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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 13:17

Retrouvez-nous sur le site de l'ARSIN : http://www.arsin.fr

 

Après celle sur La Banque, cette séquence sera sans doute la plus polémique de toutes, vu que l'on va sans doute nous ressortir le "chantage à l'antisémitisme", ou les "citations hors-contexte". Pourtant, les citations douteuses, le plus souvent sans intérêt dans les thèses du livre et au détour des phrases, concernant une certaine minorité religieuse, pullulent dans le dernier opus de Soral, et le contexte n'y change rien. Florilège.

  

 

 Juifs et francs-maçons

 

                Les hasards, en effets, Soral n’en voit pas beaucoup. A propos des francs-maçons, réputés refuser la transparence et l’égalité :

 

                « Et ce n’est peut-être pas un hasard si le symbole de ces farouches bâtisseurs de démocratie laïque et républicaine n’est pas, comme on serait en droit de s’y attendre, le panthéon des Grecs, mais plus étrangement, le temple de Salomon… » (page 34)

 

                Francs-maçons censés avoir régné sur la démocratie française…

 

                « Et c’est sans doute parce que, désormais, les décisions qui concernent notre Nation se décident au niveau mondial dans ces nouvelles maçonneries pour l’hyperclasse que sont les think tanks  style Bilderberg, CFR et Trilatérale, que la plupart de nos grands médias responsables – et plus seulement le Crapouillot – sortent de plus en plus souvent des dossiers sur le scandale que constitue effectivement le pouvoir occulte de la franc-maçonnerie régnant en douce sur la démocratie française. 

 

Courageux médias osant enfin s’attaquer au pouvoir maintenant qu’il est ailleurs.» (page 35)

 

                Mais, au milieu du livre, Soral ne se rappelle plus qu’il a parlé du pouvoir de la franc-maçonnerie  française comme dépassé, et nous la représente comme le pouvoir réel au présent :

 

« Qu’on parle du Grand Orient (50000 frères environ), omniprésent dans la politique, ou de la GLNF (43000 frères annoncés) omniprésente dans les affaires – soit la réalité du partage du pouvoir gauche/droite : la gestion du social pour les uns, celle du capital pour les autres – ou qu’on parle du moderne « Le Siècle » qui, avec 630 membres dont 150 invités, a la haute main sur la marche du pays, tous ces réseaux incarnent le mensonge démocratique par excellence. » (page 107)

               

               Donc il faudrait savoir : le pouvoir franc-maçon en France est-il obsolète ou pas ? Bon, on n’est plus à une incohérence près, d’autant que les frères ne sont qu’un amuse-gueule. Comme en témoigne le Temple de Salomon, la vraie cible est plus polémique. Ils sont partout. Soral les voit à la tête de La Banque. Cette Banque, parfois protestante (parfois catholique, notamment pour les banquiers médiévaux d’Italie ou des Flandres, mais détail que tout cela), mais surtout israélite, et de cela découlerait sa violence sociale :

 

« Une violence assumée et encore accrue par l’idéologie de ses dirigeants et cadres, majoritairement formés à l’inégalitarisme méprisant de l’Ancien Testament… » (page 48)

 

               Ah, si seulement l’Amérique était seulement celle des cow-boys, braves pionniers et petits propriétaires chrétiens plutôt que cette Amérique des élites, dont les références seraient différentes :

 

« Soit l’Amérique du messianisme conquérant anglo-saxon puritain, appuyé cette fois sur le message sanguinaire et méprisant de l’Ancien Testament et du Deutéronome, afin d’étendre cette domination à la totalité du monde par la puissance de la Banque et l’idéologie du libre-échange. » (page 62)

 

               Heureusement, de bons chrétiens ont résisté.

 

 « Une lutte pour la domination capitaliste qui atteindra son apogée au lendemain de la Première Guerre mondiale opposant, selon Henry Ford, le plus grand entrepreneur industriel américain de l’époque, l’éthique protestante du capitalisme d’entreprise anglo-saxon, décrit par max Weber, au capitalisme de pure spéculation, abstrait et cosmopolite, décrit par Karl Marx.

Ce combat frontal, typique du climat de l’Entre-Deux-Guerres, s’exprimera notamment à travers la publication d’un livre constitué d’articles parus entre 1920 et 1922 dans le journal d’Henry Ford, The Dearborn Independent, au titre évocateur : Le Juif international. »

 

             Ah Ford, le vrai capitaliste industriel, créateur de richesse, luttant contre le capitalisme financier apatride spéculateur… On est à mille lieues du marxisme ici, marxisme pour qui toute opération capitaliste est spéculative. Nonobstant des débordements antisémites reprochés ci et là à Marx et à Proudhon, ni l’anarchisme ni le marxisme ne se focalisent sur des questions ethniques. Il n’y a pas pour Marx de « bon capitaliste » qu’il soit dans l’industrie ou ailleurs. L’opposition entre un capitaliste industriel et national et une finance apatride est nettement plus proche du « socialisme » d’un …Hitler.

 

            Mais comme les gens de l’ethnie visée sont vraiment partout (et même dans la Collaboration !), on les retrouve dans l’entreprise communiste. Communisme qui au passage, aurait pu marcher avec le christianisme (puisque selon Soral le christianisme était devenu, après 1789, une idéologie d’opposition…).

 

« Une parenté évidente du communisme et du message du Christ – souvent mal identifiée par les spiritualistes à cause de leur mauvaise compréhension de ce que Marx entendait par matérialisme et qui n’a rien à voir avec le matérialisme bourgeois – qui est l’explication majeure de la grande séduction qu’opéra le communisme sur les peuples d’Europe, y compris le peuple russe orthodoxe, notamment Tolstoï. » (page 68)

 

             Magnifique séduction, qu’on aurait aimé voire à l’œuvre pour que les européens embrassent spontanément un véritable communisme, démocratique. Mais le « communisme » réel fut adopté davantage avec les bottes de l’Armée Rouge…Armée Rouge dont la brutalité n’est là encore pas étrangère à l’Ancien Testament, selon Soral :

 

« Un. Le financement assez peu chrétien de la révolution bolchevique russe, moteur de tout le processus du socialisme réel, par les banquiers new-yorkais souvent issus de la communauté ashkénaze émigrée d’Europe de l’Est. 

