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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 00:39
http://www.beebeesee.tv/images/DalailamaBush.jpg
Le 5 octobre 1989, le dalai-lama, chef spirituel des boudhistes tibétains, obtenait le Prix Nobel de la Paix.

Depuis cette époque, on nous explique que le dalai-lama est un être exceptionnel qui lutte contre les méchaaaants chinois qui ont envahi le Tibet. Nombre d'associations réclamant un "Tibet libre" se sont montées, beaucoup de bourgeois et petits-bourgeois se sont convertis au bouddhisme tibétain (ou ont du moins embrassé cette noble cause) en expliquant que cette religion est pleine de vertues et pacifique donc meilleure par exemple que le catholicisme ou l'islam qui ne sont porteuses que de guerres. Dans ces conditions, comment ne pas soutenir cette juste lutte du peuple tibétain derrière son chef spirituel ?

Comme souvent, (pour ne pas dire toujours), le discours servi par l'idéologie dominante cache une réalité beaucoup moins reluisante.

Le dalai-lama, loin d'être un grand chef spirituel, se trouve être en réalité un crétin des Alpes (ou de l'Himalaya) à l'intelligence plus que limitée (équivalente à celle d'un pré-adolescent), financé par la CIA (comme les crapules trotskistes) et croyant à des superstitions d'un autre age.

L'horrible invasion des méchants chinois a permis de sortir le Tibet du féodalisme le plus rétrogade. Il n'est dès lors pas surprenant que le soutien au dalai-lama (en plus de quelques individus du show-biz chez nous) n'est le fait que de quelques bonzes réactionnaires épaulés par un troupeau de yacks à poils longs, et que l'immense majorité des tibétains soient reconnaissants aux chinois de les avoir débarrassé de la férule du lamaisme.

Le bouddhisme tibétain est tout sauf une merveilleuse religion, il fait vraiment figure de folklore et de camelote à coté de respectables et profondes religions comme le catholicisme.

Afin d'éviter de me lancer dans de longues expications confuses, je vous laisse à Alain Soral qui a correctement démonté toute cette supercherie dans son "Abécédaire de la bêtise ambiante" :


"Parce qu’un mec qui a du temps à perdre à discuter des heures avec Richard Gere, Isabelle Adjani ou Séverine Ferrer est forcément un con.

Parce qu'on nous a deja fait le coup des "combattants de la liberté" avec l'Afghanistan.

Parce que pour le un million trois cent milles tibétains qui vivent au Tibet, la modernisation imposée par les Chinois contre l’obscurantisme théocratique lamaïque n’est pas forcément un mal.

Parce qu’un rationaliste laïc a le droit de ne pas voir dans le Dalaï-lama la quatorzième réincarnation du Boddhisattva de la compassion, mais un ramollis en pataugas au bla-bla lénifiant à côté duquel l’Abbé Pierre fait figure d’intellectuel.

Parce que l’association France-Tibet et la communauté tibétaine en France et ses amis ont un comportement de secte.

Parce que le Dalaï-lama n’est le pape que d’1% des bouddhistes du monde, et parce que le bouddhisme tibétain (véhicule de diamant) est à la fois le plus tartuffe et le moins spirituel (le plus empreint de magie) des trois bouddhismes historiques.

Parce que le bouddhisme est, de toutes façons, une sagesse individualiste, égoïste (pas d’équivalent bouddhiste de la Croix Rouge ou du Croissant Rouge) qui ne débouche sur aucune solution aux problèmes concrets actuels (les inégalités dues à l’exploitation économique).

Parce que la plus grande communauté des bouddhistes vivent en Chine, nullement persécutée, et que les Tibétains doivent le meilleur de leur bouddhisme lamaïque au Chinois Tsong-Kha-pa.

Parce qu’avant d’être convoitée par la Chine, le Tibet était sous domination anglaise, et qu’un impérialisme n’a fait qu’en chasser un autre (le Dalaï-lama ayant toujours été pro-anglo-saxon tandis que son alter-ego, le Panchen-lama, était pro-chinois).

Parce que si l’obscurantisme religieux du lamaïsme tibétain fait rêver les cons avides d’exotisme ici, ces mêmes cons ne verraient pas du tout du même œil une France soudain replongée dans le Moyen Age et le pouvoir des moines.

Parce que les Tibétains qu’on entend ici sont toujours les 80'000 nantis de la diaspora sponsorisée par les pires droites occidentales pour leur anti-communisme viscéral, et rarement les Tibétains qui vivent et travaillent au Tibet.

Parce qu’un Prix Nobel de la paix ne prouve rien, puisqu’on a pu en décerner un à Henry Kissinger.

Pour toutes ces raisons, et bien d’autres, que j’invite le lecteur à aller chercher lui-même en lisant simplement les différents articles consacrés au Tibet, au lamaïsme et au bouddhisme dans les diverses encyclopédies où la complexité du problème n’est pas occultée par sa médiatisation grossière – j’emmerde le Dalaï-lama et tous les bouddhistes de pacotille avec lui ! "

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Published by Julien B. - dans Chine - Asie
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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 01:13
s-gol-ne-royal-3-.jpgRépondant au livre de Lionel Jospin "L'impasse" dans lequel l'ancien premier ministre et candidat malheureux aux présidentielles de 2002 dénonce son illusionnisme, Ségolène Royal a déclaré :

"Je crois malheureusement qu'il y a – c'est peut-être inconscient – dans toutes ces attaques, du sexisme, je pense que cela s'apparente au racisme. Je me demande : pourquoi tant de violence, pourquoi tant de haine, presque ? Ce qui me vient à l'esprit, c'est cette parole de la Bible : 'Pardonnez-leur, parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font. Donc, je pardonne à tous ceux qui m'agressent, parce que d'abord je pense qu'ils me font moins de mal à moi qu'aux socialistes, qu'à toute la gauche. J'ai l'impression en lisant tous ces ouvrages que si j'étais Jeanne d'Arc, j'aurais déjà été brûlée vive."

Outre le manque flagrant de modestie de Madame Royal qui cite la Bible comme si elle était porteuse de la parole divine et qui se compare à la grande héroine de l'Histoire de France que fut Jeanne d'Arc, nous remarquons qu'elle sert le pseudo argument du "sexisme qui s'apparente au racisme" (encore les gentilles femmes victimes des méchants hommes).

De quoi parle exactement ce cher Jospin dans son livre pour se faire taxer de sexiste-raciste ? Enonce t-il au moins des grandes vérités qui suffisent aujourd'hui à être rangé dans cette catégorie, par exemple que tous les grands théoriciens politiques furent des hommes, que la politique s'est transformée en de la pure communication vidée d'idées depuis que les femmes l'ont investi massivement,......?

Pas du tout. Jospin, ancien trotskiste reconverti dans la pêche au bulot, se contente de dire des banalités que nous connaissons tous à savoir que Royal est certes charmante pour son age (lifting ? miracles de la chirurgie esthétique ?) mais c'est une personnalité qui n'a pas de qualités humaines ni de capacités politiques, c'est une figure seconde de la vie publique.

Quel rapport avec le "sexisme qui s'apparente au racisme" ? Aucun, à part si on considère que Madame Royal est représentative de toutes les femmes (c'est ce qu'elle semble considérer, modestie toujours) ce qui pour le coup serait relativement insultant pour l'immense majorité d'entre elles.

Ou alors c'est plus grave que je ne le pensais, peut-être que la féminisation de notre société a atteint un tel niveau que le seul fait d'oser formuler la moindre critique à l'encontre de ces êtres parfaits au-dessus de tout soupçon que sont les femmes suffit pour devenir un sexiste ?

Et dans la même logique, celui qui critiquera Rachida Dati sera à la fois sexiste et raciste anti-arabe, ou sexiste et raciste anti-noir pour celui qui aurait le malheur de s'opposer à Ramatoulaye Yade,.....Bref, un parfait cumulard qui devra répondre de ses déviances devant un tribunal avant d'être soigné dans un hopital psychiatrique.
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Published by Julien B. - dans Femmes - je vous aime
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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 11:14
medef.gifDepuis 1990, nous assistons à une généralisation du travail précaire avec une augmentation de 130% du travail intérim et de 60% des CDD. Insuffisant pour Sarkozy et les requins du MEDEF.








Le MEDEF propose en effet la "mise en place d'un CDI conclu pour la réalisation d'un objet précis", qui prendrait fin une fois l'objectif réalisé.

En langage clair, c'est un CDD sans les avantages du CDD. C'est a dire que la personne se fait "embaucher" mais si elle n'atteint pas les objectifs, elle se fait virer.
Alors qu'un CDD a une date de fin de contrat, un peu comme les intérimaires (on sait quand on commence et quand on termine).

Le patron pourra dire a cette personne en "CDI" qu'il faut qu'elle atteigne ses objectifs et le jour ou il n'a plus besoin d'elle (baisse d'activité, délocalisation en Roumanie,.....), il pourra lui dire "désolé tes objectifs ne sont pas atteint, au revoir", le tout sans avoir besoin de faire de plans sociaux ou de chomage économique et au nom de la loi du marché, de la competitivité des prix, de la hausse du pétrole, des contraintes reglementaire trop importantes, des charges patronales........bref toutes les excuses rabachées par les capitalistes pour faire toujours plus d'argent.

Avant qu'ils ne suppriment les dimanches, les jours fériés et les congés payés, il serait grand temps de faire comprendre aux arrogants capitalistes que sans les travailleurs qu'ils exploitent (par l'extraction de la plus-value), ils ne seraient rien d'autre que des pauvres misérables sans le sou (le travail étant seul créateur de richesses).

Il serait grand temps également de se débarasser de l'ennemi du peuple Sarkozy qui - en échange de belles vacances gratuites pour sa gueule - mène une politique en faveur de ses amis milliardaires qui n'ont qu'une seule Patrie : l'argent !


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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 12:44
20060408-123127-g.jpgExtraits d'un dossier "Biélorussie" publié le 29 mars 2006 dans la revue Bastille République Nations (http://lereseaubrn.free.fr/). C'est très long mais intéressant et je dirai même indispensable à lire pour mieux connaitre ce pays qui n'est certes pas particulièrement un modèle mais qui fait parti de ceux - avec le Vénézuela, la Bolivie, l'Iran,......et quelques autres - qui résistent au Nouvel Ordre Mondial.

