborderons dans un 2éme épisode.

  1. Voici le lien pour consulter le premier numéro : http://www.socialisme-et-souverainete.fr/ext/http://www.fichier-pdf.fr/2010/09/15/nisb32k/Journal%20SS%20au%2014%209%202010%282%29.pdf


Aequitas.

 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 20:00

     Le Parti Socialiste a récemment publié son programme. On aurait pu penser à le commenter, ...mais nous avons préféré d'autres activités plus sérieuses. Car il suffit de lire quelques propositions pour ne plus avoir envie de commenter.

 

     L'une des plus emblématiques, et qui malheureusement est populaire auprès des français, c'est la proposition d'encadrer et bloquer la progression des loyers. Une initiative apparemment populaire, surtout quand on pense à tous ceux qui galèrent à payer leurs loyers, ou à trouver un logement.

Mais qui n'en est pas moins une pure connerie démagogique.

 

     Et le pire, c'est que Miss-47% en redemande sur les prix de "50 produits de base". Décidément, le jour où Marie-Antoinette Royal aura quelque chose d'intelligent et non-trivial à dire, il faudra nous appeler.

 

     Mais pourquoi, nous direz-vous, mais pourquoi ne pas être d'accord? Le blocage des prix, n'est-ce pas répondre aux attentes de notre peuple (ou pôple, comme dirait Marie-Georges) ?

 

Et bien...

 

Pas.

 

Du.

 

Tout.

 

     Toute personne qui a fait un minimum d'études de l'économie générale sait que, en général, comme les histoires d'amour, les contrôles de prix par l'Etat finissent mal, du moins si les biens et services concernés sont vendus par des entreprises privées.


     Pourquoi?

 

     Parce que si les prix montent, c'est parce qu'il y a des raisons bien précises. Et qui ne se résument pas à : "Un triste jour, les entrepreneurs et les bailleurs, qui sont vraiment trop méchants, décident de monter les prix pour faire chier le monde et s'en foutre plein les poches, gniark gniark".

 

     Non pas que les entrepreneurs et les bailleurs ne cherchent pas à s'enrichir, bien sûr. Mais lorsqu'ils montent les prix, normalement, vous devez pouvoir chercher ailleurs si une entreprise propose la même chose à moins cher. Et en général, vous en trouverez, sauf:

 

     - s'il y a une raison objective, autre que la pure méchanceté généralisée, à la hausse des prix: parce que les taxes ont augmenté, parce qu'une matière première ou un intrant importé est devenu plus cher, parce que des catastrophes ont entravé la production, etc... et que les producteurs doivent récupérer leurs marges en vendant plus cher;

 

     - s'il y a des règlements qui rendent la production difficile, donc on augmente les prix pour combler le risque de perte ou faire la même marge en vendant moins;

 

     - s'il n'y a pas de concurrence. Que vous êtes coincé entre quelques offreurs, qui peuvent facilement s'entendre entre eux, ou face à un monopole. A la limite, si le monopoliste est une entreprise publique, l'Etat peut le subventionner pour baisser ses prix. Mais ça ne garantit pas que la production soit abondante et de qualité.

 

Si ces cas se produisent, et que l'Etat réagit en disant : "je bloque les prix!", que se passe-t-il?

 

     Et bien les producteurs ne peuvent plus récupérer leurs marges (sauf si on est dans le cas de l'absence de concurrence). Donc ils arrêtent de produire. Ou alors ils utilisent des astuces vieilles comme le monde. Et qui s'appellent:

 

     -le marché noir : concrètement, si l'on bloque les prix de "produits de base", attendez-vous à voir fleurir des arrières boutiques où vous serez mieux servi, en biens de plus grande qualité. Mais pas au prix officiel....

 

     -la fausse innovation: si le prix du lait est bloqué, et pas celui de la lessive, un magasin aura la brillante idée d'inventer la "lait-ssive", c'est-à-dire un lot contenant des bouteilles de lait attachées à une boîte de lessive. Et le prix du lait imposé sera respecté, mais celui de la lessive aura comme par hasard explosé. Et, comme par hasard encore, vous ne trouverez plus de lait dans le magasin, seulement de la "lait-ssive".

 

     Notons que même dans le cas où il y a peu ou pas de concurrence, juste quelques entreprises privées qui se partagent un marché, et où l’Etat imposerait des prix, réduisant les marges sans les annuler, les entreprises oligopolistes pourraient toujours s’entendre pour pratiquer les méthodes décrites ci-dessus…

 

     On aura bien sûr ceux qui diront "et bien on contrôlera tous ces abus!". Que c'est mignon. Ca n'a bien sur jamais été tenté, et les fraudes susmentionnées n'ont jamais percé les mailles du contrôle étatique, bien sûr... Et les mêmes viendront ensuite dénoncer l'Etat-policier...

 

     Et pour les logements ?

 

     Pareil. Les prix demandés par les artisans et le BTP augmenteront, mais pas les loyers. Les bailleurs potentiels, voyant leur marge se réduire, renonceront à construire des logements, ou à mettre en location ceux qu’ils possèdent. Et on dira qu’il manque des logements, et on dénoncera les logements vacants spéculatifs, et on dira que l’Etat ne construit pas assez de logements sociaux, etc…

 

     Pour le cas de l’essence, c’est un peu différent. Le prix de l’essence est constitué essentiellement de taxes. On peut le bloquer en modulant les taxes lorsque le prix du baril monte (ce qui s’appelle la « TIPP flottante »). Problème : ça saborde une grosse recette fiscale de l’Etat. Manque de bol, alors que les déficits, comme les prix, ont bien monté…Et on dira encore que c’est la faute au bouclier fiscal, aux exonérations d’impôt, etc…Et ce ne sera pas complètement faux.