Deux. L’encadrement, à travers l’appareil des partis de toutes les révolutions communistes en action dans l’Europe chrétienne, d’élites juives pour leur très grande majorité, et souvent animées d’un messianisme vengeur – parfaitement exprimé par Léon Trotski dans Leur morale et la nôtre _ typique des valeurs de la Thora et du Talmud, mais aux antipodes des valeurs chrétiennes… » (page 69)

 

               Soral oublie de préciser que dans ce texte de Trotski, écrit en 1938, Bronstein justifie certes les prises d’otages de la guerre civile russe qu’il a lui-même supervisées, mais dénonce également le stalinisme ; et notre penseur omet également que les actes de barbarie « contraires aux valeurs chrétiennes » ont souvent été commis par des chrétiens, baptisés et élevés comme tels, qu’ils soient russes, allemands, ou de toute autre nationalité.

 

                Et puisque les membres de la communauté visée sont vraiment partout, après avoir construit le « communisme », on retrouvera des juifs à la base du ralliement des gauchistes, tels Cohn-Bendit ou Attali, au capitalisme libéral :

 

« Ralliement effectué sous la férule des trotskistes, en Europe sous le nom de « libéralisme libertaire » et aux Etats-Unis sous l’appellation « néo-conservateurs ».

Une flopée de sociaux-traîtres dont énumérer les noms évoquerait immédiatement la liste de Schindler… »  (page 134)

 

                 Pour ceux qui n’auraient pas saisi : sur la liste de Schindler, on trouvait plus de Levy ou de Dupont ? Ceux qui nous reprocheront un « chantage à l’antisémitisme » pourront voir qu’avec ces citations, on n’est même plus dans la critique de l’idéologie du judaïsme : ce sont bien les personnes qui sont stigmatisées en fonction de leur nom. Et même s’il est vrai que nombre de dirigeants et théoriciens communistes ont été d’ascendance juive, ils n’en ont pas moins été une minorité des effectifs militants et agissants du communisme au XXème siècle, et on ne voit pas quel intérêt Soral a de les citer en priorité, sans que cela amène aucune conclusion (hormis de dénoncer les juifs comme étant à la base de tout mal, bien sûr).

 

                 Quoi qu’il en soit, en France, c’est cette communauté qui « dicterait ses ordres ». Sur le site d’Egalite & Réconciliation, on peut lire plusieurs fois que seul un juif sur cinq ou six serait membre d’associations intégrant le « lobby ». Mais dans le livre, c’est bien la communauté qui est désignée :

 

« Le CRIF, où le gouvernement français tout entier, président de la République en tête, va prendre ses ordres, lors d’un dîner annuel, auprès d’une communauté représentant moins de 1% de la population française et défendant ouvertement, qui plus est, les intérêts d’un Etat étranger contrevenant à tous les droits de l’homme. » (page102)

 

                Au final, on ne saurait toujours pas si c’est le budget de l’Etat, notre participation à l’euro, le vote de nos ministres au Conseil européen, la participation à la guerre d’Afghanistan ou autre chose qui nous sont commandés par le CRIF. Ladite communauté n’est pas seulement assimilée au CRIF, elle est également rendue responsable de la « persécution » d’une autre minorité, musulmane celle-ci (persécution qui ne l’empêche pas de croître en nombre, à défaut d’avoir – pour l’instant - du pouvoir) :

 

« Une situation admise, paradoxalement, suite à la mise en scène médiatique, et à la mise sur la sellette politique, du « communautarisme arabo-musulman ». La Oumma, sans clergé et tiraillée entre mille influences étatiques, étant pourtant, parmi les communautés effectivement agissantes, la plus dénuée en France de pouvoir politique. Raison pour laquelle, à l’évidence, elle subit tant d’attaques. Les communautés puissantes étant, par définition, celles auxquelles on ose peu s’attaquer.

Une dénonciation de la montée d’un certain communautarisme ethno-confessionnel qui a révélé surtout, par effet retour, l’incroyable pouvoir sur le débat d’idées, les lois disant le droit et la République, de cette autre communauté ethno-confessionnelle à l’origine de la diabolisation de la précédente. Soit, face à une Oumma divisée, manipulée, humiliée et finalement fictive, la toute-puissance du CRIF. » (page 109)

 

                Et ce sont encore certains membres de cette communauté islamophobe qui chercherait à défigurer notre mémoire :

 

 « Une clique communautaire issue de nos ex-dominions du Maghreb et d’une Europe de l’Est humiliée par la Collaboration qui, après la destruction du consensus économique et social du CNR, travaillera à la destruction de son consensus moral ; au remplacement, dans l’esprit des Français, de la France combattante de Jean Moulin par celle des Papon, Touvier et autres Bousquet soit, quarante ans après, la reprise de l’épuration, inaugurée par le procès Barbie… » (page 180).

 

                Et on a envie de se demander, comme pour une célèbre marque de boisson gazeuse : mais pourquoi sont-ils si méchants (eux, de la communauté dont on ne peut dire le nom, plus les francs-macs, La Banque, les laïcards… ) ? Par satanisme, tout simplement, satanisme dont les rites seraient prisés par les sociétés secrètes. Une hypothèse délirante ?

 

« Pas si délirante, puisque pour assumer la cruauté qu’impliquent les décisions prises au plus haut niveau par ces réseaux de domination occultes sur l’humanité souffrante – décisions générant : chômage, famines et guerres – il faut avoir renoncé aux commandements chrétiens d’humilité et de charité et avoir, littéralement, voué son âme au diable ! » (page 113)

 

               Le peuple américain, qui réélit pourtant le président belliciste Bush en 2004 avec une indiscutable majorité, serait-il sataniste, derrière son apparente bigoterie ?