Les dirigeants européens et américains ont condamné l’élection présidentielle qui s’est déroulée le 19 mars en Biélorussie. Depuis des années, ils tentent de faire advenir une «révolution post-communiste» mais savent que le président Loukachenko, réélu, garde aujourd’hui un soutien populaire majoritaire, manifeste chez les ouvriers et à la campagne. L’opposition, qui intéresse une partie de la jeunesse et de la classe moyenne, est composée de forces hétéroclites sur la base d’un programme minimal. La réalité du pays est bien plus complexe que les caricatures qui en ont été données.



BIELORUSSIE:
TROISIEME MANDAT POUR ALEXANDRE LOUKACHENKO


A l’issue de l’élection présidentielle biélorusse (1) du 19 mars, quelques milliers puis quelques centaines d’opposants se sont réunis pendant cinq jours consécutifs sur la place d’Octobre, à Minsk. Le samedi 25 mars, l’opposition faisait défiler entre 3 500 et 7 000 manifestants pour un baroud d’honneur, finalement dispersés par la police (avec une « retenue inhabituelle », s’étonne Le Monde). Ceux-ci entendaient contester les résultats officiels du scrutin: avec 83 % des suffrages (et un taux de participation de 90%) selon la commission électorale, le président biélorusse Alexandre Loukachenko entame un troisième mandat à la tête de son pays. Preuve de sa popularité, se réjouissent ses partisans. Preuve que l’élection a été largement truquée, rétorque l’opposition. Paradoxalement, il est possible que les deux affirmations soient vraies simultanément. On peut en effet douter de la totale vraisemblance du score affiché. Si le déroulement du vote proprement dit n’a pas été entaché d’irrégularités manifestes, la pratique du vote anticipé fournit notamment matière aux opposants pour contester la sincérité du scrutin. Cette procédure a permis à un tiers des électeurs (personnels de santé, certains fonctionnaires,…) de déposer leur bulletin avant le jour du scrutin proprement dit.
Cependant, d’après différentes estimations dont certaines émanent d’organismes dits indépendants (souvent hostiles au régime), le soutien au président se situerait dans une fourchette allant de 50 % à 65 % du corps électoral. Une évaluation qu’admettent certains analystes engagés au sein de l’opposition. A titre d’explication, ces derniers soulignent que l’administration présidentielle dispose d’un quasi-monopole sur l’information, et que toute voix discordante est implacablement censurée (à noter cependant que la chaîne européenne Euronews, accessible à tous, a par exemple diffusé les images des manifestations qui ont suivi le scrutin). La campagne officielle a permis à chacun des candidats – quatre au total – de disposer de deux fois une demi-heure chacun à la radio et à la télévision. Selon les partisans de l’opposition, cette fenêtre aurait créé un véritable événement du fait même de sa rareté, et aurait permis au principal candidat de l’opposition, Alexandre Milinkiévitch, de recueillir non les 6 % annoncés par la commission électorale, mais 30 % des suffrages. Une estimation difficilement vérifiable. Le premier quotidien du pays, Sovietskaia Belarus, a clairement soutenu la campagne du président sortant. Selon son rédacteur en chef, Pavel Iakoubovitch, la voie choisie par Alexandre Loukachenko, élu une première fois en 1994 puis réélu en 2001, répond au souhait de la majorité des citoyens. Il énumère ses avantages sur le plan social : chômage résiduel (3 % de la population active), santé gratuite, éducation de haut niveau, salaire mensuel moyen désormais à 210 euros contre 80 cinq ans auparavant, place égalitaire des femmes dans la société. Questionné sur les principales priorités du nouveau mandat du président, M. Iakoubovitch cite trois directions : « la lutte contre la bureaucratie », précisant que le pouvoir « est là pour le peuple, par pour lui-même »; la création des conditions d’une plus grande indépendance énergétique; enfin, la rénovation des structures agricoles. Pour sa part, dans un rapport de 2005, la Banque mondiale créditait le pouvoir d’avoir restauré l’économie postsoviétique délabrée (à la différence des autres pays de la CEI), et créé les conditions d’une croissance «réelle et robuste» dont les bénéfices «ont été largement répartis au sein de la population». Les statistiques officielles affichent un PIB en augmentation de 7 % en 2005 (11 % en 2004). Pour les partisans du pouvoir, il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de la popularité du président.

Electorats distincts

De fait, celui-ci semble jouir d’un soutien sur cette base au sein de l’électorat ouvrier en particulier, ainsi qu’à la campagne, où les conditions de vie restent pourtant très difficiles. L’opposition, quant à elle, paraît recruter principalement des sympathies au sein d’une classe moyenne aux contours d’ailleurs flous, et de la jeunesse notamment étudiante. Elle dénonce avant tout l’absence de libertés publiques et le climat de peur que fait régner un régime qui, selon elle, bafoue la démocratie, voire n’hésite pas à faire disparaître des personnalités politiques gênantes. Pendant la campagne électorale et à l’issue de celle-ci, plusieurs dizaines d’opposants ont été incarcérés. Certains ont écopé de trois à quinze jours de prison.
Pour justifier les menaces proférées avant le scrutin, le ministre de l’intérieur a excipé de complots terroristes déjoués ; quant au président lui-même, il a expliqué que certains opposants avaient été emprisonnés à leur propre demande, pour s’éviter le ridicule d’une défaite électorale. Autant d’«explications» qui ne brillent pas par leur vraisemblance. Le pouvoir s’estime-t-il si menacé qu’il doive recourir à de tels expédients? Ou bien, comme le suggère à demi mots un jeune militant très actif de l’opposition, n’est-ce pas une manière pour le président de soigner cyniquement son image d’«homme à poigne», image à laquelle une partie des citoyens n’est pas insensible? Il est de fait que la télévision publique avait largement montré, à travers force documentaires, la situation de chacune des anciennes Républiques soviétiques – Russie comprise! – sous un jour peu flatteur: chaos économique, désastres sociaux, explosion de la criminalité, violences… S’appuyant sur la réalité, de telles émissions ont eu, selon des responsables de l’opposition eux-mêmes, un grand impact sur l’électorat. Alors, la Biélorussie, havre de paix et d’une vie sinon confortable, du moins décente et protégée de la précarité?
Sergueï Kaliakine, porte-parole du candidat Milinkiévitch, est évidemment très loin de partager cette vue idyllique. Celui qui fut la cheville ouvrière de la campagne souligne d’emblée qu’à son sens, l’élection d’Alexandre Loukachenko n’est pas légitime, puisque la constitution promulguée en 1996 limitait à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs. Le référendum organisé en 2004 aux fins de lever cette interdiction aurait été «truqué». Aux dires de nombre d’opposants, c’est d’ailleurs la réaction face à ce «coup de force» qui a permis d’unifier l’opposition derrière M. Milinkiévitch, un physicien qui fut maire-adjoint de Grodno (Nord-ouest), respecté pour n’avoir pas trempé dans les querelles antérieures, mais surtout poulain de l’Union européenne. Le front d’opposition («Forces démocratiques unies», FDU) comprend un mouvement nationaliste (très visible dans les manifestations par le drapeau de la Biélorussie nationaliste), des sociaux-démocrates, des libéraux, et le parti des communistes de Biélorussie. Sergueï Kaliakine dirige du reste ce parti. Ce qui ne l’empêche pas de dénoncer le rôle insuffisant du capital privé («c’est le capital privé qui assure la survie du pays»), et de se satisfaire du soutien actif de l’UE «à toutes les forces démocratiques». Pour lui, le pouvoir «n’est pas capable d’assurer une vie normale pour chaque citoyen, dans un pays libre et indépendant». A noter qu’il existe par ailleurs un «parti communiste biélorusse», représenté au parlement, mais qui, lui, soutient le président. Longtemps membre du parti communiste de l’époque soviétique, ce dernier se veut désormais «au dessus des partis».

«La loi et Dieu»

Bien qu’en principe unifiée, l’opposition avait cependant un candidat dissident en la personne du social-démocrate Alexandre Kozouline, l’ancien recteur de l’Université d’Etat; celui-ci fut longtemps proche du président, mais il tomba en disgrâce quand il fut cité comme challenger possible par certains observateurs, et dès lors accusé de corruption, avant d’être discrètement innocenté… mais pas réhabilité. Enfin, le quatrième concurrent, Sergueï Gaïdoukévitch, ancien colonel, faisait figure, selon les partisans de M. Milinkiévitch, d’«opposition de sa majesté», justifiant la politique présidentielle, et plaidant simplement pour un peu plus d’initiative privée. Il représentait le parti libéral-démocrate, le mouvement frère de la formation de l’extrémiste de droite russe Vladimir Jirinowski. MM. Kozouline et Gaïdoukévitch ont été respectivement crédités de 2,3 % et 3,5 % des suffrages.
Au delà de la présente élection présidentielle, le FDU et son candidat Milinkiévitch ont-ils un avenir? Certainement, prédit un analyste, lui-même activement engagé dans l’opposition, qui mise sur une victoire dans cinq ans. Le même admet cependant que celle-ci n’a pas vraiment un programme précis, si ce n’est le plus petit dénominateur commun : instauration de «l’Etat de droit» et promotion de la «liberté économique». Mais il reconnaît dans la foulée que, si l’on mettait vraiment en œuvre cette dernière, les réformes nécessaires seraient «hyper-impopulaires», avec des licenciements massifs «dans les trois mois».

Pour sa part, Alexandre Loukachenko, répondant au lendemain du scrutin à une question sur d’éventuels mandats ultérieurs, n’a pas hésité à affirmer, au grand dam de ses adversaires : «je serai président aussi longtemps que le peuple biélorusse le voudra ». Ce à quoi Alexandre Milinkiévitch rétorquait, à l’issue du rassemblement du 25 mars : «Nous avons lancé le premier assaut contre la forteresse de ce régime. (…). La loi et Dieu sont avec nous (…). Nous n’allons pas attendre cinq ans pour lancer un nouvel assaut, nous le ferons bientôt».

(1) Officiellement, les premières autorités de la Biélorussie indépendante avaient adopté pour le pays le nom international de « République du Belarus », transcription littérale. Dans ce dossier, La Lettre de BRN continue cependant d’utiliser le terme de «Biélorussie » (conformément au choix d’employer toujours les transcriptions françaises quant elles existent ; ex : ‘Maëstricht’ ou ‘Londres’, et non ‘Maastricht’ ou ‘London’).

