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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 22:23

La polémique Gérin

 

     Ce vote, qui a déjà suscité l'article d'hier, a enclenché une polémique autour des propos d'André Gérin, survenus dans une conférence de presse, où il évoquait l'immigration comme "n'étant pas une chance pour la France", et reprenant la théorie selon laquelle l'immigration fait baisser les salaires. A Socialisme & Souveraineté, nous préférons rester prudents sur cette affirmation : ce n'est pas parce que le patronat espère faire baisser les salaires grâce à l'immigration que ce résultat est atteint pour autant, tant les salaires dépendent d'autres facteurs (disponibilité de la main d'oeuvre selon la filière, salaires offerts par des filières concurrentes, capacité de résistance et de pression des salariés...). De plus, il n'est pas exclu que les immigrés aient un effet positif sur la croissance, et génèrent des surplus de revenus pour le reste de la société. Mais quoi qu'il en soit, André Gérin a parfaitement le droit de considérer que l'immigration n'est pas un bienfait en soi. Car cette idée revient à dire que des pays à faible immigration seraient donc "handicapés" par rapport aux autres, voire moins "riches" puisque l'immigration serait une richesse. Cette idée n'est recevable ni sur les plans économiques, culturels ou humains. L'immigration est ou n'est pas, elle n'a pas à être louée pour elle-même.

 

     Mais surtout, à la fin de sa vidéo, André Gérin prend clairement position contre l'euro. Voilà qui change de Mélenchon ou de Khalfa.

 

 

 

 

Une analyse du résultat du vote du PCF

 

     Au PCF, il faut être à jour de ses cotisations pour pouvoir voter. Chaque vote interne est une occasion de compter ceux qui concrétisent leur engagement par un versement, si minime soit-il (enfin en théorie, le vote censitaire n'existerait pas dans le parti).

Les résultats sont éloquents :

           - en 2006, avant le 33ème congrès, les cotisants étaient 100 000;

           - en 2008, avant le 34ème congrès, ils étaient 78 000;

           - en 2011, ils sont 69 000.

 

     Le parti se dirige vers un rôle de PRG bis, à moins qu'il espère réellement un renouveau militant. D'ailleurs, le nombre de votants (48 000) ne baisse pas (44 000 en 2006, 36 000 en 2008). Il semble plutôt que plusieurs dizaines de milliers de cotisants se lassent, et que le parti se referme sur moins de 50 000 personnes qui suivent encore l'actualité du Front de Gauche, et dont environ 60% ont choisi Méluche (ça lui fait déjà 30 000 voix pour 2012...). Le blogueur Descartes, qui visiblement a eu une expérience concrète du PCF, en donne une analyse plus détaillée.

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 13:03

 

Suite au vote des militants PCF de Jeudi à Dimanche dernier, Jean-Luc Mélenchon a été intronisé comme candidat du Front aux présidentielles de 2012. Confirmant ainsi la "stratégie" du Front de Gauche (regroupant PCF, PG et Gauche Unitaire, plus d'autres mouvements moins connus). Pendant ce temps, le NPA tente de gérer l'après-Besancenot, désignant pour 2012 le camarade Poutou (Poutou qui, vu les sondages, semble surtout promis à une mandale - bon ok je sors ).

 

Et voilà le tonitruant Mélenchon qui va affronter l'Union Européenne...enfin non: la dérive libérale de l'Union Européenne. Et qui somme (mais qui ça?) de laisser "Place au Peuple" (c'est-à-dire les 7% à 10% de votants qui pourraient, on a bien dit pourraient, le choisir en Avril prochain).

  

Mélenchon, petit pépère du peuple.  

Mais qu'il s'en aille, lui aussi... 

 

Juste quelques rappels sur l’orientation européenne du Front de Gauche :

 

http://www.frontdegauche.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=227:politique-budgetaire-les-derives-liberales-de-leurope-vont-loin&catid=100:argumentaires&Itemid=121

 

En clair, le Front de Gauche, dans ce document datant de 2009, appelait, pour sortir de la crise, à creuser massivement les déficits, au nom de la « politique de relance » – plus de dépenses publiques, autant ou moins d’impôts – si chère aux keynésiens (en oubliant que Keynes lui-même demandait aux gouvernements de réaliser des excédents en cas de croissance, volet qu’oublient toujours la gauche qui se réclame de lui).