 

               Ou peut-être est-il corrompu par de mauvaises origines, à l’instar de Sarko l’américain :

 

                « Sarkozy : margoulin aux origines et allégeances douteuses » (page 175)

 

L’Islam et l’Empire

 

                Il est en revanche une religion que Soral n’attaquera pas : la religion du Prophète, et la complexité de la théologie musulmane développée au cours de 14 siècles qui fait que l’auteur ne s’estime pas compétent pour juger de cette religion – tandis que pour mettre en cause l’Ancien Testament et le Deutéronome, il peut.

 

                On reste cependant pantois devant le trio (au tiers persan) que Soral nous propose en tant que France « réconciliée » :

 

« Pourtant, la réconciliation de Jean-Marie Le Pen et de Dieudonné, sa main tendue au président Mahmoud Ahmadinejad, nouveau champion de l’insoumission musulmane et des Etats du Sud à l’ONU, n’est-ce pas cette France « Black-Blanc-Beur » dont devrait se réjouir SOS-Racisme ? » (page 195)

 

                 Ou encore la présentation des guerres américaines comme des « guerres contre l’Islam » alors que ni les afghans ni les irakiens n’ont été désislamisés, et qu’à l’inverse, la communauté chrétienne d’Irak, elle, fuit son pays :

 

« C’est au nom de l’idéologie totalitaire et belliqueuse des « droits de l’homme », qu’on bafoue aujourd’hui les droits réels des hommes réels partout sur la planète : que ce soit le droit des serbes à rester serbes en Europe, mais aussi bien le droit des musulmans à rester musulmans en Iran et en Afghanistan. » (page 202)

 

                 Ou encore la finance islamique, dans laquelle Soral voit une forme de « résistance » à La Banque. Il devrait se réjouir de voir Christine Lagarde promouvoir la finance islamique en France : une « résistante » siège à Bercy !

 

(à suivre)

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 23:07

 

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 Dans cette suite de la critique de "Comprendre l'Empire"

 d'Alain Soral (Editions Blanche), après la question du "roman national" français, voyons les conceptions économiques du président d'Egalité & Réconciliation.

 

La Banque

                Admirons d’abord sa théorie de la monnaie. Il commence par l’économie archaïque du don et du contre-don, avant l’apparition de la monnaie.

« Des échanges qui s’amplifient et se généralisent et qui, après la première phase de troc, amènent nécessairement l’idée pratique d’un moyen abstrait et polyvalent d’échange généralisé : la monnaie.

Et qui dit monnaie dit argent : idée d’accumulation qui peut, dès lors, sur un champ social lui-même modifié et déspiritualisé par ce processus, venir concurrencer le prestige du don et finir, fatalement, par le remplacer. » (page 41)

Soral oublie juste que : 1) entre l’apparition de la monnaie, qui date de l’Antiquité, et l’accumulation primitive de Capital, qui progresse lentement au cours du Moyen-Age et n’accélère réellement qu’avec la Révolution Industrielle, il se passe plusieurs millénaires ; 2) qu’il n’y a d’accumulation possible que lorsque le niveau technologique permet de dégager des surplus. Mais évoquer l’effet de la technique comme élément déclencheur du changement de système économique (de la féodalité au capitalisme) n’est sans doute pas assez complotique pour notre auteur. Lui préfère, après quelques passages sur la bourgeoisie, arrivée au pouvoir en France par le biais de la noblesse de robe et de la Révolution, les banquiers. Banquiers qui, chargés initialement de prêter en contrepartie de métaux précieux réellement détenus, ont acquis le pouvoir de prêter de la monnaie qu’ils n’ont pas, de créer capital et intérêts. Ces banquiers, qui aux USA, parviennent à imposer – en fait suite à une crise financière face à laquelle il manquait un prêteur en dernier recours – la création de la Réserve Fédérale en 1913. Ca aurait pu être une autre date, Soral aurait quand même pu expliquer ce qu’il voulait à partir de cela.

« Et les deux causes majeures d’emprunts publics étant les crises et les guerres, on devine le rôle qu’a aussi joué la FED, depuis 1913, dans la survenue de ces évènements. » (page 60-61)

En fait non, on ne devine rien du tout, si ce n’est qu’on nous rebalance le vieux procédé : « celui à qui profite le crime en est probablement l’auteur », dont l’Histoire est pourtant riche de contre-exemples. Aucune preuve de la responsabilité DES banques sur le déclenchement des guerres mondiales n’est apportée. Sur le même principe, on pourrait imputer ces drames aux fabricants d’uniformes, qui ont dû eux aussi profiter des guerres. Mais le sérieux de l’analyse s’effrite un peu plus lorsque l’auteur nous gratifie de ses compétences d’historien économiste :

« Pendant ce temps, cette création de fausse monnaie entrainant une dévaluation constante de la valeur de l’argent, les détenteurs de dollars, à commencer par le peuple américain, ont vu depuis l’année 1913 leur argent perdre 90% de sa valeur et leur pouvoir d’achat baisse d’autant.

Une baisse constante compensée par la hausse vertigineuse de leur consommation à crédit auprès des banques.  » (page 60-61)

Si l’unité de dollar a bien vu sa valeur s’effondrer par rapport à l’or au cours du XXème siècle, le citoyen américain moyen n’a jamais perdu 90% de son pouvoir d’achat, puisque ses revenus en dollars croissaient bien plus que ceux-ci ne perdaient en valeur. Et invoquer le crédit comme source de cette compensation est très largement faux : la faiblesse de l’épargne américaine est un phénomène assez récent, couvrant les dernières décennies du précédent siècle, alors qu’au milieu du XXème, les USA étaient exportateurs de capitaux que les américains épargnaient. Leur richesse est tout simplement venue d’un formidable accroissement de leur productivité, mention que Soral ne fait jamais.