  

     Il se peut que notre discours surprenne le lecteur, qu’il ait l’impression de lire un article libéral. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Déjà, précisons que bloquer les prix, ça n’est pas du tout du socialisme, puisqu’on ne touche pas à la propriété privée. Ce n’est que du capitalisme encadré par l’Etat, du bon vieux étato-capitalisme qui réussit si bien à la France. Précisons aussi qu'être pour l'abolition de la propriété privée des entreprises ne signifie nullement être contre les échanges marchands, les prix libres, et pour la planification: une économie marchande d'entreprises publiques et de coopératives en concurrence, c'est déjà du socialisme, n'en déplaise à certains.

 

     Il faudrait surtout que ceux qui supportent le blocage des prix se décident. Soit l'on accepte l'économie de marché, ou du moins l'économie non-planifiée, et l'on accepte que les entreprises se battent pour vendre plus qu'elles n'achètent. Soit alors on veut une économie où l'Etat peut dire à une entreprise combien elle doit vendre, et dans ce cas, puisque l'Etat a pris cette responsabilité, alors il doit également assumer celle que l'entreprise soit ou non en déficit. Et à terme, ça s'appelle une économie planifiée.

 

     Il ne sera pas question d’entamer ici une programmatique sur le logement, sujet fort complexe, mais juste de rappeler une chose : si l’on veut contrecarrer l’inflation, les meilleures solutions, ce sont :

-       Augmenter l’offre, par exemple avec un système économique qui permette davantage de création de richesse ;

 

-       Diminuer la demande, par exemple pour l’essence, en réduisant par exemple les transports inutiles ;

 

-       Mutualiser la consommation, par exemple pour la location de logements, afin que les locataires soient en position de force face aux bailleurs et constructeurs, et puissent négocier avec eux des prix de gros, les offreurs de logement gagnant l’assurance de loyers stables (un tel sujet nécessiterait cependant davantage de développements).

 

     En prônant le blocage des prix, les énarques qui dirigent le PS montrent soit leur incompétence crasse, soit qu’ils prennent l’électeur pour un idiot. Quoiqu’il en soit, dans certains cerveaux, soit au niveau des performances ou de l’honnêteté, les blocages sont là depuis longtemps.

 

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 01:18

http://img244.imageshack.us/img244/2553/tapieorduretf0.png  Ca date un peu mais nous ne pouvions pas ne pas en parler

  Début septembre, l'Etat français a été condamné à verser environ 400 millions d'euros concernant l'affaire Adidas, dont 220 millions atterriront directement dans les poches de Bernard Tapie.

  Prenons notre calculatrice et effectuons une petite opération : 220 millions d'euros correspondent à 12 222 ans de travail pour un salarié percevant 1 500 euros par mois (c'est à dire pas loin du salaire médian (1) en France).

  Selon Christine Lagarde, ministre de l'Economie, Bernard Tapie n'a pas bénéficié de traitement de faveur et la procédure s'est déroulée selon les règles. Nous ne doutons pas de ce que dit cette chère madame, mais elle aurait du préciser selon les règles en vigueur en système capitaliste, qu'elle considère sans doute de droit divin mais qui n'obéissent à aucun idéal de justice et d'équité.

  Pendant ce temps là, François Bayrou est également intervenu avec sa profondeur d'analyse habituelle pour déclarer avec force conviction qu'il ne comprenait pas pourquoi Bernard Tapie allait percevoir 220 millions d'euros au lieu des 50 millions sur lesquels avait tablé Christine Lagarde deux ans auparavant, laissant sous-entendre qu'il n'aurait rien trouvé à redire si Bernard Tapie avait récolté 50 millions d'euros, c'est à dire tout de même l'équivalent de 2 777 ans de salaires à 1 500 euros par mois. Il faudrait songer à expliquer à Monsieur Bayrou que prendre un air professoral et froncer les sourcils n'est pas suffisant pour avoir un projet pour la France.

  50 millions ou 220 millions d'euros, tout compte fait ça ne change pas grand chose. Car dans tous les cas de figure, nous nous retrouvons avec une somme colossale et irrationnelle concentrée entre les mains d'une seule personne.

  Certes, c'est d'autant plus choquant quand on sait que c'est Bernard Tapie qui est bénéficiaire, c'est à dire un individu qui possède quelques-uns des instincts les plus vils de la nature humaine (sacralisation de l'argent, arrivisme, arrogance, narcissisme, bling-bling,.....) et qui a mis tant de salariés sur le carreau pour alimenter sa fortune personnelle, le tout s'il vous plait en se disant de gauche (circonstance aggravante). Cependant,même un génie bienfaiteur de l'humanité (en gros l'inverse d'un Bernard Tapie) n'aurait pas besoin de telles indemnités (2).

  C'est pour cela que Socialisme&Souveraineté promeut un nouveau système qui permette à la société de contrôler les inégalités sociales, et semble être la seule organisation politique, toute tendances confondues, à être porteuse d'un projet suffisamment costaud et bien ficelé pour atteindre cet objectif essentiel, au nom d'une véritable justice et équité.