 

Les quelques paragraphes d’introduction ressassent le schéma théorique : « le relance crée un déficit, mais relance l’activité et permettra des recettes fiscales futures qui combleront les déficits ».

 

En tant que socialistes, nous pensons comme le Front de Gauche qu’il n’y a pas de raison de penser que les dépenses de personnel et de fonctionnement du secteur public soient nécessairement improductives (et elles sont au contraire généralement bénéfiques pour la société, plus que nombre d’activités privées). Mais d’une part, les auteurs de l’argumentaire du Front de Gauche semblent croire que toutes les dépenses publiques passent dans les « services publics » alors qu’elles financent en majorité des prestations sociales (assurance-maladie, retraites, famille, invalidité, chômage).

 

Et surtout, ces keynésiens oublient que, sur le fond, les plans de relance ne font que déplacer du pouvoir d’achat, pas en créer. Pour financer les déficits occasionnés par les plans de relance, il faut soit :

 

-      Créer de la monnaie (et encore, si on avait ce droit…mais le Front de Gauche raisonne probablement au niveau européen, comme nous le reverrons par la suite). Dans ce cas, l’inflation générée par cette création monétaire va réduire une partie des revenus et des patrimoine, tandis que ceux qui bénéficieront des dépenses de l’Etat seraient gagnants. Mais rien ne prouve que la société dans son ensemble y gagnerait. Au contraire, un effet connu est la montée de l’épargne des particuliers, voulant protéger leur patrimoine miné par l’inflation ;

 

-      Soit, et c’est aujourd’hui beaucoup plus courant, financer le déficit par l’emprunt. Si on emprunte auprès des habitants du pays (la France, ou l’Europe selon le niveau où on raisonne), on ne fait en réalité que déplacer du financement du secteur privé (ou du moins non-étatique) vers le secteur étatique (ou du moins de ceux qui reçoivent ses largesses). C’est ce que l’on appelle l’effet d’éviction. Le document du Front de Gauche le mentionne parmi les arguments des libéraux, mais se plante complètement : l’argument de l’effet d’éviction ne revient pas à dire que le secteur public est forcément improductif et que le secteur privé forcément plus efficace, mais que la relance financée par l’emprunt n’aura pas créé de pouvoir d’achat supplémentaire. Et le fameux « coefficient multiplicateur » (on paie plus les fonctionnaires, qui achètent plus aux entreprises, qui paient plus leurs salariés…) aurait pu aussi bien jouer si l’argent était resté dans le secteur non-étatique.

 

-      On peut aussi faire appel à l’emprunt étranger, mais dans ce cas on s’impute une charge de remboursement future, et il n’est absolument pas sûr que le pays se soit enrichi entre temps.

 

Voilà pourquoi, contrairement au Front de Gauche, Socialisme & Souveraineté ne réclame pas des plans de relance. Voyons les faits : les plans de 1975 (Chirac) et 1982 (Mauroy) ont généré de petites sautes de croissance à court terme, puis ont lamentablement échoué. Le déficit massif de 1993 n’est pas responsable de la croissance forte des années 1997-2000, largement soutenue par un contexte international dynamique. Il ne s’agit nullement de cracher sur l’action et l’investissement publics, qui peuvent faciliter l'activité économique par la formation et les infrastructures. Mais cela peut se faire dans le cadre de comptes équilibrés. Les plans de relance, d’une part, ce n’est pas du socialisme (ce n’est le plus souvent que de la redistribution des revenus dans le cadre d’une économie de propriété majoritairement privée), et ça ne marche pas. Et il suffit de voire que depuis 2009, les états européens ont accru leurs déficits et leurs dépenses, sans tirer le continent de la dépression.

 

Notre politique, c'est d'accepter dans un premier temps le redressement de nos comptes publics, et ensuite non pas de "relancer" la machine capitaliste, mais de trouver un autre modèle. 

 

Mais le pire, c’est que ces plans de relance ne peuvent qu’être conçus à l’échelle de l’Union Européenne. A aucun moment, le Front de Gauche ne parle de sortir de l’euro (contrairement au camarade André Gérin), encore moins de l’Union Européenne. On peut lire encore cette défense de l’édifice européiste par Pierre Khalfa, membre d’ATTAC, proche des vues du Front de Gauche : la croyance en « l’autre Europe » suivra certains jusqu’à la tombe. Le FdG parle encore de réorienter la Banque Centrale Européenne, martèle toujours son opposition aux plans d’austérité, considérés fallacieusement comme synonyme de baisse des dépenses (alors que dans tous les plans d’austérité en route en Europe, il y a des hausses d’impôts inclues, et qu'en fait les dépenses publiques ont de toute façon déjà bien progressé).