Non content de sa performance, Soral va jusqu’à expliquer toute notre histoire économique récente par « La Banque », le tout couvert par des politiciens pantins :

« La responsabilité de tenir compte des effets sociaux et humains des politiques bancaires (spéculation,  désindustrialisation, délocalisation, chômage…) incombant toujours, officiellement et médiatiquement, au pouvoir politique » (page 47)

Que la perte d’emplois d’industriels puisse s’expliquer par un changement dans le budget des ménages, qui consomment de plus en plus de services au fur et à mesure qu’ils s’enrichissent (mais pour Soral, la tendance générale serait l’appauvrissement, affirmation jamais démontrée comme tout le reste). Que le chômage puisse avoir d’autres causes que les intérêts des banques (devenus plus faibles pour les entreprises par rapport aux années 1980). Que les délocalisations soient aussi la conséquence de l’ouverture de marchés nouveaux et non seulement de coûts bancaires…Tout cela sera trop terre-à-terre pour notre écriv…pardon sociologue.

Il n’y a plus grand-chose d’anticapitaliste chez notre marxiste, passé comme nous le verrons à une « gauche du Travail », entièrement dévoué à la diabolisation d’une seule filière du système capitaliste :

« La Banque, intrinsèquement fondée sur l’abstraction du chiffre au détriment de l’humain (spéculation), libérée de tout frein politique et social (indépendance des banques centrales) et protégée de surcroît par son invisibilité politique et médiatique (domination de l’argent sur le politique et les médias) devenant progressivement – compte tenu de sa logique même – pure prédation et pure violence » (page 48)

Mais peut-être faut-il comprendre que pour Soral, les…pardon : La Banque devient Le Capitalisme à elle toute seule, puisque La Banque acquiert tout toute seule :

 « Ce prêt d’argent, fictif, mais que seules les banques ont le pouvoir de prêter, équivaut donc, à travers la garantie hypothécaire sur l’outil de travail et les biens, à une lente captation de toutes les richesses privées par la Banque ;

La Banque devenant ainsi progressivement propriétaire de tout, sans jamais rien produire, avec de la fausse monnaie pour seule mise de fonds ! » (page 50)

Soral raisonne comme si la masse des capitaux productifs était fixe (en même temps, c’est peu surprenant pour quelqu’un qui explique le chômage par les délocalisations). Si c’était vrai, l’hypothèque des outils de travail devrait mener à ce que, faillite après faillite, les banques deviennent effectivement propriétaires de tout. C’est oublier que le capital se crée, que les entreprises françaises en constituent chaque année pour plusieurs centaines de milliards d’euros (formation brute de capital fixe pour les comptables). En partie à crédit certes, mais quand une entreprise a remboursé son crédit et levé son hypothèque, elle est propriétaire de ce dans quoi elle a investi. La théorie de la « lente captation de toutes les riches privées par La Banque » ne repose sur rien, et ignore la désintermédiation financière (le recours à l’émission d’actions plutôt que l’emprunt, pourtant facilité en France depuis les années 80).

Mais ce n’est pas fini, Soral étant en sus expert en finances publiques :

« Un racket bancaire à l’échelle des Etats, et sur le dos des peuples, qui est la première raison de la fin de l’Etat-Providence au tournant des années 1970. La raison majeure de la fin de toutes les politiques sociales de développement qu’on appelle la Crise. Le paiement de l’intérêt de la dette – en réalité pur racket de la Banque absorbant désormais tout l’argent normalement dévolu au développement et au social – étant exactement égal, en France, à la totalité de l’impôt sur le revenu du travail. » (page 53)

Que la loi de 1973 ait favorisé la croissance de la dette publique en France, c’est une chose (cette croissance n'est en réalité pas forcément imputable à cette loi). Mais en disant cela, on dit que si les intérêts n’avaient pas existé, alors notre dette serait très nettement plus basse, à condition que les autres dépenses publiques aient été les mêmes. Donc il est absurde d’en déduire, comme Soral l’avait fait pour le problème des retraites dans une de ses vidéos, que sans les intérêts de la dette publique, on aurait pu dépenser plus, en investissements ou en dépenses sociales (ou alors sauf à faire tourner en permanence la planche à billets).

Ensuite, il suffira de rappeler à l’auteur que les « politiques sociales » n’ont jamais décliné par leur coût depuis 1973, bien au contraire : de 35% du PIB en dépenses publiques à 53% en 2008, dont 3% pour les intérêts. Qu’attendre alors des analyses d’un « penseur » dont la vision du réel est aussi erronée ? Ou encore qui prend des situations particulières pour des généralités, comme avec l’impôt sur le revenu :

« Un impôt sur le revenu du travail – déguisé en impôt social par sa progressivité – qui sert purement et simplement à payer l’intérêt de la Banque. » (page 56)

Si cela est actuellement vrai, c’est loin de l’avoir toujours été depuis la création de l’impôt sur le revenu en … 1914. A l’époque pour faire face aux dépenses de guerres, mais avant des décennies où cet impôt a dépassé le montant des intérêts de la dette publique.

Ou encore, un auteur qui reprend un mythe conspirationniste : dans son récit de la prise de pouvoir de La Banque aux USA, s’égrènent les imputations aux financiers de tous les assassinats de présidents américains, de Lincoln à Kennedy…Ce dernier serait mort à cause d’un décret qui aurait remis en cause le pouvoir de la Fed.

« Ainsi, en juin 1963, signe-t-il [JFK] l’Executive Order 11110, décret présidentiel qui, pour se débarrasser de la FED, impose un nouveau système adossant le dollar à l’argent métal. Aussitôt sont mis en circulation pour plus de 4 milliards de dollars en billets de 2 et 5 dollars, et autant de billets de 10 et 20 dollars sont imprimés. Le 22 Novembre de la même année, Kennedy est assassiné, le décret EO11110 aussitôt annulé par son successeur et les billets de 2 et 5 dollars retirés de la circulation. »

…En fait ce décret ne faisait qu’accroître, sous condition de l’accord du président, les pouvoirs de la Fed, et le décret ne fut pas abrogé par Lyndon Johnson en 1963, mais par Reagan en 1987… (http://abovethepresident.blogspot.com/2006/07/debunking-some-jfk-myths.html)

 

Allez, quitte à sortir de la sphère bancaire, on ne résistera pas à d’autres perles économiques de notre penseur :

                « La seule puissance militaire, sans le secours du sacré face aux forces de l’argent, conduisant inéluctablement à la défaite comme en témoignent les expériences communistes et fascistes européennes. » (page 171)

L’échec économique de l’URSS ramené à l’absence de foi, voilà qui met au tapis 70 ans de soviétologie… Mais l’explication de la croissance occidentale des Trente Glorieuses est aussi détonante :

                « On peut globalement considérer la période d’après-guerre 1945-1973 – appelée Trente Glorieuses – comme une période de prospérité et de consensus social.