Julien B.

 

(1) ne pas confondre les notions de salaire médian et salaire moyen, et plus généralement de médiane et de moyenne.

 

(2) en parlant de génie, on peut se remémorer l'attitude d'un jeune mathématicien russe qui a refusé une récompense d'un million de dollars (et la comparer avec celle de Bernard Tapie.....)

 

http://www.socialisme-et-souverainete.fr/article-grigori-perelman-l-homme-nouveau-47352104.html

 

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 19:09

http://referentiel.nouvelobs.com/file/775065.jpg     Bien que se situant sur une ligne économique sensiblement différente de la notre, Socialisme&Souveraineté salue la mémoire de Maurice Allais, décédé au bel âge de 99 ans.

 

     En tant qu'économiste, ce libéral honnête se refusa toute sa vie durant à favoriser les "revenus non gagnés", c'est à dire les revenus du capital (issus du vol légal, de la glande, et surtout perçus par les foyers les plus riches), plutôt que les "revenus gagnés de manière active", c'est à dire les revenus du travail, pénalisés selon lui par le système fiscal actuel.

 

     C'est pourquoi il proposa une grande réforme du système fiscal, consistant à remplacer un certain nombre d'impôts (dont l'impôt sur le revenu) par un impôt sur le capital qui, sans être unique, aurait été cependant dominant.

 

     Sans constituer une solution véritable au problème des inégalités économiques abyssales créées par le système capitaliste, une telle réforme aurait au moins eu le mérite de rendre le système fiscal français beaucoup moins complexe et un peu plus juste.

 

     Seul citoyen français a avoir obtenu le Prix Nobel d'Economie, Maurice Allais n'aura pourtant plus le droit de s'exprimer dans les grands médias sur les questions économiques pendant ses dernières années. Son tort ? Ne pas partager les conceptions économiques des élites politiques et médiatiques du moment.

 

     C'est pour protester contre ce verrouillage des grands médias et la mort organisée du pluralisme d'idées qu'il écrivit une tribune dans l'hebdomadaire Marianne il y a 10 mois. C'est en forme d'ultime hommage à ce grand économiste, qui a eu le mérite de rester toujours fidèle à ses convictions profondes, que nous avons décidé de vous retranscrire cette tribune.

 

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POINT DE VUE de Maurice ALLAIS - Marianne 9 décembre 2009 ==

 

     Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément.

 

Le fondement de la crise : l’organisation du commerce mondial

 

     La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du « protectionnisme » , dénonciation absurde à chaque fois qu’elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d’être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j’ai par le passé nommé « des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années » (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l’actuelle crise : l’organisation du commerce mondial, qu’il faut réformer profondément, et prioritairement à l’autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire.

 

Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l’économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d’autres sont entièrement justifiés.

 
     Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général.

     Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c’est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l’Europe. Il suffit au lecteur de s’interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres - si ce n’est des écarts plus importants encore - pour constater que la concurrence n’est pas viable dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix de main-d’œuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants.

 

        Mon analyse étant que le chômage actuel est dû à cette libéralisation totale du commerce, la voie prise par le G20 m’apparaît par conséquent nuisible. Elle va se révéler un facteur d’aggravation de la situation sociale. À ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d’un contresens incroyable. Tout comme le fait d’attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l’ont précédée. Au contraire, les mesures protectionnistes qui ont été prises, mais après l’arrivée de la crise, ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler.

 

     Comme je l’ai précédemment indiqué, nous faisons face à une ignorance criminelle. Que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ait déclaré : « Aujourd’hui, les leaders du G20 ont clairement indiqué ce qu’ils attendent du cycle de Doha : une conclusion en 2010 » et qu’il ait demandé une accélération de ce processus de libéralisation m’apparaît une méprise monumentale, je la qualifierais même de monstrueuse. Les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu’un moyen. Cet homme, qui était en poste à Bruxelles auparavant, commissaire européen au Commerce, ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage !

 

     Plus concrètement, les règles à dégager sont d’une simplicité folle : du chômage résulte des délocalisations, elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires... À partir de ce constat, ce qu’il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. Depuis plus de dix ans, j’ai proposé de recréer des ensembles régionaux plus homogènes, unissant plusieurs pays lorsque ceux-ci présentent de mêmes conditions de revenus, et de mêmes conditions sociales. Chacune de ces « organisations régionales » serait autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de coûts de production assurant des avantages indus a certains pays concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa zone, les conditions d’une saine et réelle concurrence entre ses membres associés.

 

Un protectionnisme raisonné et raisonnable

 

 

     Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s’unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas. Cela pourrait concerner par exemple plusieurs pays de l’est de l’Union européenne, qui ont été intégrés sans réflexion ni délais préalables suffisants, mais aussi ceux d’Afrique ou d’Amérique latine.

 

     L’absence d’une telle protection apportera la destruction de toute l’activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c’est-à-dire de toutes les industries de l’Europe de l’Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu’avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l’industrie française finira par partir à l’extérieur. Il m’apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu’elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. 

     Si aucune limite n’est posée, ce qui va arriver peut d’ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services.