1991 : la surprise de l’indépendance

Jusqu’en 1991, la Biélorussie était l’une des Républiques qui composaient l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS). En décembre de cette année-là, les présidents russe (Boris Eltsine), ukrainien (Leonid Kravtchouk) et biélorusse (Stanislav Chouchkiévitch) signaient un accord parachevant l’éclatement de l’Union soviétique. Le nouveau pouvoir en place à Minsk se retrouve alors à la tête d’un Etat indépendant (membre de la fantomatique CEI), sans l’avoir réellement cherché. Un front nationaliste, né lors de la perestroïka, connaît quelques succès publics (il forme l’une des mouvances de l’opposition actuelle) ; il ne dépassera cependant pas 12% des suffrages. Il se réclame d’une République indépendante qui exista de manière éphémère entre 1918 et 1921, sans jamais parvenir à prendre le contrôle effectif du territoire. Dans l’histoire, la Biélorussie a successivement été
sous influence lituanienne et polonaise, puis russe à partir du XIX e siècle. Les liens culturels avec la Russie ont toujours été étroits. Du point de vue linguistique, le biélorusse est une langue proche du russe, mais qui s’en distingue par une parenté avec le polonais. A la faveur de l’indépendance, les autorités tentèrent d’imposer artificiellement le biélorusse comme langue officielle et obligatoire, alors qu’elle n’est vraiment connue que dans l’ouest du pays, en fait surtout dans les campagnes. Ce n’est que quelques années plus tard (suite à un référendum) qu’au côté du biélorusse, le russe reprendra droit de cité, alors même qu’il n’a jamais cessé d’être la langue véhiculaire pour toute la population.
Sur le plan économique, l’évolution « naturelle » du tout jeune Etat indépendant laisse libre cours au nouveau secteur privé – c’était alors en Russie l’ère de l’ultralibéralisme auquel sont notamment associés les noms d’Igor Gaïdar et d’Anatoli Tchoubaïs. La formation du capital privé s’accompagne d’un développement concomitant de la corruption à grande échelle, au point qu’en 1993, un député est chargé par le parlement d’un rapport sur ce sujet. Dès sa publication, le dit rapport fait le tour du pays, et son auteur, un ancien directeur de sovkhoze parfaitement inconnu nommé Alexandre Loukachenko, devient en quelques jours une des personnalités les plus en vue. Ce dernier, mettant à profit de réels talents pour parler «la langue du peuple» – ses détracteurs dénoncent avec dépit son «populisme» – remporte à la surprise générale l’élection présidentielle, dont le deuxième tour, le 10 juillet 1994, lui accorde 80% des suffrages; il bat ainsi à plate couture le favori, président sortant du parlement (lui-même largement mis en cause dans le rapport dénonçant la corruption) ainsi que le premier ministre.
Le nouveau président doit faire face à une situation sociale, fiscale et financière particulièrement dégradée. En outre, l’intégration économique qui prévalait au sein de l’Union soviétique devient un problème épineux dès lors que les liens institutionnels sont rompus, en particulier avec la Russie. En effet, à l’époque soviétique, la Biélorussie s’était vu accorder par Moscou de larges capacités industrielles, y compris d’équipements militaires ; celles-ci se sont retrouvées après l’éclatement de l’URSS alors en manque de clients et de fournisseurs.
Le pouvoir est donc confronté à un choix: faut-il emprunter la voie des pays d’Europe centrale et orientale vers l’adhésion à l’Union européenne et la «thérapie de choc» libérale qui lui est liée? Faut-il au contraire tenter une «réunification avec la Russie» ? Les adversaires du président rappellent que celui-ci a un temps été tenté par cette piste, avec l’espoir d’accéder à la tête d’un nouvel ensemble Russie – Biélorussie, à la faveur de la gabegie des années Eltsine. Quoiqu’il en soit, l’arrivée au Kremlin de Vladimir Poutine (janvier 2000) met fin à cette ambition, si tant est qu’elle ait jamais été réaliste. Alexandre Loukachenko se prévaut dès lors d’une «troisième voie», ni ralliement au modèle occidental, ni fusion avec la Russie, mais indépendance politique, adossée cependant à un partenariat économique étroit avec le grand voisin de l’Est. Et pour cause: le pays ne possède ni source d’énergie, ni matière première. Au terme de ce partenariat, Moscou fournit à la Biélorussie le gaz naturel à un prix cinq fois inférieur au cours mondial, le pétrole au tiers du prix mondial. Par ailleurs, le capital privé est officiellement invité à prendre sa part dans la marche de l’économie, mais de manière limitée, et pas pour les industries jugées stratégiques. Les grosses concentrations ouvrières restent également dans le giron de l’Etat, telles, près de Minsk, l’usine de tracteurs ou celle de camions de chantier. Leurs salariés (respectivement 12 000 et 15 000 environ) sont culturellement acquis au pouvoir en place, et disposent souvent d’une formation supérieure, en tout cas pour les plus jeunes d’entre eux.

Connivences décomplexées et ambitions dissimulées

La scène se passe au soir du mardi 21 mars, sur la place d’Octobre, au centre de Minsk. Quelques centaines de jeunes opposants continuent de contester l’élection du président biélorusse. Entourés d’une nuée de journalistes, cinq ambassadeurs de pays de l’UE font leur apparition, sous les vivats et les drapeaux européens que les manifestants n’omettent jamais de brandir. L’un des diplomates indique qu’il s’agit de
«vérifier si le droit constitutionnel de manifester est bien respecté». Un autre ironise sur la liberté de la presse biélorusse. La petite délégation est conduite par la chef de la diplomatie lettonne. Un pays expert en matière de droit de manifestation: cinq jours plutôt, la « journée du légionnaire » avait rassemblé à Riga plusieurs centaines de personnes rendant hommage aux anciens Waffen SS lettons. Son collègue italien, quant à lui, symbolisait certainement le légendaire respect que nourrit Silvio Berlusconi pour une presse écrite et audio-visuelle totalement indépendante. Mais c’est probablement le représentant de la France à qui il faut décerner la palme du sens de l’opportunité : sa présence visait probablement à suggérer au gouvernement de Minsk d’« entendre la rue ». Dans cette logique, on aurait pu suggérer à l’ambassadeur biélorusse à Paris de venir défiler pour soutenir les adversaires du CPE.
L’épisode n’est pas seulement grotesque, il est surtout sans précédent dans les annales diplomatiques. Il marque un pas gravissime dans le sens souhaité par les croisés de l’ingérence de tous chez tous – en réalité des puissants chez les petits. Est-il nécessaire d’être un inconditionnel du président biélorusse pour mesurer les extraordinaires dangers d’une telle escalade contre le principe de la souveraineté des Etats (principe sur lequel fut initialement fondé l’ONU) ?
Cette escalade n’est cependant pas surprenante. Elle s’inscrit dans la voie tracée par Condoleeza Rice qui, lors d’un sommet atlantique il y a quelques mois, en appela ouvertement au renversement du régime en place à Minsk. Le président Bush avait quant à lui pointé un doigt accusateur contre cet « avant-poste de la tyrannie ». Qui, dès lors, s’étonnerait que l’autre pôle de «l’axe du Bien» ne joue pas sa partition, avec, en inévitable premier violon, Javier Solana, Haut-Représentant de l’UE, téléphonant au candidat Milinkiévitch pour assurer les manifestants de son soutien? Depuis des mois, il est vrai, l’Union européenne apporte ouvertement un appui moral mais aussi matériel et financier à l’opposition (même s’il se trouve toujours quelques eurodéputés pour dénoncer l’«insuffisance» des sommes versées). L’un des ambassadeurs européens en goguette décernait d’ailleurs un satisfecit aux poulains de celle-ci : «l’opposition a fait un sans faute. Elle ne pouvait pas faire mieux dans les conditions où elle agissait». Réponse du berger à la bergère, formulée par son chef de file : «nous préparons, à la demande de Bruxelles, une liste de personnes liées de près ou de loin au régime pour les interdire d’entrée sur le territoire de l’Union européenne». La connivence est affichée sans complexe.
Pour sa part, le Conseil de l’Europe dénonce l’élimination physique de personnalités politiques dont le président biélorusse se serait rendu coupable lors de son précédent mandat. On peut déplorer de telles méthodes. Mais si cette indignation doit servir de base aux relations internationales, alors il faut logiquement appliquer des sanctions – pour ne prendre que ce seul exemple – aux principaux dirigeants américains : MM. Cheney et Rumsfeld n’ont-ils pas couvert les tortures de masse d’Abou Ghraib? Et le président Bush lui-même n’assume-t-il pas ouvertement la détention de centaines de prisonniers à Guantanamo, hors de tout cadre légal et de tout contrôle?
Parmi les griefs imputés à l’administration présidentielle figure en outre le trucage des élections. Il convient à ce propos de faire trois constats : tout d’abord, les accusations de fraude ont été formulées, de manière certaine et péremptoire, plusieurs semaines avant que le scrutin n’ait lieu; ensuite, certains «observateurs» de l’OSCE, réputés impartiaux, ont travaillé dans la collusion la plus étroite avec des représentants de l’opposition – on peut ici en apporter un témoignage direct et formel; enfin, et surtout, s’il est permis de douter qu’Alexandre Loukachenko ait effectivement obtenu les 83% que lui attribue la commission électorale, les chancelleries occidentales savent mieux que personne que ce dernier continue à jouir d’un soutien populaire majoritaire.
Dès lors, une évidence s’impose: si la sincérité de beaucoup des jeunes activistes de Minsk est bien réelle, les dirigeants de Washington à Bruxelles, et de Paris à Berlin, se cachent, eux, derrière les «droits de l’homme» pour viser des objectifs d’une toute autre nature. Du reste, s’ils avaient vraiment pour but de contribuer à une «démocratisation» et à une «ouverture» du pays, ils favoriseraient les contacts et les coopérations dans tous les domaines – scientifiques, culturels, commerciaux… Or ils font exactement l’inverse, à travers la recherche d’un isolement croissant de la Biélorussie.
Point n’est besoin de sortir d’une école de hautes études stratégiques pour comprendre les enjeux réels : il suffit de regarder une carte d’Europe. De la mer Blanche à la mer Noire, les voisins occidentaux de la Russie sont ou ont tous basculé dans le camp atlantique. Tous sauf un : la Biélorussie. Moscou entretient des relations étroites avec Minsk (même si elles ne sont pas toujours sans nuage), pour des raisons historiques, économiques et culturelles évidentes. Si, par hypothèse, étaient mis en cause les liens commerciaux, industriels, énergétiques mais aussi militaires entre les deux pays, alors les géo stratèges occidentaux pourraient se prévaloir d’une victoire majeure dans leurs ambitions naguère décrites par l’ancien conseiller du président Carter, Zbigniew Brzezinski. Comme l’explique doctement un expert de la fondation américaine Héritage, «Les militaires russes considèrent toujours l’OTAN comme un ennemi potentiel».
C’est vrai : on se demande bien où les Russes vont chercher tout cela!