                Prospérité économique due à la dynamique insufflée par les destructions et les pénuries de la guerre, et orientée dans un sens libéral par le plan Marshall. »  (page 176)

                Encore la bonne vieille théorie de bistrot : « la croissance d’après-guerre est due aux destructions de la guerre qu’il fallait réparer » ou « le plein-emploi est dû aux pertes humaines de la guerre ». Un minimum de logique devrait pourtant faire comprendre que si cela était vrai, alors la France n’aurait dû, après 1945, connaître que la croissance nécessaire pour rattraper son niveau de production de 1940, puis ensuite repartir sur la croissance molle des années 30. Ce n’est pas ce qui s’est passé, la croissance a été beaucoup plus forte.

Revenons à la finance, et trouvons l’apothéose, quand, parmi les adversaires de La Banque, on trouve ni plus ni moins que le Führer lui-même :

« En 1942, quand les états-majors US, britanniques et soviétiques décidèrent de se réunir en secret pour coordonner leur guerre contre Hitler, ils le firent dans les locaux de la Federal Reserve Bank de New York, et il n’est pas exagéré de résumer la politique mondiale du XXème siècle à une perpétuelle diabolisation des opposants à la Banque, elle-même garantie en dernière instance par la puissance militaire américaine. » (page 71)

Nous voilà en charmante compagnie. Mais ce n’est peut-être pas tellement un hasard…

(à suivre)

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 22:26

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Socialisme & Souveraineté a décidé de publier une lecture critique de l'ouvrage d'Alain Soral, "Comprendre l'Empire" (éditions Blanche), paru le 10 Février dernier. L'auteur, Pablito Waal, a considéré qu'il était important de répondre aux "thèses" de ce brûlot afin de combler le peu de réactions négatives (notons cependant que le site Enquête & Débat a également publié une critique) qu'a suscité ce document, et qui laisse les pro-Soral penser que leur gourou a réalisé une oeuvre indémontable car apportant la vérité. "Comprendre l'Empire", c'est ni plus ni moins qu'une tentative, en à peine plus de deux cent pages, "d'analyser" un processus de domination par l'argent et le mensonge qu'une clique de réseaux et de financiers exercerait sur le monde, et qui s'est construit au cours des deux derniers siècles. En lisant le texte, on s'est aperçu qu'outre un nombre difficilement appréciable d'aberrations historiques et économiques, ce livre était un véritable appel à la haine. Et nous attendons de pied ferme ceux qui viendront nous reprocher un "chantage à l'antisémitisme"...

 

Notre critique, assez longue, sera publiée en quatre parties.

 

 

Le dernier livre d’Alain Soral se veut être un succès de librairie « inattendu ». Parce qu’il est monté relativement haut dans les classements de ventes, et sans « soutien médiatique ». En réalité, peu d’auteurs disposent, comme Soral, d’une petite escouade (voire d’une petite armée ?) de militants publiant ses vidéos, les commentant, les rediffusant, formant un service médiatique remplaçant efficacement celui d’une maison d’édition.

                A la limite, l’affaire serait sans intérêt si ledit livre ne servait pas à répandre un petit message insidieux et odieux. Et nullement « subversif » comme son auteur et ses partisans aimeraient le faire croire.

                « Comprendre l’Empire » est un petit essai de 230 pages, présenté sous formes de petits textes (« texticules » comme se plait à les nommer Soral, l’apôtre du « macho qui aime sa mère et protège sa femme »). Soral a justifié sa forme « non universitaire » (pas de plan, pas de notes…) comme un souci de respect du lecteur (parce qu’écrire un livre scientifique serait donc irrespectueux) et parce que citer des références serait pédant, alourdirait le livre, amputerait le pouvoir d’achat du lecteur. Celui qui aborde l’ouvrage (surtout si c’est sa première lecture d’un livre de Soral) se rendra compte qu’en réalité, cette démarche n’est qu’un prétexte pour publier un texte où rien, je dis bien absolument rien, n’est démontré. Il ne s’agit pas que de l’absence de notes, mais bel et bien l’absence de toute source pour soutenir les nombreuses affirmations que Soral enchaine dans son récit. Pour être plus justes, disons que Soral cite parfois des œuvres à l’appui de ses dires : mais il s’agit des films de Louis de Funès ou des romans de Bernanos. Des œuvres de fiction pour appuyer la description de la réalité, peut mieux faire !

Le bon vieux temps

                Le fond du propos maintenant. L’auteur se donne d’abord pour tâche de casser le roman, plus spécifiquement le roman français, du progrès des Lumières en lutte contre l’obscurantisme, de la Révolution du Peuple contre l’Ancien Régime. Pour Soral, ce roman du progrès – effectivement mystificateur si on le présente aussi simplement qu’il le fait – est usurpé pour cacher un autre récit, celui de la montée d’une conspiration – comment la nommer autrement ? – de minorités contre le monde de la Tradition – car c’était toujours mieux avant. Pour Soral, le paysan de l’Ancien Régime vivait mieux que l’ouvrier du XIXème, et le Peuple (dont nous verrons la définition soralienne) n’aurait donc rien gagné à la sortie du féodalisme. Marx avait au moins vu dans la bourgeoisie une classe révolutionnaire qui avait fait avancer la roue de l’Histoire. Pour Soral le « marxiste », il n’y a que complot, trahisons, et finalement sodomie du peuple par la bourgeoisie (du moins la « progressiste », pour ceux qui n’auraient pas compris que le Progrès c’est le mal, la liberté c’est l’esclavage, et la guerre la paix). Alors commençons le récit de l’infâmie.