 

     De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot « bulle ». Qu’il y ait des mouvements qui se généralisent, j’en suis d’accord, mais ce terme de « bulle » me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans. L’essentiel du chômage que nous subissons -tout au moins du chômage tel qu’il s’est présenté jusqu’en 2008 - résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l’échelle mondiale sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu’une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l’est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal Lamy constitue bien une position sur le fond.

 

Crise et mondialisation sont liées

 

     Les grands dirigeants mondiaux préfèrent, quant à eux, tout ramener à la monnaie, or elle ne représente qu’une partie des causes du problème. Crise et mondialisation : les deux sont liées. Régler seulement le problème monétaire ne suffirait pas, ne réglerait pas le point essentiel qu’est la libéralisation nocive des échanges internationaux, Le gouvernement attribue les conséquences sociales des délocalisations à des causes monétaires, c’est une erreur folle.

 

     Pour ma part, j’ai combattu les délocalisations dans mes dernières publications (2). On connaît donc un peu mon message. Alors que les fondateurs du marché commun européen à six avaient prévu des délais de plusieurs années avant de libéraliser les échanges avec les nouveaux membres accueillis en 1986, nous avons ensuite, ouvert l’Europe sans aucune précaution et sans laisser de protection extérieure face à la concurrence de pays dotés de coûts salariaux si faibles que s’en défendre devenait illusoire. Certains de nos dirigeants, après cela, viennent s’étonner des conséquences !

 

     Si le lecteur voulait bien reprendre mes analyses du chômage, telles que je les ai publiées dans les deux dernières décennies, il constaterait que les événements que nous vivons y ont été non seulement annoncés mais décrits en détail. Pourtant, ils n’ont bénéficié que d’un écho de plus en plus limité dans la grande presse. Ce silence conduit à s’interroger.

 

Un prix Nobel... téléspectateur

 

     Les commentateurs économiques que je vois s’exprimer régulièrement à la télévision pour analyser les causes de l’actuelle crise sont fréquemment les mêmes qui y venaient auparavant pour analyser la bonne conjoncture avec une parfaite sérénité. Ils n’avaient pas annoncé l’arrivée de la crise, et ils ne proposent pour la plupart d’entre eux rien de sérieux pour en sortir. Mais on les invite encore. Pour ma part, je n’étais pas convié sur les plateaux de télévision quand j’annonçais, et j’écrivais, il y a plus de dix ans, qu’une crise majeure accompagnée d’un chômage incontrôlé allait bientôt se produire, je fais partie de ceux qui n’ont pas été admis à expliquer aux Français ce que sont les origines réelles de la crise alors qu’ils ont été dépossédés de tout pouvoir réel sur leur propre monnaie, au profit des banquiers. Par le passé, j’ai fait transmettre à certaines émissions économiques auxquelles j’assistais en téléspectateur le message que j’étais disposé à venir parler de ce que sont progressivement devenues les banques actuelles, le rôle véritablement dangereux des traders, et pourquoi certaines vérités ne sont pas dites à leur sujet. Aucune réponse, même négative, n’est venue d’aucune chaîne de télévision et ce durant des années.

 

     Cette attitude répétée soulève un problème concernant les grands médias en France : certains experts y sont autorisés et d’autres, interdits. Bien que je sois un expert internationalement reconnu sur les crises économiques, notamment celles de 1929 ou de 1987, ma situation présente peut donc se résumer de la manière suivante : je suis un téléspectateur. Un prix Nobel... téléspectateur, Je me retrouve face à ce qu’affirment les spécialistes régulièrement invités, quant à eux, sur les plateaux de télévision, tels que certains universitaires ou des analystes financiers qui garantissent bien comprendre ce qui se passe et savoir ce qu’il faut faire. Alors qu’en réalité ils ne comprennent rien. Leur situation rejoint celle que j’avais constatée lorsque je m’étais rendu en 1933 aux États-Unis, avec l’objectif d’étudier la crise qui y sévissait, son chômage et ses sans-abri : il y régnait une incompréhension intellectuelle totale. Aujourd’hui également, ces experts se trompent dans leurs explications. Certains se trompent doublement en ignorant leur ignorance, mais d’autres, qui la connaissent et pourtant la dissimulent, trompent ainsi les Français.

 

     Cette ignorance et surtout la volonté de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent.. Des intérêts qui souhaitent que l’ordre économique actuel, qui fonctionne à leur avantage, perdure tel qu’il est. Parmi eux se trouvent en particulier les multinationales qui sont les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d’un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu’il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale.

 

     Question clé : quelle est la liberté véritable des grands médias ? Je parle de leur liberté par rapport au monde de la finance tout autant qu’aux sphères de la politique.

 

     Deuxième question : qui détient de la sorte le pouvoir de décider qu’un expert est ou non autorisé à exprimer un libre commentaire dans la presse ?

 

     Dernière question : pourquoi les causes de la crise telles qu’elles sont présentées aux Français par ces personnalités invitées sont-elles souvent le signe d’une profonde incompréhension de la réalité économique ? S’agit-il seulement de leur part d’ignorance ? C’est possible pour un certain nombre d’entre eux, mais pas pour tous. Ceux qui détiennent ce pouvoir de décision nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs.

 

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(1) L’Europe en crise. Que faire ?, éditions Clément Juglar. Paris, 2005.

(2) Notamment La crise mondiale aujourd’hui, éditions Clément Juglar, 1999, et la Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance : l’évidence empirique, éditions Clément Juglar, 1999.