«DESPOTISME», «TYRANNIE», «DICTATURE» : À L’INSTAR DE WASHINGTON ET BRUXELLES,
LES MÉDIAS DE L’OUEST NE FONT PAS DANS LA NUANCE POUR STIGMATISER
LA BIÉLORUSSIE

DES SPOTS OCCIDENTAUX
QUI LAISSENT DANS L’OMBRE CERTAINES REALITES


Réunies par leur jeune professeur de français, des étudiantes de l’institut linguistique (privé) de Minsk ont accepté de dialoguer à bâtons rompus. Moyennant quelque prudence, cependant : diffamer le pays auprès d’interlocuteurs étrangers est, depuis peu, passible de sanctions. Le rendez-vous, dans un bar salon de thé, n’est tout de même pas clandestin. Responsable qualité dans une société de logiciels, technicienne commerciale dans une entreprise d’importation de denrées agricoles, et étudiante en publicité et marketing : les trois jeunes femmes, âgées de 22 à 27 ans, doivent être assez représentatives de cette jeunesse qui peut former la future «classe moyenne » dont le pouvoir dit vouloir favoriser l’émergence. Elles précisent d’ailleurs que leurs opinions ne sont probablement pas représentatives de l’ensemble de la société, et notent que des ouvrier(e)s réagiraient probablement fort différemment. Occasion d’ailleurs de souligner ce qu’elles ressentent comme une injustice : ici, un chauffeur de poids lourd peut se voir proposer un emploi deux fois mieux payé qu’un jeune expert d’informatique qualifié.
Toutes regardent le rassemblement organisé le soir même (jour du scrutin) par l’opposition avec un mélange de sympathie et d’inquiétude. Elles soulignent le dynamisme des jeunes qui s’apprêtent à s’y rendre, qu’elles estiment fondés à réclamer plus de transparence et de démocratie. Et notent que ces manifestations seraient probablement plus fréquentées si le pouvoir ne faisaient pas planer de lourdes menaces de répression. Elles nuancent cependant le propos: «on n’est quand même pas dans un état de guerre ou de terreur». Et soulignent un clivage de génération: pour elles, les retraités soutiennent massivement et sans réserve le président. Mais leur véritable préoccupation est ailleurs. Selon une conviction qui reviendra dans nombre d’entretiens, le pays souffrirait avant tout de la place insuffisante laissée au capital privé. Le «business» représente le symbole de l’efficacité, par rapport au secteur dominé par l’Etat, incapable, selon elles, de produire la qualité adaptée aux besoins intérieurs et à ceux de l’exportation.
Cette critique économique se double d’une insatisfaction sociale. Le gouvernement assure certes un emploi à ceux qui sortent du système éducatif (avec une obligation de service pendant deux ans, sauf à rembourser les frais de formation). Mais, tempèrent nos interlocutrices, pas nécessairement dans la branche et au niveau de qualification attendu. Une situation d’autant plus mal vécue que, si les universités d’Etat délivrent des diplômes reconnus et de haut niveau, la sélection dans certaines filières est rude. De leur côté, les instituts privés sont moins cotés au regard des employeurs, à tort, selon elles. Les difficultés d’intégration professionnelle des étudiants hautement diplômés se doublent par ailleurs d’une frustration issue du strict encadrement des échanges commerciaux et financiers avec l’étranger. Tout produit importé est taxé à hauteur de 30 %, sauf de Russie, avec qui existe un accord de libre-échange. Sans nostalgie aucune par rapport à l’époque soviétique (qu’elles ont évidemment peu connue), toutes regrettent cependant la facilité notamment financière avec laquelle un citoyen de l’URSS pouvait alors voyager de l’Ouzbékistan à la Lettonie ou à l’Arménie. Plus grave, la génération précédente, du moins la partie de celle-ci qui exerçait des professions valorisées par la société soviétique, se sent aujourd’hui socialement déclassée, tels les parents de l’une des jeunes femmes, respectivement ingénieur et professeur.
L’attrait des pays de l’Ouest reste grand, même si ces derniers ne sont pas inaccessibles puisque l’une d’entre elle a travaillé brièvement aux Etats-Unis. Si le régime dissuade les jeunes (notamment les filles) d’émigrer à l’Ouest tout en ne refusant pas systématiquement cette possibilité, les obstacles sont d’abord du côté des pays d’accueil, dont les ambassades donnent (ou plutôt vendent) les visas au compte-goutte. Et comment les trois étudiantes en français voient-elles la France? «On doit avoir plus de possibilité de vivre heureux!». Mais le stéréotype a son revers, même évoqué avec le sourire : «les Français aiment bien les grèves, sans doute parce qu’ils n’aiment pas beaucoup travailler?». La fascination du capital privé et de son «efficacité » a sa logique…

PME privées


Selon les estimations et les critères retenus, le capital privé représente de quelques pour cents à un cinquième de l’économie, à travers quelques milliers d’entreprises totalement privées, ou à capitaux mixtes. Certains précisent cependant qu’il fournit la moitié de la recette fiscale – une statistique non officielle. Fondateur et propriétaire de sa société d’importation d’appareillage électrique, le patron de celle-ci acceptera de répondre à nos questions. Et précisera tout d’abord qu’à l’image de la plupart des entreprises privées comparables, la sienne fut créée en 1993 (la moitié environ subsistent aujourd’hui), avec des capitaux entièrement empruntés, pour importer à peu près tous les types de produits, et les revendre sur le marché intérieur. Les marges étaient alors de 200 % à 500 %. Désormais spécialisée dans les câbles, les connecteurs et les ampoules, la société compte actuellement 160 employés – dont 90 % ont moins de 30 ans – pour un chiffre d’affaires de 18 millions de dollars. Elle embauche 10 à 15 personnes par an.
Le chef d’entreprise évoque ensuite son principal problème: l’intervention fréquente des inspecteurs d’Etat, qui peuvent exiger des baisses de prix, effectuer des contrôles tatillons sur les produits, faire connaître telle ou telle réglementation nouvelle et changeante. « Cela devient de plus en plus difficile », déplore-t-il, en regrettant en particulier la lourdeur de la fiscalité. Pas seulement directe : selon lui, les autorités publiques exigent sans fin une contribution pour tel festival populaire, pour la construction de tel palais des sports, pour l’aide au kolkhoze voisin : «si on ne paye pas pour des projets sociaux, on est l’ennemi!». Suit l’exemple, fréquemment cité, de Ford, intéressé par la construction d’une usine près de Minsk, mais finalement reparti, effrayé des demandes formulées par le gouvernement: la firme américaine s’était vu imposer une contribution à la construction de logements et d’équipements collectifs… Précisons que le gouvernement souhaite contrôler étroitement l’installation de sociétés étrangères.
Le salaire moyen dans l’entreprise est d’environ 330 euros, soit supérieur à la moyenne nationale, établie officiellement à 210 euros. L’échelle des rémunérations est fonction des grilles de qualification nationales. Mais, au sein de cette grosse PME, ce sont des femmes (40% de l’effectif total) qui occupent les postes à responsabilité, si bien que le salaire féminin est supérieur de 50% à celui des hommes. En revanche, si une femme part en congé de maternité, le chef d’entreprise ne lui garantit pas l’emploi à son retour. Jusqu’à présent, aucun litige à ce propos n’a été porté devant les tribunaux. Officiellement, l’horaire hebdomadaire est de 39 heures, mais, privé oblige, chacun est tenu de rester si le travail n’est pas terminé. A noter que l’âge de la retraite est, dans le pays, de 60 ans pour les hommes, et de 55 ans pour les femmes. Et que les salariés disposent au minimum de 21 jours ouvrés de congés payés. Par ailleurs, pour 10 euros de salaire effectivement payés à l’employé (sur lesquels l’impôt sur le revenu varie de 9% à 11%), seule l’entreprise verse des cotisations sociales, à hauteur de 4 euros. La protection sociale est gérée par l’Etat. Moyennant toutes ces conditions, les bénéfices dégagés par l’entreprise se sont élevés à plus de 410 000 euros en 2005, notamment reversés en dividende.