La Révolution Française, c’est principalement la bourgeoisie. Le peuple était fort peu révolutionnaire. Pire, une partie de ce peuple (bretons, normands, mais surtout vendéens) se révolte pour rappeler que, sous l’Ancien Régime, les petites gens se sentaient plutôt à l’aise, avant que la Révolution bourgeoise ne viennent imposer la loi Le Chapelier, proscrivant toute corporation et coalition ouvrière. Seuls les ignorants auront appris quelque chose (que la Révolution fut parisienne et nettement moins provinciale, que le peuple fut divisé, rien de très nouveau). Mais seuls les incultes complets pourront supporter sans sourciller d’entendre parler du relatif « confort populaire » sous l’Ancien Régime.

                « A ceux qui croient encore au discrédit et à la réprobation populaire unanime, nous rappelons les « Chouans ».

                Soit tous ces paysans de Bretagne, du Maine, de Normandie, de l’Anjou, de l’Aveyron, de la Lozère, de Vendée et du Poitou [Soral ignore que la Vendée fait partie du Poitou] qui, pour s’opposer au nouvel ordre révolutionnaire et républicain, rejoignirent l’armée catholique et royale [en Aveyron ? Lozère ?] parce que de l’ancien ordre, bien que du petit peuple, ils se trouvaient fort bien… » (page 19)

Que ce soit en pensant aux victimes des interminables guerres de succession, au million de mort de l’hiver 1709, aux révoltés croquants … Et la bêtise suprême est de ressortir la thèse du « royalisme populaire » qui expliquerait l’insurrection vendéenne. En faisant fi de la situation de crise économique que vivaient les habitants de l’Ouest, et du refus de la conscription, qui expliquent bien mieux le soulèvement de paysans qui n’avaient pas exprimé d’opposition ni à l’abandon des privilèges ni même à la proclamation de la République.

                Mais ce n’est qu’une étape. La suite, c’est de repeindre la Révolution comme une guerre contre… le catholicisme.

                « Par victoire politique de la Raison politique entendons : quand une idéologie de domination, la Raison bourgeoise et commerçante et rationaliste, soit la nouvelle religion toute neuve et fervente de la classe montante, vainquit le catholicisme, cette idéologie de la royauté usée par mille ans de pouvoir, à laquelle la noblesse elle-même ne croyait plus vraiment ». (page 18)

                Le fait que la même bourgeoisie, avec Bonaparte au pouvoir, acceptera ou soutiendra le Concordat, et, après les quelques turbulences que furent la constitution civile du clergé et le culte de l’Etre Suprême, et ce pour près d’un siècle de 1801 à 1905, c’est sans doute un accident. Accidentées aussi, la logique et la distinction des concepts chez Soral, lorsqu’il oublie que le contraire de la religion, c’est l’agnosticisme (pas forcément l’athéïsme), et non la laïcité :

                « En bonne logique, le contraire de la religion c’est la laïcité. Mais dans la réalité historique, politique, le combat anticlérical, mené exclusivement contre la religion catholique, fut le fait d’une autre église : celle du grand « architecte de l’univers » et de la franc-maçonnerie ». (page 31)

                Soral oublie également que si l’Eglise Catholique fut la seule combattue par les « laïcards », c’est parce qu’elle était la seule à posséder du pouvoir, les églises  réformées (surtout depuis la révocation de l’Edit de Nantes de 1685) et le judaïsme étant beaucoup plus faibles. Mais pour l’auteur, c’est sans compter l’autre Eglise, la vraie, la franc-maçonne. Dont on ignorera toujours qui en étaient, en 1905 ou à un autre moment, les chefs spirituels. Ni nom, ni organisation : la preuve et la source ne sont pas dans la marque de fabrique soralienne.

                « Un pouvoir [maçonnique] qui culminera sous la Troisième République par la loi de 1905 – loi dite de « séparation de l’Eglise et de l’Etat » - mais, en réalité, la dépossession du dernier bastion spirituel et politique resté qux mains de l’Eglise catholique qu’était l’éducation des enfants. Une charge de formater les esprits et les âmes, cruciale pour la domination, dorénavant confiée aux instituteurs laïquards de culture et largement d’obédience maçonnique. » (page 33)

                Pauvres enfants, dont une grand partie seront tirés de l’analphabétisme, le plus souvent sans avoir aucune information sur cette Eglise maçonnique, pas même un compas pour remplacer le crucifix, enfants qui recevront principalement de la maçonnerie les valeurs de la République… En quoi devons-nous regretter l’influence catholique sur l’éducation ?

                Ca, Soral nous l’explique dans les pages qui suivent ses prouesses sur la chouannerie : le catholicisme aurait garanti paix et charité sur le continent européen sur toute la durée du Moyen-Age. Les croisades ? Un moyen de canaliser la violence des européens contre un adversaire extérieur. Les guerres de religion, en France, la dévastation de l’Allemagne par la guerre de Trente Ans, la traite négrière ? Pas dans ce tableau idyllique d’une société où chaque ordre avait sa juste place, le clergé conservant le savoir, la noblesse défendant (en réalité en guidant au combat des masses de paysans le plus souvent) et le peuple travaillant. Et mieux encore, cette société était « solidaire » (on ne rit pas):

« Dans le monde de l’immanence ayant succédé à la Révolution française, la lutte des classes devient donc effectivement le nouveau moteur de l’Histoire.

Une lutte résultat d’abord de la fin de la solidarité trans-classes existant précédemment dans la monarchie de droit divin ; mais une lutte résultant ensuite, et surtout, de la promesse non tenue des lumières. » (page 119)

Pauvre Marx, dont le prétendu disciple Soral efface le rôle historique central de la lutte des classes avant le XVIIIème siècle, là où Karl situait dans la dialectique des luttes de classe maîtres et esclaves, serfs et seigneurs… De toute façon, la suite ne sera qu’une forme assez maltraitée de la lutte des classes. Car pour le président d’Egalité & Réconciliation, comme pour toute une clique de conspirationnistes pullulant sur le Net, ce n’est pas la bourgeoisie, la classe disposant de l’essentiel du Capital et de ses revenus qui mène l’exploitation capitaliste. Ce sont les banques qui captent tout l’intérêt de l’auteur, qui les rebaptise « La Banque » (singulier qui permet de les faire agir comme une personne seule, consciente et planificatrice, et surtout de gommer toute possibilité de faiblesse d’une banque seule face à un Etat).