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 01:37

          Les militants de Socialisme et Souveraineté tiennent à faire part de leur soutien à la mobilisation intersyndicale du 23 Septembre qui a pour but de protester contre la réforme des retraites ainsi que ses modalités pour exiger son retrait pur et simple.  En effet, même si nous constatons que de nombreuses erreurs d’analyse sont entretenues par les partis de gauche et de droite (1) à propos des retraites, nous pensons qu’il est nécessaire d’exprimer un mécontentement « unitaire »  car cette lutte sociale est trop importante pour que des différences idéologiques ruinent l’éventuel succès de cette mobilisation.

 

          C’est pourquoi les militants de Socialisme et Souveraineté, dans la mesure de leurs moyens et disponibilités se joindront aux différentes manifestations pour porter les revendications d’une République Sociale et Juste. Nous en appelons à en faire de même pour tous les sympathisants qui partagent les valeurs de notre parti.

 

(1)    Pour comprendre ces erreurs, nous vous invitons fortement à lire la série d’épisode sur les retraites qu’a écrite un militant PCF qui nous a donné son accord pour que nous mettions en lien ses positions sur notre site :  http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-sur-les-retraites-rediffusion-i-rappels-sur-le-systeme-actuel-de-retraite-49804172.html

 

          Cette série est très intéressante car elle permet  de comprendre le système des retraites, d’analyser et de démonter la plupart des arguments stériles prônés par la droite ou la gauche. Des propositions pour une réforme alternative des retraites sont également proposées, propositions auxquelles nous souscrivons globalement. Il s'agit globalement d'augmenter la dépense nationale pour les retraites, en réquisitionnant des revenus du capital et en augmentant les prélèvements obligatoires. Mais tout en compensant ce surcoût, dans un pays où les dépenses publiques sont déjà très élevées, par des réductions de charges dans d'autres domaines de l'action publique, et par des mesures pouvant réduire la hausse à venir des dépenses de retraites, par exemple en stimulant la natalité.

 

Socialisme & Souveraineté

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 14:57

          Depuis plusieurs semaines maintenant, l'affaire Liliane Bettencourt, du nom de la femme la plus riche de France qui a une fortune estimée à des dizaines de milliards d'euros (héritage) et qui réussit l'exploit de gagner au moins 35 millions d'euros par mois sans bouger le petit doigt (le travail et le mérite, comme dirait l'autre), occupe largement les médias avec ses rebondissements quasi-quotidiens, avec l'implication de l'ancien ministre du Budget et actuel ministre du Travail Eric Woerth, mais surtout de sa femme Florence qui travaillait pour la milliardaire et qui a depuis lors démisionné (mais pour se consoler, elle a été récemment nommée au conseil d'administration de LVMH-Hermès pour un petit salaire de 400 000 euros par an, ça va être dur de survivre avec si peu).


          Même sans suivre de près cette affaire, nous pouvons dire qu'elle n'est pas sans intérêt pour au moins deux raisons.


          La première, c'est qu'elle manifeste un certain glissement de l'idéologie dominante du "libéralisme" vers le "keynesianisme".


          En effet, globalement, et même si les "libéraux" résistent bien, nous avons pu constater que dans les médias les exils fiscaux de Madame Bettencourt (qui n'a aucun lien avec la vacancière de la jungle colombienne Ingrid) ont plutot été condamnés et que le ton général consistait à réclamer qu'elle relocalise ses avoirs pour qu'ils soient imposés en France.


          Ce qui peut sembler évident ne l'est pas en réalité. Je me souviens par exemple que lors de l'exil fiscal de Johnny Halliday, qui n'est pas si vieux car ça date de 2007, les médias dominants avaient plutot tendance à donner raison au chanteur et à fustiger le système fiscal français, accusé de ruiner les malheureux riches qui font pourtant tant pour nous, qui sont une locomotive, une élite sans laquelle nous somberions tous dans la misère et donc qu'on ne remerciera jamais assez (on en pleurerait presque).


          Il est permis de voir dans ce léger glissement des médias un souhait de ne pas trop s'éloigner de l'opinion publique, qui a (très) légèrement évoluée depuis la crise. Car le risque serait alors grand de voir germer dans les esprits l'idée de la possibilité d'une alternative au capitalisme, qui serait autrement plus dangereuse pour les propriétaires du capital que l'habituelle rustine sociale des keynésiens, dans l'objectif (et ils ne l'ont du reste jamais caché) de sauver le capitalisme.


          La deuxième, qui rejoint un peu la première, est qu'elle est une nouvelle manifestation de l'art de poser les mauvaises questions.


          Car au-dela de savoir si le bon Eric Woerth est impliqué, au-dela de savoir s'il est bien ou mal que la dame Bettencourt (bien conservée pour son âge, la glande c'est la santé) cache ses avoirs à l'étranger, la question essentielle à se poser, surtout lorsque l'on vante à longueur de journée le travail et le mérite comme sieur Sarko, n'est-elle pas :


          Comment se fait-il qu'une personne qui n'a jamais travaillé de sa vie dispose de la plus grande fortune de France et continue de percevoir au moins 35 millions d'euros par mois ?