Hôpital n° 9

Changement de décor: l’hôpital public n° 9 de la capitale. Sans être luxueux, les locaux n’apparaissent ni vétustes, ni précaires. A côté du bâtiment principal, le centre de diagnostic va bientôt voisiner avec le futur centre de transplantation. Deux jeunes femmes médecins brossent un tableau nuancé des conditions de leur activité. La première, hématologue, souligne que la Biélorussie est en pointe dans sa discipline, une conséquence de la catastrophe de Tchernobyl. Le très grave accident nucléaire s’était certes déroulé en Ukraine, mais l’essentiel des conséquences radiologiques avait en réalité touché la partie sud du pays. Les moyens dont dispose le service sont donc suffisants, d’autant que des coopérations internationales, notamment avec la France, avaient été mises en place. Compte tenu de la gravité des affections traitées, l’ensemble des soins et médicaments est gratuit. La praticienne travaille 35 heures par semaine, auxquelles peuvent se rajouter trois ou quatre gardes mensuelles de douze heures, pour les médecins volontaires, qui peuvent ainsi arrondir une chiche rémunération.
Sa consœur du centre de diagnostic touche quant à elle, 250 euros (soit presque deux fois moins qu’un ouvrier, précise-t-elle), à condition toutefois d’examiner 12 patients par jour, soit quatre fois plus que la norme de base. Une bien modeste reconnaissance, d’autant qu’elle prépare une thèse qui fait d’elle l’un des docteurs les plus qualifiées du pays dans sa spécialité. Et, pour améliorer cette situation, le syndicat ne semble guère adapté, puisque son rôle se concentre plutôt dans la gestion des œuvres sociales (vacances, enfance,…). Passionnée par son travail, elle regrette qu’il soit parfois difficile de faire bouger les habitudes des autorités de l’hôpital en matière d’innovation et de recherche. Le délai d’accès, en principe gratuit, au centre d’examen, est tout de même d’un mois. A moins que le patient ne paye l’équivalent d’une douzaine d’euros – auquel cas la procédure est bien plus rapide. Ce supplément n’a rien à voir avec une consultation privée, puisque c’est l’hôpital qui l’encaisse, et l’utilise pour la modernisation des appareillages.
La médecine n’est naturellement pas le seul domaine scientifique où la Biélorussie n’ait pas à rougir. A l’époque soviétique, cette République tenait un rôle de premier plan dans la recherche au niveau de l’Union – par exemple dans le domaine de la physique des lasers, où elle occupait le podium mondial. Après l’indépendance, le champ d’activité et le réseau des chercheurs s’est considérablement restreint, le travail en commun engagé depuis des décennies ayant vu ses principales connections interrompues brutalement. Deuxième défi à relever : la reconversion des activités scientifiques militaires dans le domaine civil. Le programme de reconversion, entièrement financé par un organisme international, est coordonné, pour la Biélorussie, par un physicien de renom. Sans indulgence aucune pour feu l’URSS, ce dernier évoque cependant une époque où les scientifiques disposaient de moyens importants pour leur activité. Selon lui, la césure de 1991 a entraîné un véritable trou dans le recrutement de chercheurs. La pente commence à être remontée. Mais l’époque a changé : « la science n’est plus à la mode », soupire-t-il. A leur sortie de l’Université, la plupart des étudiants cherchent, selon lui, à gagner beaucoup d’argent tout de suite – et visent en conséquence des fonctions commerciales ou marketing. Ce ne sont pas les maigres traitements proposés aux jeunes chercheurs, précise-t-il, qui pourront massivement inverser cette tendance.

Musique et arts

Autre lieu, autre ambiance. Le jeune directeur de l’école de musique – lui même ancien élève de la maison – n’est pas peu fier de présenter son institution. Abritée par l’ancien collège des Jésuites construit au XVII e siècle, celle-ci a été fondée en 1935 par le gouvernement de la République soviétique biélorusse. Une filiation qui a traversé les secousses politiques en gardant intacte sa tradition et son excellence. L’institution, restée entièrement publique, continue de bénéficier d’importants moyens (près de 600 millions d’euros sont ainsi budgétés pour une prochaine rénovation). 420 élèves (55 % de filles) y sont accueillis pendant la durée de leur scolarité obligatoire (de 7 ans à 18 ans), et reçoivent tout à la fois la formation générale et une formation musicale approfondie. Le cursus est entièrement gratuit, exception faite des «classes préparatoires» (élèves de 5 et 6 ans), pour lesquels les parents doivent débourser 25 euros mensuels. Pour entrer dans cette école, il faut passer non pas un examen, mais des tests à travers lesquels les enseignants tentent de repérer les futurs talents. Le taux d’encadrement pédagogique (135 professeurs au total) permet d’assurer des cours collectifs mais également un suivi individuel à chaque élève. A l’issue de leur cursus, les jeunes ainsi formés se dirigent vers le conservatoire national, ou bien vers les conservatoires étrangers. Ce «niveau international» est l’atout sur lequel compte le directeur pour multiplier les contacts et organiser des tournées dans les pays d’Europe occidentale. Encore faut-il pouvoir les autofinancer…
Multiplier les coopérations interculturelles, notamment avec la France, c’est aussi la préoccupation du recteur de l’«Institut des connaissances nouvelles», un intitulé difficile à traduire sous lequel se retrouvent un ensemble de trois facultés: beaux-arts, gestion et finances, et pédagogie appliquée. Mais ici, un détail change tout: l’institut est entièrement privé, et ne reçoit donc aucun fonds de l’Etat. Conséquence logique: ce sont les étudiants eux-mêmes, ou leur famille, qui assument la totalité des frais de scolarité : de 80 à 100 euros par mois. Un montant non négligeable pour le pays. Fondé en 1991 par un scientifique de renom aujourd’hui décédé, l’institution n’est pas pour autant la pestiférée des pouvoirs publics, même si ceux-ci ne manquent pas de soumettre l’établissement à la TVA. Le recteur a en tout cas un faible pour la faculté des beaux-arts, et n’omet pas de préciser que plus d’un festival à l’étranger couronne de nombreux lauréats issus de l’un des cursus – design, musique, danse, mais aussi haute couture. Les étudiants de cette dernière filière effectuent fréquemment des stages à Milan à Berlin, à Paris… Souhaitant que son institution contribue au renom international des sciences et de la culture de la Biélorussie, le recteur est cependant obligé de constater que les pays européens ont fortement ralenti les contacts depuis peu. On peut sans grand risque deviner dans cette évolution une volonté politique tendant à isoler le pays. En témoigne ainsi le gel brutal des relations engagées avec les interlocuteurs publics de Brême (RFA). «La chose la plus bête que les Occidentaux pouvaient faire», maugrée l’universitaire.

Minsk, perspectives urbaines et concurrences divines

Ne cherchez pas le vieux Minsk. La capitale de la Biélorussie (deux millions d’habitants aujourd’hui pour une population totale de dix millions dans le pays) a été quasi-entièrement détruite lors de la seconde guerre mondiale. En première ligne face à l’avance nazie, la République alors soviétique avait payé un prix terrible, puisque le quart de sa population a succombé. Tout récemment cependant, un quartier a été reconstruit tel qu’il était au dix-huitième siècle. Les façades colorées fleurent encore le neuf. Pour le reste, la ville est organisée en très larges avenues (« perspectives »), aux côtés desquelles les Champs-Élysées paraîtraient presque une étroite ruelle. D’imposants immeubles gardent intacte une physionomie urbaine marquée par l’architecture soviétique des années 50. Il s’agit moins de bureaux que d’habitations, pas spécialement plus chères que dans les faubourgs excentrés. Mais les hautes façades peuvent aussi abriter des usines, dont certaines sont situées en plein centre-ville : fabriques d’électroménager, de montres, de centraux téléphoniques… Qu’on ne s’y trompe pas, pourtant : les stigmates les plus malheureux de la « modernité » se sont coulés insensiblement dans le décor, des téléphones portables dont la fréquence n’à rien à envier aux capitales occidentales, jusqu’à l’inévitable MacDo, qui a investi l’angle des deux principales artères du centre.
Comme pour hâter l’arrivée du printemps, une foule nombreuse semble vouloir défier un thermomètre obstinément bloqué au dessous du zéro. Vers la fin de la journée et jusqu’à tard dans la soirée, on est frappé par le nombre de jeunes, de jeunes femmes en particulier. Celles-ci n’hésitent pas à arborer fréquemment d’étonnantes minijupes, un choix vestimentaire téméraire eu égard aux conditions météorologiques, mais pertinent pour qui n’est pas insensible au charme slave. Peut-être faut-il y voir l’effet d’une curieuse donnée démographique : il y a dans le pays – dit-on – 40 % d’hommes pour 60 % de femmes. Ces dernières seraient-elles inconsciemment amenées à se plier à la rude loi de la concurrence? La mode, en tout cas, n’apparaît pas ici comme l’inaccessible apanage des lointaines capitales occidentales. Bref, le visiteur qui débarquerait à Minsk avec pour seul viatique l’ancestral «Tintin chez les Soviets» n’est pas au bout de ses surprises. Et s’il pensait devoir frayer son chemin entre d’omniprésents policiers ou militaires patibulaires, il en sera pour ses frais. Le lendemain du scrutin, on peut par exemple croiser dans le métro ou sur les trottoirs des jeunes arborant le badge de l’opposition à l’effigie du bison, sans lire dans le regard des passants de marques d’admiration ou d’effroi particulières.
Il serait cependant injuste d’affirmer que rien ne déroute le visiteur étranger. A titre d’exemple, celui-ci découvrira des grandes surfaces alimentaires de centre-ville ouvertes jusqu’à 23 heures – dimanche compris. Les étals y sont parfaitement achalandés. Pour le porteur d’euros (même bien sagement convertis au cours officiel), les prix en roubles biélorusses sont plus qu’avantageux. Pour les habitants en revanche, le coût de la vie est un souci fréquemment entendu. Mais nombre d’entre eux, notamment dans les anciennes générations, compensent cette difficulté par la possession d’une «datcha» à la campagne, habitude héritée de l’époque soviétique. Il s’agit le plus souvent d’une baraque plus que modeste, mais dotée d’un jardinet fournissant fruits et légumes – de qualité «maison» – pendant plusieurs mois de l’année. Mais le «système D» ne se limite pas à cet aspect bucolique et légal de la réalité. Il existe une «économie grise», notamment dans les services, au sein de laquelle il n’est pas rare de payer en dollars. L’ampleur de ce secteur est évidemment difficile à évaluer.
Pour autant, la concurrence libre et non faussée chère à Bruxelles n’a pas encore conquis le monopole des esprits. Ainsi, la très charmante hôtesse de l’exploitant de téléphonie mobile Velcome enverra immédiatement le client vers la firme concurrente au motif que cette dernière propose une formule plus avantageuse… Autre entorse à la concurrence : le jour du scrutin, les locaux attenant aux bureaux de vote proposent boissons, fruits, beignets et autres nourritures – il s’agit, là encore, d’une survivance soviétique.
De manière moins anecdotique, peut-on avoir une idée de la pratique religieuse, dans ce pays réputé très peu bigot, contrairement à la Pologne voisine ? Une question qui n’est pas anodine, quand on découvre le petit local de l’opposition: très à l’étroit face à l’afflux de journalistes lors d’une conférence de presse du candidat Milinkiévitch, les militants présents, sous un grand drapeau européen, vendent tout à la fois les badges des «Forces démocratiques unies»… et des crucifix miniatures qui partent comme des petits pains bénis. Dès lors, une visite à la cathédrale orthodoxe s’impose. L’office dominical est fréquenté par une foule compacte de fidèles, qui font montre d’une ferveur étonnante. Hasard: on y croise le candidat Alexandre Milinkiévitch qui en sort tout juste, et dont la présence est protégée par quelques militants qui se tiennent à distance. La curiosité pousse à le suivre des yeux. Surprise: il se dirige vers la cathédrale catholique, sise à quelques centaines de mètres. Vérification faite, il enchaîne bel et bien sur l’office concurrent. Œcuménisme électoral (au demeurant fort discret)? Hésitation sur le culte le plus efficace pour les meilleurs résultats le soir même ?
Dieu seul le sait.