 

C’est donc vers le grand « plan de relance européen », promis certainement au même insuccès que les politiques de déficits massifs de l’Etat américain depuis 2008, que le Front de Gauche veut nous emmener.

 

En bref, toujours moins de souveraineté, plus de fédéralisme, plus de dettes...

 

Vous vouliez voyager en Grèce, mais vous n'aviez pas l'argent?

Et bien ne vous inquiétez pas, avec Mélenchon, vous n'aurez pas plus d'argent, mais ce sera la Grèce qui viendra à vous. Du moins sa faillite.

 

Amis FrontDeGauchistes (le terme frontiste est déjà pris),

 

 

Bonne lose.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 23:46

La Grèce n’est toujours pas sortie de l’euro malgré les rumeurs d'il y a deux semaines, mais les évènements s’accélèrent, notamment avec l’obtention d’un référendum sur la politique d’austérité, et la démission d’un député, et plus récemment le vote de confiance des parlementaires au gouvernement.

Nous proposons aujourd’hui quelques éléments de rappels sur l’économie et la politique grecques au cours des dernières années, à prendre en compte pour savoir où en sont les grecs.

Faisons d'abord l'arrière-plan politique: depuis la chute du régime des colonels (1967-1974), la Grèce a été dirigée tantôt par la droite (parti de la Nouvelle Démocratie), et par le mouvement socialiste panhellenique (PASOK), de 1981 à 1989 puis de 1993 à 2004, et à nouveau à partir de 2009. C'est donc actuellement un gouvernement social-démocrate qui tente de gérer l'effroyable situation économique du pays.

Effroyable est le mot, et il suffit d'en juger par les graphes qui suivent.

 

  

Sur le premier graphique, on voit que la Grèce avait connu de belles performances en termes de croissance du PIB, en comparaison de la zone euro, jusqu'en 2007. Ensuite, la dégringolade a été pire que que pour la moyenne des pays de la monnaie unique, le pays devant encore connaître une récession de 3.5% en 2011. Cela pourrait prendre fin en 2012, selon Eurostat, mais ces prédictions n'ont que peu de valeur, puisque les évènements des semaines à venir vont être décisifs: le pays peut soit tomber dans une faillite immédiate, soit continuer sur la voie des plans d'austérité et éviter (pour combien de temps?) cette faillite.

Les conséquences de la crise sur l'emploi se font sentir au même rythme que pour la zone euro depuis 2009, dans un pays où la proportion de personnes en âge de travailler employées était déjà relativement basse (mais où le temps de travail moyen par semaine est plutôt élevé par rapport aux autres pays d'Europe).

La récession a déclenché la crise de la dette publique grecque qui occupe nos écrans depuis 2010. Mais le pays a toujours connu, au cours de la dernière décennie, des niveaux de déficits assez forts, dissimulés par des trucages statistiques pour permettre à la Grèce d'entrer et de rester dans la zone euro, euro qui de surcroît diminuait les coûts des emprunts, aggravant la tentation dépensière de l'Etat hellénique. Les discussions pour attribuer la paternité des déficits au PASOK ou à la Nouvelle Démocratie sont assez oiseuses : comme le montre le graphe suivant, en 2004, le PASOK laisse une ardoise de 7.5% du PIB au gouvernement suivant, et la droite ensuite, après une brève amélioration (à 5.2% du PIB en déficit public quand même) reprend la course à l'abîme. Ayant projeté ses dépenses sur son rythme de croissance soutenu des années 2000 (cf. ci-dessus), l'Etat grec voit ses recettes fiscales se ralentir en même temps que ladite croissance, et dès lors le panier percé devient un gouffre : en 2009, le déficit public est de 15% du PIB.

Alors l'Etat grec voit s'envoler les taux d'intérêts auxquels il doit se plier pour emprunter, et la dette augmente de plus belle.

 

La dette publique a gonflé de plus d'un tiers entre 2007 et 2010, et devrait atteindre 160% du PIB l'an prochain. En voyant cette dette croître de 10% du PIB par an, qui ne redouterait la cessation de paiement prochaine du pays?