          La question n'est évidemment guère posée, car on en viendrait alors rapidement à la conclusion que c'est l'irrationnalité du système capitaliste qui permet d'en arriver à de telles aberrations, et on finirait par comprendre que le travail, le mérite, la justice, l'efficacité, la rationnalité,.... ne pourront être atteints qu'en changeant de système et en rejoignant les rangs de Socialisme&Souveraineté.

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 11:14

http://alternativeaucapitalisme.files.wordpress.com/2010/02/premiere-page.jpgComme vous le savez, à Socialisme&Souveraineté, en véritables "révolutionnaires" (révolution par les urnes, car nous sommes démocrates), nous n'aimons pas les vieilleries. C'est pourquoi nous recherchons une alternative véritablement NOUVELLE au capitalisme, et que des voies jamais explorées sont présentées dans la rubrique "Sortir du capitalisme".


Dans cette logique de recherche d'une nouvelle alternative au modèle économique en place, nous souhaitons vous faire part de l'existence d'un livre, "Alternative au capitalisme", écrit par Louis Mazuy, élu PCF à Maubeuge et syndicaliste CGT.


Nous pensons que ce livre, que nous n'avons pas encore lu (mais ça ne saurait tarder), peut contribuer - à l'instar d'autres initiatives - à faire émerger un socialisme du XXIème siècle nouveau, original et efficace.


Pour vous faire une meilleure idée, vous pouvez visiter les liens suivants :


-le blog de l'auteur : http://alternativeaucapitalisme.wordpress.com/


-la page facebook du livre : http://www.facebook.com/group.php?gid=347791897218&ref=ts


 

Vous pouvez surtout lire l'introduction du livre à l'adresse suivante



http://www.facebook.com/group.php?gid=347791897218&v=photos&ref=ts



(NB : les pages ne sont pas nécessairement dans l'ordre mais il n'y en a que 9 à classer, vous pouvez le voir comme une sorte de jeu et c'est bien moins compliqué qu'un puzzle)


 

Nous avons grand besoin de neuf, car nous entendons souvent pérorer sur le socialisme du XXIème siècle mais en fait c'est à l'éternel retour du socialisme du XXème siècle que nous assistons, avec Mélenchon (en gros son programme c'est du Mitterrand version 1981, donc un échec couru d'avance) ou Besancenot (idéaliste dans la lignée des Che Guevara, Mao The Dingue ou Trotski), voir du XIXème siècle avec le POI, sans même parler de ceux qui veulent refaire un CNR.


Rien ne m'amuse davantage que de voir des prétendus "révolutionnaires" ressasser toujours les mêmes vieilleries bonnes pour les musées, qui ont deja été appliquées et qui ont échoué dans leur objectif de dépassement du capitalisme. En fait, il n'y a pas plus passéistes, nostalgiques et au final réactionnaires et rétrogrades que ce genre de "révolutionnaires" qui sont au mieux des idiots utiles.


Socialisme&Souveraineté note donc avec satisfaction que des personnes intelligentes réfléchissent sérieusement à des pistes nouvelles pour un "socialisme du XXIème siècle", à l'instar de ce livre dont nous parlons ou des programmes présentés dans la rubrique "Sortir du capitalisme".

Pour le moment, les nouvelles alternatives, les nouvelles pistes ne rencontrent encore que très peu d'échos, surtout en comparaison des vieilleries bonnes pour les musées que nous avons évoquées ou a fortiori par rapport aux discours qui visent à réformer le capitalisme (ça c'est le dada de tous les bien-pensants, tout le monde le dit même Mister Sarkozy), mais c'est un peu normal : les nouvelles idées mettent toujours du temps à percer, surtout à notre époque actuelle très inculte et dépolitisée où le spectacle (petites phrases, invectives, look, tenue vestimentaire,......) a largement pris la mesure des idées, et où le verrouillage des mass-médias permet une censure bien plus efficace et moins voyante que celle qui avait cours dans les époques passées.

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 13:14

http://2.bp.blogspot.com/_Wr6e7LNSBw4/SQTTzW6i_OI/AAAAAAAAGE0/JsndVOBus1s/s320/Sarko+Lenine.jpgLe national-bolchevik Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il mettrait à contribution les hauts revenus et les revenus du capital pour financer les retraites : "cette réforme renforcera l'équité du système par un effort financier supplémentaire des hauts revenus et des revenus du capital", a t-il indiqué.


Ne doutons pas que les riches vont être effrayés à l'idée de cette contribution, surtout lorsque nous savons que les revenus des 0,1 % les plus riches (c'est à dire une personne sur 1 000, soit environ 60 000 personnes à l'échelle française) qui étaient deja très riches auparavant ont augmenté de près de 50% sur les 10 dernières années, alors que le revenu des 90% "les plus pauvres" (la masse quoi, vous et nous) n'augmentaient même pas de 5% sur la même période.


Cette évolution est notamment due à l'explosion des revenus de la propriété (actions, loyers,....), donc du vol (en tout cas résultant nullement du travail et du mérite), qui sont ultra-majoritairement perçus par les ménages les plus aisés, et pas tant à l'augmentation des hauts revenus du travail (même s'il existe quelques cas particuliers, genre PDG du CAC40 ou footbaleur en Ligue 1) comme pourraient le laisser penser les propos de gaucho-poujadistes qu'on a coutume d'entendre (et qui se font une spécialité de ne rien comprendre au fond des problèmes).