Belarus: l’UE se fait le relais de la stratégie états-unienne


Le 15 février dernier, le Parlement européen débattait à Strasbourg de la situation en Biélorussie dans la perspective de l’élection présidentielle du 19 mars. Le débat consista en une longue litanie d’interventions sur le viol des droits de l’homme imputé au Président Loukachenko; et en la mise en doute de la validité du scrutin, avant même qu’il ait eu lieu. Nombre d’orateurs ne cachaient pas leur espoir qu’un scénario «à l’ukrainienne» ramènerait ce pays dans l’influence occidentale, à l’instar de presque tous les pays limitrophes de la Russie. Intervenant à contre-courant, l’eurodéputé (ID) Paul-Marie Coûteaux (*), a fait entendre une approche géopolitique, sur la base de la nécessaire souveraineté de chaque pays. Nous reproduisons ici des extraits de ce texte (non intégralement prononcé à la tribune, compte tenu du temps de parole), qui fait notamment référence à son expérience d’«observateur» lors d’un précédent scrutin.
« (…) Il est un peu facile de reprocher à un pays souverain de ne pas correspondre en tous points à des critères unilatéralement proclamés pour reconnaître tel ou tel gouvernement, selon que sa politique plait ou pas. L’abandon de la règle (longtemps inspirée par la conception française) de la souveraineté des nations, selon laquelle ce sont les Etats qui se reconnaissent entre eux et non les gouvernements, laisse évidemment place à ce genre de manipulations… Le cas biélorusse est à ce titre exemplaire.
Après l’effondrement de l’empire soviétique, la Biélorussie a été livrée à quelques bandes de prédateurs dont la seule légitimité était de servir les intérêts de telle ou telle multinationale, au point qu’on vit des ministres vendre des biens publics, pour ainsi dire par appartements, souvent d’ailleurs à des sociétés européennes. Sous le couvert de « libéralisation » des responsables gouvernementaux négocièrent la vente de services publics dont ils avaient la charge, réseaux d’électricité, chemins de fer, etc. Cela s’appelait «démocratisation». Parallèlement, ce pays était instrumentalisé par quelques puissances ‘occidentales’, trop heureuses d’utiliser les bases militaires qu’il offrait pour menacer d’aussi près qu’il se pouvait la grande nation soeur, la Russie.
Il se trouve que lors des précédentes élections générales, je fis partie d’une délégation que le parlement européen envoya à Minsk pour s’incorporer à la mission d’observation électorale dépêchée par l’Organisation de Sécurité et de Coopération en Europe (OSCE), mission présidée par un ambassadeur allemand. Eloquente expérience! Arrivés à Minsk le vendredi soir précédant le scrutin, je trouvai dans ma chambre d’hôtel un dossier préparé par l’OSCE, dont la pièce maîtresse était un «projet de communiqué» destiné à être discuté le lendemain samedi et diffusé le dimanche soir dès la proclamation des résultats. Or ce projet, avant même toute observation, déniait le caractère pluraliste de la consultation et la jugeait irrégulière ! Je protestai dès le samedi : à quoi bon « observer » si la conclusion était déjà prête ? Je passai le lendemain à visiter, en compagnie d’un de mes collègues italiens, plusieurs bureaux de vote dans une région rurale proche de Minsk. Dans chacun des cinq bureaux, nous constations que les panneaux électoraux et les bulletins respectaient une assez grande égalité entre les listes en présence ; partout des représentants des listes concurrentes, des isoloirs, etc. La participation semblait faible, certes, mais quant aux apparences au moins, il y avait une impression de démocratie naissante. Le soir, en réunion d’observateurs (dont tous les débats se tenaient en anglais…), mes protestations, solitaires hélas, ne servirent à rien, le communiqué préparé à l’avance n’étant que fort peu retouché. Ce n’est que le lendemain, lors de la conférence de presse dite finale, organisée par l’OSCE, que mes protestations publiques contre la partialité des dirigeants de la mission trouvèrent quelque écho, relayées par une association américano – britannique d’observateurs indépendants, la presse locale ainsi que les correspondants russes. Les remous furent tels que la conférence de presse tourna court.
Si l’on nous demande aujourd’hui de condamner les autorités de Minsk, ce n’est pas pour le bien du peuple biélorusse, mais tout simplement pour que nous servions de relais dans les brumes à une stratégie états-unienne qui vise à contenir la puissance russe dans des limites aussi étroites que possible, en la privant de ses alliances les plus naturelles, celles de l’histoire et celles de la géographie. C’est là faire oeuvre d’apprenti sorcier comme on le voit depuis un an en Ukraine, et ajouter une imposture supplémentaire à cette Europe dont l’équilibre fut toujours impossible sans la Russie et l’ensemble de ses alliés (…) ».

(*) Paul-Marie Coûteaux dirige par ailleurs
le mensuel L’Indépendance
(288 Bd Saint-Germain, 75007 Paris)

Pierre Lévy
rédacteur en chef de «La Lettre de Bastille République Nations»
Dossier spécial Belarus dans le journal N° 20, le 29.03.2006


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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 16:58
products-036745.jpg Tout juste deux ans après le passage de l'ouragan Katrina, les plaies de la ville engloutie à 80% sont encore béantes. Depuis le 29 août 2005, rien n'a changé, sauf la pauvreté et la criminalité, qui battent tous les records...













Deux types mal fagotés s'avancent dans une ruelle du 7th Ward, l'un des quartiers les moins sûrs de la ville. Une unité du CAT (Crime Abatement Team) patrouille en voiture banalisée. Le badge en pendentif et le gilet pare-balles qui gonfle leur tee-shirt distinguent les enquêteurs des gars du cru. Soudain, un homme prend ses jambes à son cou et file, le diable aux trousses. Les flics bondissent hors de la voiture. Trop tard. Dix minutes plus tard, quatre agents du CAT, des policiers en tenue et deux Hummer de l'armée encerclent le pâté de maisons où se terre le fugitif. Un inspecteur s'enfonce dans l'obscurité, pistolet au poing : «S'il surgit armé, je lui laisse une chance de se rendre, mais après, je lui fais sauter la cervelle !» La lune éclaire faiblement la scène. Impossible de localiser le fuyard dans ce dédale de jardins en friche.


Depuis Katrina, La Nouvelle-Orléans est classée ville la plus dangereuse des Etats-Unis : 107 meurtres en six mois, un taux record de vols à main armée, de cambriolages, de saisies d'armes illégales et de drogue. En réaction, le chef du NOPD a décidé de créer une escouade d'élite : le CAT. Les sergents Anderson et Bush ont eu carte blanche pour recruter 13 experts en narcotiques, tireurs hors pair et fins limiers. Leur mission : «cibler la drogue et les armes au coeur de tous les problèmes», selon le sergent Bush.


Katrina a anéanti la ville : la municipalité est à court d'argent faute de contribuables. En deux ans, la population de la ville a chuté de 450 000 habitants à 260 000. Un gouffre dans le budget municipal.


Ecoles publiques fermées, routes éventrées, égouts bouchés : La Nouvelle-Orléans meurt d'un lent pourrissement. Oubliée de tous, comme la plupart des personnes évacuées en août 2005. Aujourd'hui, 30 000 familles vivent encore dans des appartements loués par la FEMA et 13 000 autres dans des camps de caravanes. Pour revenir, elles comptent sur les indemnités de leur compagnie d'assurances et de «Road Home», le plan d'aide à la propriété privée. Mais pour les plus démunis, majoritairement des Afro-Américains, comme 68% de la population de La Nouvelle-Orléans, ce rêve est inaccessible. La montagne de papiers à fournir pour bénéficier de «Road Home» les empêche de postuler. Incapables d'entretenir leur propriété, ils sont désormais menacés d'expulsion par la ville. Plutôt que de tout perdre, beaucoup préfèrent céder leur bien pour une poignée de dollars aux promoteurs immobiliers qui sillonnent les quartiers noirs. Les rumeurs les plus folles courent de rue en rue, sans qu'on puisse les vérifier : on dit que Donald Trump envisagerait de construire un parc d'attractions dans le 7th Ward ou que le couple Brad Pitt-Angelina Jolie envisage de lancer un casino dans le 9th Ward...


«Dans le coin, personne n'a touché un cent, s'insurge le porte-parole de Common Ground Relief, une association qui tente de réhabiliter le no man's land qu'est devenu le 9th Ward. L'Amérique dépense des milliards en Irak et elle n'est pas capable de s'occuper de ses propres citoyens !»


Les compagnies d'assurances ont leur part de responsabilité. «Deux mois après Katrina, explique Sam, mère de cinq enfants, mon assureur a prétendu un retard de paiement pour me radier.» Les Gaten ont eu à peine plus de chance. Depuis janvier 2006, ils vivent dans une caravane FEMA de 25 mètres carrés avec leur fils obèse de 130 kilos. «Nous ne vivions pas dans une zone inondable. Nous n'avions pas à contracter cette police spécifique. Mais après Katrina, les assureurs ont révisé leurs critères : nous n'avons touché que 30% de la prime !»


Depuis deux ans, la famille Griffin vit au Village Renaissance, un camp de 650 caravanes plantées en rase campagne. Les journalistes n'y sont pas les bienvenus : la réalité fait honte à voir. «Nous sommes trop noirs et trop pauvres pour les habitants du coin. Ils nous traitent de réfugiés ! Ils ne veulent pas de nos enfants dans leurs écoles. Je n'ai pas choisi de vivre comme un prisonnier de guerre avec couvre-feu à 20 heures ! Nous avions une belle maison, une télé dans chaque pièce, une voiture. Tout a été englouti. Avec l'argent de "Road Home", nous repartirons de zéro. Nous avons vécu trop d'épreuves pour perdre espoir.»


La foi, c'est la seule richesse qui abonde à La Nouvelle-Orléans. Dans ce pays où la protection sociale n'existe pas, Dieu et ses nouveaux apôtres font des merveilles. Grand-mère Wricks, qui élève seule six de ses petits-enfants, doit son salut à la Trinity Christian Community. Avec les 3 millions de dollars du gouvernement fédéral, la communauté dirigée par Kevin Brown a pu racheter et réparer une dizaine de foyers. «Après avoir survécu à Katrina, on pensait que le plus dur était passé. Mais en fait, c'est maintenant. Deux ans après, les attentes sont énormes.»