Mais avant de voir la sociologie de classe de Soral, regardons le rater son bac d’économie.

 

 (à suivre)  

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 23:07

        Le mois de Février 2011 n'ayant compté que 28 jours, nous avons pris un délai supplémentaire d'une journée pour finir ce numéro un peu différent des autres. En effet, ce mois-ci, pas de dossier d'analyse, mais des tribunes d'expression libre sur un sujet fondamental : la critique des formations "officielles" de la gauche française en 2011. Afin de faire comprendre pourquoi nous avons décidé de créer Socialisme & Souveraineté, et pourquoi, non, nos idées aurait fort peu de chances de trouver bon accueil au sein des structures des "grands" partis, tant nous sommes différents par nos idées, par notre vision du socialisme et notre critique de l'Union Européenne.

 

Le journal sur Issuu :

 

http://issuu.com/pablitowaal/docs/journal_soc_souv_n6

 

Le journal sur Calameo :

 

http://fr.calameo.com/books/0004559755ad3b16953ba

 

Le fichier en téléchargement sur fichier-pdf :

 

http://www.fichier-pdf.fr/2011/03/01/journal-s-s-n6-au-28-02-2011/

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 02:35

Tribune libre :

 

L'UPR (Union Populaire Républicaine), organisation dont nous avons souvent parlé (qui semble bien se développer, voir leur nouveau site : union populaire républicaine ) et pour laquelle nous ne cachons pas une certaine sympathie, répond par la voix de son président François Asselineau à un intervenant qui prone (sans rire) un rassemblement des opposants à l'UE derrière le FN :

 

 


 

 


Même si certaine affirmations sont un peu exagérées et branlantes (notamment sur le financement du FN......mais bon on ne peut pas être toujours rigoureux à 100% quand on veut faire de la politique), il a globalement raison sur sa dénonciation du FN, qui est le parti qui a été favorisé par Mitterrand et Attali pour pouvoir faire croire aux Français, avec les propos de Le Pen sur la seconde guerre mondiale entre autres, qu'aimer la France signifie être fasciste voir un partisan du nazisme.

Il a également raison de signaler que le rôle du FN est de pourrir le discours anti-UE (même si c'est vague dans le cas du FN, qui ne défend pas dans son programme l'idée d'une sortie de la France de l'UE) en l'associant à des attaques contre les Français d'origine immigrée ou encore contre les "socialo-communistes".

Le FN a toujours cherché à diviser les Français en stigmatisant nos compatriotes d'origine immigrée (aujourd'hui de manière détournée en attaquant l'islam, mais personne ne peut croire un seul instant que le FN et ses cathos tradis soient attachés à la laicité), dont l'immense majorité n'aspire pourtant qu'à vivre en paix et à s'intégrer à la société française.

A tous les points de vue, la démarche de l'UPR semble beaucoup plus juste et plus saine que celle du FN.  Au lieu de diviser les Français entre gens de gauche et gens de droite, entre Français de souche et Français d'origine immigrée, l'UPR cherche à les rassembler tous pour lutter contre des "ennemis extérieurs" qui cherchent à liquider notre France dans sa souveraineté, dans son existence, dans sa culture et son identité : j'ai nommé l'UE et les Etats-Unis d'Amérique. En conséquence, tout véritable amoureux de la France ne peut que préférer l'UPR au FN.

Alors certes, en terme de stratégie politique, il est aujourd'hui moins porteur de lutter contre l'UE (bien que la cause ait progressé ces derniers mois) et contre l'impérialisme américain que de s'exciter sur l'islam. Mais le créneau de la lutte contre l'islam est deja pris et complètement bouché alors que celui de l'"anti-américanisme" (*) est curieusement assez libre depuis longtemps.

L'"anti-américanisme" est pourtant un sentiment qui existe dans notre pays. Je me souviens qu'au tout début, quand il s'est fait connaitre, José Bové avait acquis une certaine popularité en jouant sur cette corde de l'"anti-américanisme" par le démontage d'un MacDo, et cette sympathie dont il bénéficiait venait tant de gens de gauche et de droite. Par la suite, quand on a connu sa vraie nature politique (en gros celle d'un gauchiste altermondialiste anti-français, et non celle d'un Astérix comme on avait pu croire au tout début), sa popularité s'est en toute logique bien vite effondrée, au point de ne plus rien représenter aujourd'hui.

L'"anti-américanisme" est certainement moins fort aujourd'hui en France qu'il ne l'a été il y a quelques années, notamment depuis l'élection du "gentil" Obama. Mais les choses peuvent vite tourner, il suffirait qu'Obama soit battu en 2012 et remplacé par un "méchant" républicain (la perfection serait une victoire de cette chère Sarah Palin !) pour redonner toute sa vigueur à ce noble sentiment. :) Une organisation politique qui serait placée sur ce secteur de marché pourrait alors en tirer les fruits.

(*) même si lutter contre l'impérialisme culturel US, qui cherche à nous imposer son mode de vie et de pensée, sa langue,.....n'a rien à voir avec de l'"anti-américanisme" (beaucoup de citoyens américains respectables étant opposés à la domination de leur pays sur le Monde), comme l'explique justement l'UPR dans cette analyse :

 

L'UPR fait-elle de l'anti-américanisme primaire ?

 

J'utilise le terme d'"anti-américanisme" par facilité de langage, souci de vulgarisation (étant plutôt un adepte des bars PMU que des cafés philosophiques).

Julien B.