Nous compatissons avec les riches voleurs et parasites et espérons qu'ils pourront faire face courageusement à cette insupportable charge supplémentaire qui leur sera imposée par le national-bolchevik Nicolas Sarkozy pour contribuer au financement des retraites de la populasse (qui à défaut d'être élégante pourrait au moins avoir le bon goût de crever à 60 ans, c'est à dire un fois qu'elle n'est plus productive et ne sert plus à rien ! ).

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 08:42

http://photo.lejdd.fr/media/images/politique/olvier-besancenot-jean-luc-melenchon/935887-1-fre-FR/Olvier-Besancenot-Jean-Luc-Melenchon_pics_390.jpgNous aimerions être sociaux-démocrates, ça serait beaucoup plus confortable au quotidien et ça permettrait à notre organisation d'attirer bien plus de monde (car le simplisme ça plait, surtout en ces temps de destruction de l'intelligence et du sens). Mais dans la mesure où il est impossible et irraisonnable de défendre une idéologie à laquelle nous ne croyons pas, nous ne pouvons l'être. Et nous allons expliquer pourquoi de la manière la plus simple et la plus rapide possible (n'en déplaise aux plumitifs et philosophards qui aiment faire des phrases de 10 lignes avec des figures de style pour se sentir exister et pour mieux cacher le grand vide de leurs propositions concrètes).


Toutes les mesures économiques proposées par les sociaux-démocrates, que ce soit la social-démocratie traditionnelle (Parti Socialiste) ou son aile gauche (Mélanchon, Besancenot) - les gauchistes n'étant jamais rien d'autre que l'aile gauche de la social-démocratie - sont en apparence très alléchantes et on ne peut a priori qu'y être favorable. Citons pêle-mêle : la retraite après 37,5 ans de cotisation pour tous (1), 32 heures de travail par semaine, augmentations de salaires pour tous, taxes sur les revenus du capital, revenu universel dès la naissance, revenu maximal (pour éviter les rémunérations trop élevées),......


Tout ceci est donc bien alléchant mais quiconque - même sans être économiste - à un peu de culture économique (c'est à dire pas les Rantanplans de la sience économique) sait que l'économie d'un pays est quelque chose de complexe et que tout changement à des répercussions en cascade sur le reste.


C'est bien là le problème des politiques économiques social-démocrates et qui explique leur échec quand elles sont mal ficelées (2) : elles permettent certes parfois d'atteindre leur but de réduction des inégalités, d'égaliser les parts du gateau, mais elles conduisent aussi souvent à réduire la taille du gâteau (c'est à dire à réduire la création de richesses, un peu comme le protectionnisme d'ailleurs) ce qui fait qu'au final, chacun se retrouve avec une part de gâteau moins grosse (ce qui est problématique, surtout si ledit gateau est un délicieux gâteau au chocolat) dans la mesure où le gouvernement d'après (ou même parfois le même gouvernement) se voit obligé de faire machine arrière pour éviter la faillite.


Il y a un exemple fameux de volte-face d'un même gouvernement pour éviter la faillite vers laquelle menait sa politique grossièrement social-démocrate : celui du gouvernement socialiste de Pierre Mauroy en 1981, mis en place suite à l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand.


A son arrivée à Matignon, Pierre Mauroy a tenu les promesses électorales de son mentor (comme quoi il serait faux de dire que les hommes politiques ne tiennent jamais leurs promesses, contrairement à ce que prétendent les populo-débilo-poujadistes), c'est à dire qu'il a voulu appliquer le programme sur lequel François Mitterand fut élu.


Il a donc notamment décidé de :


1) augmenter le nombre de fonctionnaires


2) revaloriser les salaires et les prestations sociales


Evidemment, tout le monde était content. Sauf que problème : cette politique nous menait droit au désastre.


En effet, suite à l'adoption de ces mesures, l'économie française est entrée gravement en crise : le besoin de financement des administrations publiques a explosé, l'inflation (augmentation des prix, qui a pour conséquence d'annuler mécaniquement la hausse des salaires) a atteint des niveaux préoccupants, le solde commercial s'est dégradé et plus grave encore, le chômage a largement augmenté.


Après cet échec, Pierre Mauroy a décidé de faire rapidement marche arrière pour éviter que la crise ne s'aggrave (et non parce que c'était un traitre, comme le proclament à l'envie les Rantanplans de la "science" économique) : il a mis en oeuvre un plan d'austérité qui s'appuyait intégralement sur les théories classiques (c'est à dire libérales, ou ultra-libérales comme il est coutume de dire, voir ultra-ultra-libéral) avec un contrôle de la masse monétaire et des salaires pour diminuer l'inflation.


C'est depuis cette époque que le Parti Socialiste est devenu plus "raisonnable" : il a compris que les politiques social-démocrates trop mal ficelées, s'appuyant sur des promesses démagogiques engendraient de l'inefficacité économique.


A l'inverse, ceux qu'on qualifiera d'aile gauche de la social-démocratie - les Mélanchon, les Besancenot et compagnie - ne l'ont pas encore compris. S'ils arrivaient au pouvoir, ils mèneraient ainsi la même politique grossièrement social-démocrate que Pierre Mauroy en 1981, qui aboutirait aux mêmes résultats décevants. Cependant, nous pouvons douter qu'ils auront l'intelligence et l'honnêteté de reconnaitre leur erreur et de faire marche arrière à temps comme Pierre Mauroy.