Pour les Lewis, c'est le réseau de la paroisse de Castle Rock qui a fonctionné. Depuis une semaine, 15 étudiants remettent sur pied leur pavillon familial niché au coeur de Central City. Jeff Jensen, pasteur au Nebraska, connaît bien ce quartier et ses records de criminalité. Depuis quatorze ans, chaque été, il organise des activités pour les enfants des «projects», les cités HLM où seuls les policiers et les membres de l'église Castle Rock osent s'aventurer.


«Les enfants ne sortent de chez eux que lorsque la camionnette de l'église arrive[i], explique Jeanette Cobbins qui habite la cité Melpomène depuis trente ans. [i]Depuis Katrina, c'est l'enfer. Je dois nous sortir de là.» Il y a six mois, l'homme qui a tenté de violer sa fille de 15 ans a fini par lui tirer une balle dans la tête. Elle s'en est sortie. Un miracle. «Ce type est toujours dans la rue. Il sait où nous habitons et peut surgir à tout moment pour la liquider.»


Après le procès, le bureau du procureur a promis un relogement. Mais l'efficacité n'est pas ce qui caractérise le mieux le système judiciaire de la ville, comme en atteste l'étude menée par la Metropolitan Crime Commission de Raphaël Goyeneche. «Avant Katrina, 12% des personnes arrêtées pour meurtre étaient déférées devant la justice. Aujourd'hui, c'est pire. Même quand il y a des témoins, les dossiers sont rejetés et les témoins se font liquider. Les fractures sociales se sont encore creusées. Beaucoup se tournent vers le crime car ils n'ont pas d' alternative.»


Il y a six mois, le sous-sol de la maison de Maggie Carroll a été désossé. «Ils revendent les tuyaux en cuivre au poids. Jeff et moi avons coursé le type dans tout Broadmoor, arme à la ceinture. Je ne me serais jamais crue capable de faire un truc pareil et encore moins de m'acheter une arme. Mais quand nous sommes revenus, nous n'étions que quatre à habiter la rue. L'arme me rassurait.»


En deux ans, aucun commissariat n'a été reconstruit, pas plus que le laboratoire scientifique. 80% des unités de police travaillent dans des caravanes FEMA avec trop peu d'ordinateurs, sans toilettes ni femme de ménage. Des conditions d'autant plus difficiles qu'après l'ouragan, 500 policiers ont rendu leur badge. Acculée, la ville vient d'augmenter de 12,5% les salaires des nouvelles recrues. Mais les risques du métier sont dissuasifs : le nombre d'armes en circulation à La Nouvelle-Orléans a explosé.


D'après Mike Mayer, propriétaire de Jefferson's Gun Outlet, «les ventes d'armes ont progressé de 400% dans les dix mois qui ont suivi l'ouragan. Aujourd'hui encore, il se vend deux fois plus d'armes qu'avant.»


Aucun quartier n'est épargné. C'est en plein French Quarter, le quartier touristique, qu'Andrew s'est fait voler le pistolet qu'il gardait dans sa voiture. Ses deux enfants l'accompagnent à l'armurerie. «Malheureusement,la situation est telle qu'ils doivent se familiariser avec les armes...» En Louisiane, il suffit d'avoir un casier judiciaire vierge et un dossier psychiatrique sans faille pour pouvoir posséder une arme chez soi ou dans sa voiture.


Dans le 7th Ward, trois hommes traînent sur le perron d'une maison, en violation de la loi sur la propriété privée : contrôle d'identité. La routine. Mais l'un d'eux se rebiffe violemment. Que cache-t-il ? Une arme ? de la drogue ? La tension monte d'un cran. En un éclair, Derrick B. lui aplatit la face sur le capot. Leonard D. menotte les deux autres et appelle des renforts. Le garçon semble tout juste majeur. Il est fouillé. Les inspecteurs avaient vu juste : plusieurs grammes de crack. Derrick remonte en voiture, pousse le son de la radio. La musique adoucit les moeurs, dit-on.

Agnès Brunet-Gladieu
Article du Figaro (journal - souvent torchon - qu'on ne peut guère suspecter d'anti-américanisme) du 17/08/07
 
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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 02:07
chabal.jpgAprès le club du Stade "Français" qui a fait entrer le rugby hexagonal dans l'ère du sport business avec son président Max Guazzini (comme par hasard ami d'un autre anti-français, Sarkozy) adepte des pom pom girls, des catcheurs, des karaokés de Goldorak et autres vulgarités capitalistes pour "animer" les avant-matchs, la Coupe du Monde de rugby qui s'ouvre aujourd'hui devrait pouvoir enfoncer définitivement le clou.

Notons deja que c'est TF1 qui a obtenu les droits de retransmission pour cette Coupe du Monde, et que les propriétaires de cette chaine sont décidemment très malins car ils ont décidé de retransmettre la majorité des matchs sur Eurosport, chaine payante (qui leur appartient également). C'est ainsi que grace à la Coupe du Monde, le nombre d'abonnements à Eurosport va exploser. Ce qui ne serait pas arrivé si France Télévisions - qui est habituellement la chaine du rugby - avait diffusé l'ensemble des matchs que les passionnés du ballon ovale auraient pu suivre sur France 2 et France 3 sans débourser le moindre kopeck (ni même euro).

Outre le préjudice financier, il faut bien avouer qu'une diffusion sur TF1 (et Eurosport.....) fera perdre au change au niveau des commentaires. France Télévisions dispose en effet de journalistes et commentateurs spécialisés en rugby ce qui n'est pas le cas de TF1 qui n'a sous la main que des bonnes femmes (qui seraient plus utiles à la maison pour élever des enfants qu'à la télévision pour débiter des conneries) et des journalistes qui croyent que le chardon est le symbole du Pays de Galles (entendu ce midi sur TF1, inutile d'avoir de la culture rugbystique pour connaitre le symbole des gallois il suffit d'un peu de culture...........générale).

Et, cerise sur le gateau, pour le peu que j'en ai vu, TF1 passe bien la moitié du temps consacré au rugby à faire la promotion des produits dérivés (maillots, livres, gadgets attrape-poussière,.......). Bref une éternelle promotion de la marchandise pour inciter le bon peuple à participer à cette grande fête consumériste.

Je souhaite que l'équipe de France de rugby soit éliminée le plus rapidement possible -même si hélas les matchs de préparation laissent présager un beau parcours - pour plusieurs raisons :

-car une élimination rapide signifierait moins d'argent pour TF1 et pour le Groupe Lagardère

-car une élimination rapide empêcherait le nabot Sarko de faire de la récupération politique

-car une élimination rapide serait un cuisant échec pour Bernard Laporte, sarkozyste qui expliquait il y a quelques années ne pas comprendre la résistance palestienne face à l'occupation israelienne (il est normal qu'un éternel collabo ne comprenne rien à la résistance d'un peuple)

Pour ceux qui pourraient se dire que je suis un bien mauvais patriote, je répondrai que c'est pas la victoire de 15 individus dans un sport collectif qui va permettre de défendre la France, son peuple, ses valeurs, sa culture contre les maux que nous connaissons tous. Que du contraire.

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 01:51
20070514.FIG000000231-3521-1.jpgDe retour de vacances aux USA chez ses amis milliardaires, Sarkozy a rendu visite à ses amis du Medef à l'occasion de leur université d'été.

Trahissant ses promesses de 2004 - époque où il expliquait en tant que ministre de l'économie qu'il n'y aurait pas de privatisation d'EDF et de GDF- l'ultra-libéral mondialiste Sarkozy a annoncé la liquidation de l'héritage gaullo-communiste avec la privatisation de GDF par sa fusion avec Suez d'ici 2008.

Par cette décision (largement dictée par l'Union Européenne), l'ultra-libéral mondialiste Sarkozy casse le service public, casse l'indépendance énergétique de la France et assure une proche explosion du prix du gaz (comme partout où le gaz a été privatisé).

Pour rappel, c'est le ministre communiste et ouvrier Marcel Paul qui a fait voter la loi de nationalisation de l'électricité et du gaz le 8 avril 1946 créant Électricité de France (EDF) et Gaz de France (GDF) : un grand serviteur de l'Etat français - issu des classes populaires - à coté duquel les ministres sarkozystes bourgeois nés avec une cuillère d'argent dans la bouche font figure de nains ridicules et de traitres à la Nation.
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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 15:02
322083044.gifA quatre mois des élections législatives à la Douma (Parlement russe), les Nachi ("les nôtres"), mouvement de jeunesse téléguidé par le Kremlin, se sont illustrés en lançant un mot d'ordre contre le port du string, pourtant très prisé par la jeunesse moscovite. Décrit comme le symbole de la perversion occidentale, le string serait, aux dires des Nachi, une menace à la démographie chancelante du pays (142,4 millions d'habitants, contre 150 millions en 1991) car, générateur de maladies, il mettrait en péril la fertilité des femmes russes.


Le thème de la démographie a été au centre du séminaire champêtre des Nachi, qui s'est déroulé, comme chaque année, à la fin de juillet non loin du lac Seliguer, dans la région de Tver. Les 10 000 jeunes conviés à l'événement ont été sensibilisés au problème du déclin démographique russe - "le problème le plus grave", avait dit le président Vladimir Poutine en instaurant, en 2006, une "prime de maternité" de 250 000 roubles (7 350 euros) pour les femmes qui mettent au monde un deuxième enfant.

Une vingtaine de mariages ont été célébrés au camp d'été et les jeunes couples ont été encouragés à avoir au moins trois enfants. Selon des témoins, les invités de marque, les vice-premiers ministres Dmitri Medvedev et Sergueï Ivanov, arboraient, pour l'occasion, des maillots de corps comportant un slogan appelant les femmes à procréer. Dans ce contexte, le string a été désigné par les dirigeants du mouvement comme le symbole de la contre-révolution démographique. Lors d'une action de masse à valeur d'exemple, des centaines de jeunes ont troqué leurs minislips contre des culottes et des caleçons traditionnels.