  

     Mais cette dette, au fait, de quoi est-elle faite? Comme la France, la Grèce s'endette auprès des marchés financiers (c'est-à-dire d'entreprises, de fonds d'investissements, de sociétés d'assurances, directement ou indirectement de particuliers) et l'Etat ne peut plus créer de la monnaie via sa banque centrale (puisque de toute façon la Grèce est dans l'euro). Donc les emprunts publics s'accompagnent d'intérêts. 

 

     En France, ces intérêts sont responsables de l'essentiel de la  dette publique, comme nous l'indiquons dans le premier numéro de notre journal, en Septembre. Ce qui signifie que si l'Etat avait pu financer ses déficits par de la création monétaire, et rembourser ensuite cette création dès qu'un excédent primaire (c'est-à-dire un excédent du budget de l'Etat, sans payer d'intérêts sur la dette) était réalisé, alors le secteur des administrations publiques françaises aurait pu éviter la majorité de la dette publique cumulée de 1974 à 2008. Mais ce à condition que les autres dépenses publiques aient été identiques à ce qu'elles ont été (donc on ne peut surtout pas dire qu'avec la monétisation, l'Etat français aurait pu dépenser plus sans déclencher plus d'inflation). C'est pourquoi le débat sur cette monétisation est relancé, le plus souvent avec raison, notamment sur Internet. Cependant, la grande majorité des critiques de cette loi oublient de préciser qu'elle avait aussi pour but de réduire le risque inflationniste de la création monétaire (mais Socialisme & Souveraineté propose d'autres gardes-fous démocratiques dans son programme). Et surtout, les critiques oublient de dire que depuis 2009, le déficit public français est nettement supérieur aux intérêts payés par l'Etat. Donc, depuis deux ans, le cumul des intérêts ne suffit plus à expliquer le gonflement de notre dette...

 

       Et pour la Grèce, qu'en est-il? Peut-on dire que l'Etat grec, s'il n'avait pas d'intérêts à payer, serait beaucoup moins endetté? Comme on le voit sur le diagramme suivant, entre 1999 et 2007, le solde primaire grec est peu dramatique (il est en moyenne de 0,13% du PIB). Donc, sans intérêts, la Grèce se serait peu endettée sur ces neuf années. Mais pour 2008-2010, on est au minimum à 5% de déficit (et 10% en 2009) sans intérêts. Par comparaison, la France a fait 0,4% de déficit primaire en 2008, 5% en 2009, 4.5% en 2010.

 

     

Conclusions

  

      - Quand bien même on imaginerait que les grecs n'auraient plus aucun intérêt à payer sur leur dette (en faisant défaut par exemple...), ils devraient quand même (et la France est quasiment dans la même situation en 2011) entamer des mesures de rééquilibrage budgétaire (d'austérité donc, par hausses d'impôts et baisses des dépenses) à hauteur de 5% du PIB. Car quand bien même l'Etat grec pourrait créer sa propre monnaie, continuer à émettre 5% du PIB en monnaie nouvelle par an serait très vite hautement inflationniste. Il n'est donc pas possible de dire que la crise de la dette grecque serait entièrement imputable aux marchés financiers ayant joué sur les taux d'intérêts des emprunts d'Etat;

 

       - Mais en même temps, notons que le déficit primaire de la Grèce n'était plus très différent de celui de la France en 2010. Et que les déficits primaires du Royaume-Uni (7% du PIB) et de l'Espagne (7% aussi) étaient même plus élevés. Donc, actuellement, dire que les grecs sont plus dépensiers que les autres pays européens est faux. Et on peut dire qu'ils ont déjà fait de gros efforts de réduction de leurs déficits.

 

       Disons-le tout net : il n'y aura pas de solution radicale à brève échéance pour la Grèce. Quand bien même les centaines de milliers de manifestants de ces derniers jours se lanceraient dans une révolution, renverseraient le gouvernement, et imposeraient un gouvernement révolutionnaire, annuleraient la dette et même pendraient les banquiers pour le plaisir...et bien il resterait ces 5% de déficit primaire de l'Etat. Et sans doute pire vu que les classes aisées frauderaient encore plus et que les capitaux fuiraient. Payer ce déficit par la création monétaire achèverait de désorganiser l'économie par l'inflation. D'autant que si la Grèce repassait à la drachme immédiatement, sa monnaie s'effondrerait aussitôt (par rapport à l'euro ou autres monnaies européennes renaissantes après une disparition de l'euro), générant une inflation fulgurante sur les importations.