Voila pourquoi nous ne croyons absolument pas aux programmes de l'aile gauche de la social-démocratie, et nous pronons plutôt la mise en place d'un nouveau système économique qui permettrait - du moins en théorie -  l'augmentation de la création de richesses (car avant de répartir la richesse, il faut la créer), c'est à dire l'augmentation de la taille du gâteau (au chocolat), tout en égalisant largement ses parts, c'est à dire tout en réduisant les inégalités économiques (pour plus de précision, voir la rubrique "Sortir du capitalisme").


Peut-être que ce nouveau système ne marchera pas et si tel est le cas, nous aurons l'intelligence de faire marche arrière à temps comme l'a fait Pierre Mauroy à son époque. Mais à la différence de la politique économique défendue par l'aile gauche de la social-démocratie (Mélanchon, Besancenot), dont nous sommes certains qu'elle ne marcherait pas car elle consiste à faire la même chose que le gouvernement Mauroy en plus grossier encore, il existe une possibilité que nos propositions soient efficaces car elles n'ont jamais été testées nul part.


Le socialisme du XXIème siècle, s'il veut avoir une chance de triompher du capitalisme, ne devra ni être un socialisme planifié étouffeur de l'esprit d'initiative et de la liberté d'entreprendre (genre URSS), ni être un catalogue de propositions grossièrement social-démocrates (genre Mélanchon, Besancenot), mais un ensemble cohérent menant à une politique économique novatrice.



(1) au risque de passer pour un vendu, un social-traitre ou un collabo, il y a bien un problème des retraites.


La démographie est sans doute une science bourgeoise mais quand on sait qu'il y avait en 1990 quatre retraités pour dix actifs et qu'il y en aura huit ou neuf en 2040 (c'est à dire un doublement de la charge !), il n'est pas difficile de comprendre que le problème des retraites est une réalité démographique.


Ceci ne veut pas dire qu'il faut nécessairement augmenter la durée de cotisation, je ne me sens pas suffisamment qualifié pour proposer une solution toute prête et il est probable qu'un gouvernement de Socialisme&Souveraineté aurait une plus grande marge de manoeuvre pour résoudre le problème des retraites car l'argent qui servait auparavant à rémunérer le capital et la propriété (sous le capitalisme) appartiendra à la collectivité (sous notre nouveau système).


Cependant, si je devais faire quelques propositons bien simplistes dans un cadre capitaliste (car vous vous doutez que ce n'est pas demain la veille qu'on sera au pouvoir), je dirai qu'on pourrait commencer par :


-favoriser la natalité, il y a des tas de mesures possibles pour cela


-adapter la durée de cotisations à la durée de retraites selon la catégorie socio-professionnelle et le sexe. En classant les individus selon leur catégorie socio-professionnelle et leur sexe (les femmes vivant en moyenne un peu plus longtemps que les hommes, en grande partie pour des raisons naturelles ou génétiques), il est possible de connaitre le temps moyen de paiement des retraites dont bénéficie chaque catégorie et de moduler la durée de cotisations en conséquence.


Prenons un exemple avec des chiffres complètement fantaisistes pour bien comprendre : si les statistiques de l'INSEE nous disent qu'en moyenne, une femme cadre vit pendant 30 ans à la retraite et un homme ouvrier pendant seulement 20 ans, et que la durée moyenne de cotisations est fixée à 40 ans (c'est à dire la situation actuelle, peut-être bientôt 41), il faudrait moduler cette durée de cotisation dans un souci d'équité afin que la durée de retraite soit proportionnelle à la durée de cotisation.


Dans cet exemple et après calcul, l'homme ouvrier n'aura besoin que de cotiser pendant 36 ans (au lieu de 40) pour bénéficier de 24 ans de retraite (au lieu de 20 aujourd'hui) et la femme cadre aura besoin de cotiser pendant 42 ans (au lieu de 40) pour bénéficier de 28 ans de retraite (au lieu de 30 aujourd'hui)


Démonstration du calcul :


24/36 = 0,666666 avec 24 ans la durée de retraite moyenne d'un homme ouvrier et 36 ans la durée de cotisation moyenne d'un homme ouvrier


28/42 = 0,6666666 avec 28 ans la durée de retraite moyenne de la femme cadre et 42 ans la durée de cotisation moyenne de la femme cadre


On en arrive donc à une situation d'équité entre les deux catégories avec un rapport durée de retraite/durée de cotisation équivalent. Personne n'est ainsi lésé.


Enfin de toute façon au point où on en est, personne n'aura de retraite.



(2) ceci dit les politiques social-démocrates ne sont pas nécessairement grossières, démagogiques et mal ficelées (Mauroy, Mélanchon, Besancenot), elles peuvent aussi être réfléchies.


Par exemple, les pays scandinaves appliquent des politiques social-démocrates depuis des décennies, et sont à la fois plus riches et moins inégalitaires que la France. Cependant, les inégalités économiques - outre quelles ont toujours été à un niveau excessif et trop important à mon goût (bien que moindre qu'en France, ceci dit c'est pas dur) - ont tendance à augmenter là-bas aussi, et elles n'ont jamais reposé que sur le seul travail (c'est à dire sur le mérite).


C'est pourquoi nous ne pensons pas à copier les modèles sociaux-démocrates scandinaves et nous préférons proposer un nouveau système économique.




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