La mauvaise réputation faite au string n'a pas été du goût d'un autre mouvement de jeunesse, Les Héritiers, une émanation du Parti démocratique russe qui fait campagne pour que la Russie rejoigne un jour l'Union européenne. Volant à son secours, les Héritiers ont organisé une action de protestation face au siège des Nachi au centre de Moscou, le 9 août, avec comme mot d'ordre "Chacun est libre de porter les dessous qu'il veut". Ils ont suspendu aux grilles du bâtiment culottes et caleçons. Barricadés à l'intérieur, les Nachi n'ont pas réagi.

De leur coté, les jeunes communistes ne participent pas activement aux débats sur le string mais semblent toujours considérer l'homosexualité comme une perversion bourgeoise : ils auraient déclaré pour répondre à une manifestation anticommuniste qu'il valait mieux être rouges que pédés (ce qui n'est pas nécessairement faux, à chacun de juger). Ils n'ont pas renié leurs idées contrairement aux "communistes" français qui participent aujourd'hui à la sinistre Gay Pride.

Quoi qu'il en soit, les Nachi ont raison de dénoncer le string comme un symbole de la décadence capitaliste occidentale (tout à fait personnellement je préfère encore le voile au string, plus raffiné et moins vulgaire) et de vouloir protéger certaines valeurs morales face au culte du sexe, de la violence et de l'omnipermissivité qui règne dans nos contrées.

Espérons simplement que la campagne législative russe ne sera pas marquée par de trop nombreuses attaques en dessous de la ceinture.
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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 16:50
chavez-copie-1.jpgLe projet de réforme constitutionnel lancé par le président vénézuelien Hugo Chávez le 15 août 2007 a déclenché une hystérie médiatique internationale sans précédent. Pendant plusieurs jours, la presse occidentale s’est concentrée de manière obsessionnelle sur cet évènement, somme toute banal.


La proposition prévoit de modifier 33 des 350 articles de la Constitution de 1999, mais les médias se sont uniquement focalisés sur un seul point : l’article 230 et l’abrogation de la limitation des mandats présidentiels actuellement fixés à deux. La presse française, entre autres, a immédiatement dénoncé la volonté de Chávez de « rester au pouvoir ». Elle a stigmatisé « la tentation du pouvoir total » du président vénézuelien qui voudrait « s’emparer de la place du leader intouchable ».

Il est à la fois curieux et ironique de voir la presse française s’offusquer de la possibilité de voir Hugo Chávez briguer un troisième mandat alors qu’en France le nombre de mandats présidentiels est constitutionnellement illimité. Ainsi, selon la Constitution française, le président Nicolas Sarkozy peut gouverner durant les trente prochaines années sans aucun problème s’il est réélu. Il en est de même pour des pays comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie ou le Portugal et la plupart des autres nations européennes. Cette réalité n’a jamais suscité la moindre critique de la part des médias occidentaux. Pourquoi ce qui est acceptable en Occident ne le serait pas pour les nations du Tiers-monde ? Les attaques à cet égard exhalent un relent colonialiste inadmissible et illustrent bien la volonté des transnationales de l’information de diaboliser à tout prix le gouvernement démocratique et populaire du président Chávez.

 

En effet, la réforme vénézuelienne, entièrement légale, ne sera pas adoptée par décret. Elle doit d’abord être largement débattue à travers le pays, ensuite approuvée par les 167 députés de l’Assemblée nationale et enfin soumise à un référendum populaire. Bref, le peuple aura le dernier mot. Aucune réforme ne saurait être plus démocratique. De plus, l’actuelle Constitution permet à l’opposition de participer au débat et de formuler des propositions concrètes. Mais les détracteurs d’Hugo Chávez n’en ont cure et se sont lancés dans une campagne de désinformation à l’échelle mondiale avec la complicité des médias occidentaux, de la Maison-Blanche et de l’Union européenne.

 

Les opposants ont en effet juré de bloquer la réforme constitutionnelle par tous les moyens, sous prétexte qu’elle constituerait une menace pour la démocratie. Le leader de l’opposition, Manuel Rosales, qui avait participé au coup d’Etat de 2002, a dénoncé un « coup d’Etat constitutionnel » et a annoncé qu’il s’opposerait au projet réformateur.

 

Hugo Chávez, quant à lui, a lancé un appel à la population afin de lutter contre la propagande des médias et de multiplier les débats à l’échelle locale et nationale autour de ce projet. Il a également mis en garde contre les tentatives de déstabilisation orchestrées par l’opposition, déjà responsable d’un sanglant coup d’Etat en avril 2002 et d’un désastreux sabotage pétrolier en décembre 2002. « Les conspirations ont déjà commencé. […] Je me suis réuni tard dans la nuit avec le ministre du Pouvoir populaire pour la Défense, des membres du haut commandement militaire, le commandant de l’Armée, de la Garde nationale, de la Marine pour évaluer la situation car les messages ont déjà commencé à circuler et à arriver dans les casernes. […] Derrière cela se trouve la main de la CIA », a accusé Chávez.

 

Il a enfin réitéré sa conviction que l’opposition serait « écrasée et pulvérisée » lors du prochain référendum consultatif sur le Projet de réforme constitutionnelle. Un nouveau triomphe de l’homme le plus populaire d’Amérique latine ne fait guère de doute, lui qui a remporté près douze victoires électorales consécutives depuis son élection en 1998. La réforme devrait être approuvée en novembre 2007 par l’Assemblée nationale après trois mois de discussions et de débats. Le référendum sera convoqué dans un délai de trente jours suivant l’approbation du projet.

 

Il est à noter également que les médias si prolixes à ce sujet ne se sont guère attardés sur le reste des réformes proposées. En plus de l’annulation de la limitation des mandats qui passeront de six à sept ans, il est prévu d’établir un « fond de stabilité sociale » qui garantit aux travailleurs « les droits fondamentaux tels que les retraites, les pensions, les congés prénataux et postnataux, et autre établis par la loi ». La durée quotidienne de travail sera limitée à six heures pour un total de 36 heures hebdomadaires. Il sera désormais interdit aux employeurs d’obliger leurs salariés à effectuer des heures supplémentaires. « L’exploitation des travailleurs » sera désormais prohibée.

 

De plus, l’autonomie de la Banque centrale sera supprimée afin de permettre d’allouer des subventions aux programmes sociaux. La réforme prévoit également la multiplication de conseils communaux qui joueront un rôle direct dans la prise de décision pour promouvoir une démocratie plus participative. De nouvelles formes de propriétés seront créées et prendront l’aspect de coopératives, sans pour autant éradiquer la propriété privée. Les terres non productives seront distribuées aux paysans. La réforme inscrit « l’interdiction expresse du latifundio » dans la Constitution ainsi que la prohibition de tout monopole. « L’Etat se réserve, pour des raisons de souveraineté, de développement et d’intérêt national l’activité de l’exploitation des hydrocarbures liquides, solides et gazeux ». Ainsi, il ne sera plus possible de privatiser les ressources naturelles de la nation. Toutes ces réformes progressistes ont été entièrement censurées par les médias.

 

« Cette ambition d’accumuler de l’argent et des biens de capital est l’une des causes de la perdition de l’être humain », a déclaré Chávez, qui a fait part de sa volonté d’édifier une société plus juste. Ainsi, depuis son accession au pouvoir, le président vénézuelien a été à l’origine de réformes sociales spectaculaires qui ont grandement amélioré le niveau de vie de la population. Après avoir repris le contrôle de l’entreprise nationale pétrolière PDVSA et nationalisé les secteurs pétrolier, électrique et de téléphonie, il a éradiqué l’analphabétisme en 2005, distribué trois millions d’hectares de terre aux paysans, universalisé l’accès à l’éducation et à la santé, opéré gratuitement près de 200 000 personnes atteintes de cataractes et autres maladies oculaires, construit en masse des logements pour les plus démunis, subventionné les produits alimentaires de base à hauteur de 40%, augmenté le salaire minimum qui est devenu le plus élevé d’Amérique latine (286 dollars par mois) et diminué la durée de travail hebdomadaire de 44 heures à 36 heures. Aucun gouvernement au monde n’a fait autant en si peu de temps.

 

Hugo Chávez a étendu son aide aux autres nations américaines. « Des travailleurs brésiliens ont retrouvé leurs emplois, des fermiers nicaraguayens reçoivent des crédits et des maires boliviens peuvent construire des centres de santé, et tout cela grâce au président Hugo Chávez », annonce Associated Press. Actuellement, le Venezuela offre un soutien financier direct au continent plus important que celui fourni par les Etats-Unis. Pour l’année 2007, Chávez a alloué pas moins de 8,8 milliards de dollars en dons, financements et aide énergétique contre seulement 3 milliards pour l’administration Bush. L’aide octroyée par le gouvernement bolivarien est sans précédent dans l’histoire de l’Amérique latine, si l’on excepte les missions humanitaires de Cuba. Même les citoyens étasuniens, délaissés par leur propre gouvernement, bénéficient également de la politique altruiste du Venezuela en recevant du combustible subventionné.

 

Dès lors, il n’est guère étonnant que le président vénézuelien soit devenu le leader le plus populaire à travers le monde. Prônant l’émancipation des populations constamment humiliées par un ordre économique insoutenable, Chávez a redonné espoir non seulement à son propre peuple, devenu un acteur incontournable de la vie du pays, mais également aux déshérités du reste de la planète qui voient en lui une source d’inspiration. Pour les maîtres du monde, Hugo Chávez est un dangereux exemple, un leader qui refuse leur tutelle et remet en cause leur hégémonie dévastatrice. Voilà pourquoi ils cherchent à le discréditer par tous les moyens avec la veule complicité des médias occidentaux qui, jetant la déontologie journaliste aux oubliettes, n’hésitent aucunement à manipuler la réalité et excellent dans le domaine de la désinformation.

 

Salim Lamrani

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 02:28
AFP-070831colombie-chavez-uribe-n.jpgLe président Chavez s'est rendu en Colombie pour tenter d'obtenir la libération des 500 guerilleros des FARC en échange des 45 otages détenus par la guerilla, dont l'ultra-médiatisée écologiste (qui en tant qu'écologiste doit se sentir dans son élément au coeur de la jungle) Ingrid Betancourt. Ceci permet de raviver l'espoir des familles des prisonniers ou otages tant il parait évident que l'action de l'ami Hugo sera beaucoup plus efficace que celle du falot Kouchner ou de l'amateur (pour reprendre le terme du respectable président iranien) Sarkozy.

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