 

      A terme, la Grèce devra pourtant sortir de l'euro (qui étouffe ses exportations), récupérer son pouvoir de création monétaire, et racheter progressivement sa dette pour ne plus en supporter les intérêts. Mais pas sans réduire son déficit (primaire et global) auparavant, et cela prendra plusieurs années. C'est le même programme que nous proposons pour la France.

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 01:16

 

      Dans le cadre de la publication de notre programme, cet article résume les avantages du système brièvement décrit dans les quatre articles programmatiques précédents, sur la production, la consommation, les échanges extérieurs et la régulation d'un nouveau système économique.

 

Premier avantage : pas de chômage, pas de capacités non utilisées

 

Le premier avantage du système est que les capacités de production sont assurées d’être pleinement employées, d’une part parce que le travail et les consommations diverses ne coûtent rien a priori, mais obligent à produire ensuite. Et d’autre part parce que chaque entreprise est assurée de pouvoir écouler son offre: si la monnaie reçue par les particuliers est insuffisante, l’Etat augmente son pouvoir d’achat en jouant sur les taux de conversion entre monnaies. Mais le plein-emploi n’est pas, loin s’en faut, une condition d’efficacité : encore faut-il que les ressources soient employées à bon escient, et non gaspillées.

 

Deuxième avantage : la production est un compromis libre entre ce qui est bon pour la collectivité et bon pour l’individu

 

Ici, l’utilité totale des productions générées par l’économie résulte d’un compromis entre ce qui est reconnu utile par les individus et ce qui l’est par la collectivité. La fixation des taux de conversion entre les deux monnaies (particuliers et entreprises) pour chaque type d’achat est un moyen fondamental d’orienter la production. Le but est de présenter un plan (non coercitif) collectif de consommation (au lieu d’un plan comme en URSS).

 

Troisième avantage : un contrôle direct des inégalités

 

Autre avantage, le système gère directement le niveau des inégalités sociales puisque les revenus sont d’abord constitués de salaires distribués par l’Etat, avec des coefficients par entreprises ce qui fait qu’il est difficile d’avoir de grands écarts de revenus.

 

Quatrième avantage : la capacité du système à résister à une situation de décroissance

 

On peut encore dire qu’un tel système permettrait, par l’inexistence du chômage et la régulation des inégalités, de gérer une économie en décroissance, même si ce n’est pas l’objectif du système. Si les ressources naturelles venaient à manquer, pour cause de catastrophe écologique, technologique ou de guerre, et obligeaient à une réduction générale de la production, cette économie permet à chacun de conserver un emploi tout en ayant un revenu minimum. Tandis que dans le cas d’une récession dans l’économie de marché actuelle, on verrait des individus au chômage et qui ne pourraient pas assouvir leurs besoins fondamentaux, tandis que d’autres pourraient s’offrir des consommations de luxe.

 

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 13:30

Nous continuons la publication du programme. Ceci est le quatrième volet de la description d'un modèle économique qui nous semblerait juste, d'après les motifs exposés dans un précédent article, et que nous voudrions expérimenter en  France, fusse-ce à l'échelle régionale.

 

Résumé :

         Dans ce système, une partie de la bureaucratie d’Etat, fiscale notamment, cesse d’exister. Les entreprises publiques deviennent des entreprises ordinaires. L’Etat a trois outils de régulation (salaires, conversion des monnaies, barèmes de soldes d’entreprises) dont le troisième peut être délégué à des institutions autonomes (nommées « banques »).

Les pouvoirs de l’état et les organisations intermédiaires (les « banques ») 

          Le gouvernement a trois instruments principaux pour orienter l’action des entreprises :

-  Les revenus accordés aux travailleurs selon leur secteur d’activité (facteur dans l’équation du revenu) ;

-  Les taux de conversion dans les prix entre entreprises et particuliers;

-  Les barèmes imposés aux entreprises, selon les tailles et filières, dont dépend leur survie.

          Cette dernière action peut être déléguée à des institutions particulières déjà mentionnées plus haut, les banques. On en parle au pluriel parce qu’il ne s’agirait pas d’une banque centrale, mais d’agences présentes sur tout le territoire. Elles ne seraient ni uniques ni centralisées, et un citoyen s’étant vu refuser une création d’entreprise par une banque locale pourrait toujours retenter sa chance avec une autre, ailleurs.