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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 23:49

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 11:22

http://newsimg.bbc.co.uk/media/images/45428000/jpg/_45428371_782dav.jpgJean-Claude Trichet, président de l'antidémocratique et illégitime Banque Centrale Européenne (BCE), a déclaré qu'augmenter les salaires serait "la dernière des bêtises à faire".

 

Ce sinistre individu aurait cependant du préciser son opinion : il est opposé à l'augmentation des salaires de la masse de "pauvres", pas à celle des super-riches dont son organisation supranationale défend les intérêts.

 

Depuis 1985, en France comme ailleurs, les inégalités économiques (qui n'ont de toute façon jamais été à un niveau suffisamment faible, soit dit en passant) ne cessent de se creuser. Cette tendance dangereuse pour la cohésion de la société va en s'accentuant depuis les dernières années et rien ne semble indiquer qu'elle ne va pas se poursuivre dans les années futures.

 

Les chiffres de l'INSEE parlent d'eux-mêmes : entre 2004 et 2007, soit sur une période de 3 ans, le revenu de la masse (les 90% les plus "pauvres") n'ont augmenté que de 9%, c'est à dire une moyenne de 3% par an (à peine au dessus de l'inflation) et de 1 423 euros en valeur absolue (passant de 15 490 à 16 913 euros). Et encore faudrait-il signaler que parmi les 90% les plus "pauvres", ce sont les revenus de ceux qui sont vers le bas des 90% qui ont le moins progressé.

 

A l'autre bout de l'échelle, le revenu des super-riches (deja honteusement élevé auparavant) a augmenté de 40% sur cette même période de 3 ans (c'est à dire de 13,3% par an), passant de 907 932 euros à 1 269 555 euros par an, c'est à dire une augmentation de 361 623 euros (excusez du peu !) en valeur absolue.

 

Pour l'instant, ça ne dérange pas grand monde. Mais on ne sait jamais, peut-être qu'un jour (on dit bien peut-être), le peuple finira par être révolté par ces inégalités économiques croissantes, demandera des comptes aux responsables et comprendra qu'un changement des règles du jeu (notamment des critères de rémunération et de distribution des revenus) - donc de système - est nécessaire pour répartir plus justement et plus équitablement les richesses créées collectivement,  qui ne doivent pas seulement profiter à une petite minorité de privilégiés.

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 23:24

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/2b/Jeannette_Bougrab.png/200px-Jeannette_Bougrab.pngJeannette Bougrab, universitaire, fille d'ouvrier harki, ancienne présidente de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité) et désormais secrétaire d'Etat à la jeunesse et à la vie associative, était mardi soir l'invitée de la "radio jeune" Fun Radio pour draguer la jeunesse (du moins une certaine jeunesse, celle qui écoute Fun Radio).

 

D'entrée de jeu, elle déclare qu'elle veut parler directement et ne pas faire compliqué, et invite les auditeurs à l'appeler par son charmant prénom. En clair, elle annonce qu'elle veut faire du populisme, consistant à dire aux auditeurs ce qu'ils ont envie d'entendre, plutôt que d'avoir à tenir un discours politique cohérent.

 

Elle tiendra sa promesse tout au long de l'émission en annonçant à deux jeunes, Mathieu et Nabil, qu'elle allait se servir de son influence pour leur trouver un job !

 

Cette secrétaire d'Etat a une bien drôle de vision de la méritocratie républicaine, qui il est vrai n'existe pas vraiment. Partout, dans le privé comme dans le public (il parait que dans la fonction publique territoriale notamment, on ne compte plus les pistonnés incapables et "fils de" nommés directement - sans concours - à des hauts postes grassement rémunérés), le piston (plus joliment dénommé 'réseau") joue un rôle primordial.

 

On ne soulignera jamais assez la bassesse du discours public et politique, qui de tous temps n'a de toute façon jamais volé bien haut. Il est certes plus facile pour draguer les djeun's de leur dire qu'on va faire marcher le piston pour leur trouver un boulot plutôt que de leur expliquer façon Socialisme&Souveraineté qu'une économie plus libre et plus collective serait susceptible de faire reculer le chômage des jeunes. Les discours construits ne passent pas bien dans les médias et auprès des jeunes, et cela Jeannette comme tous les professionnels de la politique champions de la démagogie l'ont parfaitement compris depuis belle lurette.

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 23:05

http://img535.imageshack.us/img535/3940/melenchonue.pngAu moment du vote sur le traité de Maastricht en 1992, Jean-Luc Mélenchon intervenait à la tribune du Sénat pour appeler à voter oui, mais aussi pour appeler de ses voeux la construction d'une "Nation européenne" et pour fustiger le peuple danois qui s'était "trompé" en votant non. A lire sur :

 

Mélenchon et la Nation Européenne

 

Le pire n'est pas de s'être trompé en ayant soutenu le oui au traité de Maastricht : nul n'est infaillible (sauf les gens bornés et de mauvaise foi) et chacun a le droit à l'erreur. Le plus grave, c'est de persister dans l'erreur car au fond, rien ne dit que Mélenchon n'est pas toujours favorable à cette idée de construction d'une Nation européenne. Son "Front de Gauche pour changer d'Europe" demeure en tout cas fermement européiste.

 

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 20:57

    Socialisme & souveraineté se réjouit de la fin des trente années de règne du dictateur égyptien, obtenue par la mobilisation massive du peuple d'Egypte... et concédée par l'armée. Qui avait visiblement préparé un peu l'évènement, avec feux d'artifice inclus :

 

Place Tahrir, au Caire, occupée depuis plusieurs semaines par les manifestants

 

 

Le suivi des évènements sur le site du Parisien

 

 

   Il s'en est quand même trouvé un pour féliciter Moubarak. Et ce fut Nicolas Sarkozy, qui vit dans cette démission une démarche "courageuse" et "nécessaire". Sous entendu : mesdames et messieurs les égyptiens, vous pourriez remercier Moubarak, car il aurait pu, s'il avait été vraiment méchant, vous opprimer plus longtemps.

 

   Décidément, on ne refait pas la politique arabe de l'Elysée.

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