          Ayant pour rôle d’autoriser la création d’entreprises et de décider de leur mort, elles seront autonomes par rapport à l’Etat, pouvant déterminer elles-mêmes ces barèmes (par négociation entre elles, puisqu’elles sont multiples et non centralisées). Et leur rémunération aurait la particularité d’être une proportion fixée à long terme du revenu national, sans aucun autre coefficient. Les banques n’auront pas d’autres intérêts que la progression, en quantité et en qualité, de la production destinée aux particuliers.

       Dans ce système, la « société civile », les entreprises, les particuliers, les banques, ont donc toujours des possibilités de contredire les décisions de l’Etat. Si celui-ci décide une rémunération plus basse pour un secteur à forte demande, ou vital pour le reste de l’économie, on peut voir les pénalités étatiques amoindries par des barèmes bancaires plus bas, des prix plus élevés versés par les entreprises et particuliers. Ce qui imposerait aux parlementaires de réviser leur copie dès l’année suivante.

Les entreprises publiques

       Les entreprises publiques (et toutes les activités publiques marchandes) redeviendront des entreprises comme les autres. Dans l’économie de marché, le caractère public et monopoliste d’une entreprise peut se justifier par une décision étatique de mener une politique de vente à perte, pour que l’ensemble de l’économie puisse bénéficier du service (électricité, eau, courrier, transport…), croître plus vite, et générer plus de recettes fiscales. Dans le système que nous décrivons, l’Etat peut de toute façon fixer un prix pour les ventes aux particuliers, et la pratique d’un prix bas pour les entreprises a en fait peu d’importance, puisqu’elles ont des réserves illimitées.

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 00:19

Nous continuons la publication du programme. Ceci est le troisième volet de la description d'un modèle économique qui nous semblerait juste, d'après les motifs exposés dans un précédent article, et que nous voudrions expérimenter en  France, fusse-ce à l'échelle régionale.

 

Résumé :

         Cette économie ne se passera pas du commerce extérieur, et aura besoin d’une monnaie ordinaire (en quantité limité et non temporaire) pour cela, comme l’était le franc, or ou papier. On aurait donc une troisième monnaie. Les entreprises exportatrices et importatrices seront contraintes à négocier la valeur de conversion de cette monnaie d’échange avec leur monnaie illimitée. Et les devises étrangères issues de l’échange serviront à payer les importations, mais aussi les dettes de l’Etat, que le peuple pourra facilement surveiller…

Le commerce extérieur

          Il n’est nullement nécessaire de fermer l’économie nationale pour construire ce système, ni d’espérer qu’il s’étende d’emblée à toute la planète. Seulement, la monnaie en quantité illimitée ne pourrait avoir aucune valeur. Il faudrait donc encore une monnaie différente à convertir avec les devises extérieures. C’est là qu’une monnaie « ordinaire » (en quantité limitée, réutilisable) comme le franc-papier ou le franc-or (cf. la partie sur la monnaie) pourrait servir.

          Mais comment traduire les prix dans cette monnaie ordinaire en monnaie illimitée des entreprises ? Le problème est plus compliqué que celui des conversions entre particuliers et entreprises, puisque l’Etat ne peut prévoir les quantités de monnaies que les étrangers seraient prêts à engager.  L’Etat peut en revanche obliger les entreprises importatrices (qui ont plus acheté que vendu à l’étranger) et exportatrices (l’inverse) à négocier ensemble la conversion entre monnaie interne et extérieure, les importateurs poussant le prix à la baisse et les exportateurs à la hausse. Sans cette conversion, aucune exportation ne peut être comptée dans le solde d’un exportateur, et les banques enregistreraient les importations avec un prix très élevé. Ce qui dans tous les cas, diminuerait le solde et les chances de survie de l’entreprise.

         

La dette extérieure           

          Pendant ce temps, les devises obtenues de l’échange seraient mises à disposition d’une réserve nationale. Cette même réserve servirait à l’Etat à rembourser d’éventuels emprunts. Car cette économie ne dispenserait pas la nation de devoir recourrir occasionnellement à l’emprunt extérieur. Lorsqu’il finance des services non payants, l’Etat peut soit s’arroger une fraction du revenu national, qui ne sera donc pas confiée aux citoyens ; mais il peut aussi accroître la dette extérieure. Et les importations futures la rembourseront. D’où la nécessité pour l’Etat :

-          D’inciter les entreprises à dégager momentanément des excédents extérieurs, par la hausse de la production et de la diversité des entreprises. Il peut le faire en favorisant les secteurs exportateurs, en utilisant les coefficients de secteur dans le calcul des revenus individuels (cf. chapitre sur la consommation dans ce nouveau système) ;

-          De modérer ses emprunts, en ayant une politique de dépense modérée…

            D’autant plus que, dans ce système, la part de la consommation publique dans le montant total de consommation est directement lisible par les citoyens, plus que dans notre réalité. Et ce puisque le revenu national destiné à la consommation (cf. chapitre sur la consommation) serait annoncé tous les ans, ainsi que la part qui va aux consommations publiques. Alors qu’actuellement, peu de citoyens savent ce que représentent les dépenses publiques par rapport au revenu national (PIB), ni comment elles se répartissent.

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 18:03

     Alors qu'on se demande toujours si l'on va assister à une sortie brutale de la Grèce hors de la zone euro, ce pourrait être une autre construction supranationale qui s'écroulerait du fait de la guerre de Libye...

 

La fin de l'OTAN
par Daniel Vernet
 
Pour les Américains, la guerre en Libye est la guerre de trop avec des alliés européens qui n'ont ni les moyens ni la volonté de participer au coût financier et humain des interventions militaires. Si les Etats-Unis lâchent l'OTAN, le réveil s'annonce douloureux pour le Vieux continent.
 
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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 23:07

     Alors que des rumeurs insistantes font état d'une sortie imminente de la Grèce hors de la zone euro, parlons un peu de Ollanta Humala, homme politique péruvien récemment élu à la présidence de son pays. Il avait déjà été question de lui sur ce blog.

 

     Sa victoire confirme-t-elle le "virage à gauche" de l'Amérique latine? En partie seulement. Car s'il a bien vaincu Keiko Fujimori, fille d'Alberto, président de droite des années 90, Humala n'a plus grand chose du "marxiste" que nous pouvions évoquer jadis.

     Quelques articles :

 

http://www.humanite.fr/06_06_2011-avec-ollanta-humala-le-p%C3%A9rou-bascule-%C3%A0-gauche-473758

http://www.atlantico.fr/decryptage/chavez-lula-humala-bresil-chili-bachelet-perou-venezuela-gauche-118158.html

http://www.lavoixdunord.fr/France_Monde/actualite/Secteur_France_Monde/2011/06/10/article_le-visage.shtml

http://www.actulatino.com/2011/06/10/perou-ollanta-humala-rencontre-dilma-rousseff-et-vante-le-modele-socio-economique-bresilien/

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/06/03/008-perou-ollanta-humala.shtml

 

       Pour résumer et donner quelques éléments de contexte, le Pérou, indépendant de l'Espagne depuis 1821, est aussi connu par l'image du "mendiant assis sur un banc en or". Le pays n'a pas les réserves pétrolières ou gazières du Venezuela ou de la Bolivie, mais d'immenses richesses minérales andines, alors qu'il est l'un des pays latinoaméricains les plus pauvres. Il a très longtemps fait l'objet de l'influence américaine, notamment depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Il a connu cependant une expérience "socialiste", de 1968 à 1975, avec un régime militaire (un parmi beaucoup d'autres de son histoire) dirigé par Juan Velasco Alvarado, qui opéra des nationalisations et tenta une réforme agraire. Les libéraux décrivent cette période comme celle de graves échecs économiques. Dans un de ses livres ("Comment les démocraties finissent", 1982), feu l'académicien Jean-François Revel parlait même d'un "militaro-socialisme" qui aurait fait chuter le PIB de 80% ! En réalité, sans vouloir défendre un régime despotique, le Pérou n'a pas connu un tel désastre pendant ces sept ans, comme on peut le voir sur ce graphique du PIB par habitant (il y eut bien des récessions, mais après 1975).

 

     Les années 80 sont celles du pouvoir d'Alan Garcia et de l'Apra, le parti originellement marxiste du Pérou fondé avant la Seconde Guerre Mondiale, ainsi que les années où sévissaient les tueurs maoïstes du "Sentier Lumineux", dirigé par le "Président Gonzalo". Tueurs qu'Alberto Fujimori, président libéral des années 1990, arrêtera. Le même Fujimori finira lui-même en prison, condamné en 2009 à 25 ans de prison pour corruption et atteintes aux droits humains. Le pays n'en a pas moins connu un redressement au cours des années 1990 puis une forte croissance dans la décennie 2000 (voir le graphique précité).

 

     C'est justement sur la base d'une redistribution des fruits de cette croissance que Humala, ex-militaire aymara (l'ethnie principale héritière de la civilisation inca), président du Parti Nationaliste Péruvien (censé être socialiste), a fait campagne, en 2006 puis en 2011. La première fois, c'était en se déclarant proche de Hugo Chavez. La seconde, c'était plutôt du côté du président brésilien Lula et de sa successeure Dilma Roussef. Enfin bref : le drapeau rouge ne flotte pas sur les Andes. Sauf si vous accueillez comme une mesure révolutionnaire sa première décision de président: un moratoire de dix ans sur les OGM. Après Moralès qui décrète des "droits de la Nature", on se demande si l'Amérique du Sud vire au rouge, au rose ou au verdâtre.


 

     Pour finir, cette carte de l'espace latinoaméricain en Juin 2011, avec les états ayant des dirigeants (nom indiqué sous celui du pays) de droite (en bleu), les pays de l'axe Chavez-Castro-Morales-Correa-Ortega (en rouge), les sociaux-démocrates (rose), les pays rattachés à l'extérieur (comme la Guyane Française) apparaissant en gris, et les petits pays aux gouvernements moins définissables étant en bleu pâle.

 

 

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 23:48

Nous continuons la publication du programme. Ceci est le second volet de la description d'un modèle économique qui nous semblerait juste, d'après les motifs exposés dans un précédent article, et que nous voudrions expérimenter en  France, fusse-ce à l'échelle régionale.

Comment les particuliers gagneront leur vie, consommeront et constitueront leur patrimoine)

Résumé :

            Chaque individu a droit à une part d’un revenu national destiné à l’achat des biens et services de consommation. Ce revenu varie en fonction du métier de la personne, de son secteur d’activité, mais aussi des résultats de son entreprise. Ainsi le revenu n’est jamais entièrement décidé par l’Etat. Et les travailleurs ont toujours intérêt à accroître la productivité des entreprises.

            Les revenus des particuliers, limités, sont versés dans une monnaie différente de celle, illimitée, des entreprises. Ce qui permet à l’Etat de jouer sur les taux de conversion et de favoriser ou non certaines consommations, sans rien interdire ni sacrifier les revenus des producteurs.

 

L’allocation du revenu aux particuliers

            Chaque individu aura un revenu versé par la collectivité, ou encore l’Etat, si l’on préfère. Ce ne sont pas les entreprises qui paient leurs employés, même si les employés sont concernés par la performance de leurs entreprises. Il y a, au début de chaque année, une quantité fixée de revenus à distribuer entre tous les habitants du pays. Elle croit d’année en année en fonction de l’estimation de la croissance de la production consommable. L’Etat y retranche d’abord une fraction qui servira aux dépenses de consommation collective (des services publics et étatiques gratuits). Et le reste sert à financer des revenus individuels.

            Pour chaque personne, l’Etat écrit une équation. A la base, vous disposez d’un soixante millionième (cas de la population française) du revenu national. Mais cette fraction va être multipliée par plusieurs facteurs : le facteur « Secteur d’activité », le facteur « Métier », et le facteur « Résultats de l’entreprise ».  Ces facteurs sont des nombres, toujours supérieurs à zéro, mais qui resteront le plus souvent compris entre zéro et un nombre relativement bas, cinq par exemple, pour ce qui est des facteurs liés au métier ou au secteur d’activité.

            Déjà, à la base, l’Etat ne va pas vous verser la même chose si vous êtes inactif, retraité, étudiant, ou que vous travaillez dans un des secteurs de l’économie.Cela détermine votre facteur lié au « secteur d’activité ».  On va donc vous attribuer un facteur plus élevé si vous êtes travailleur, et moins élevé si vous êtes actifs.  Vous ne toucherez pas la même chose non plus, si vous travailliez dans un secteur que l’Etat entend favoriser, ou qu’il entend défavoriser. Au sein de l’entreprise ou de la structure dans laquelle vous travaillez, vous ne percevrez pas non plus le même revenu selon votre métier.Normalement, le dirigeant est celui qui a le plus haut facteur lié à son métier. Afin de motiver leur personnel, les entreprises peuvent attribuer divers niveaux de responsabilité à leurs membres, de l’exécutant au cadre ou à l’ingénieur.

            Vient ensuite le facteur lié aux résultats de l’entreprise. Nous avions vu que les entreprises avaient un barème, fixé par l’Etat ou les « banques »  dans chaque secteur de l’économie, et en fonction de la taille de l’entreprise. Si l’entreprise réalise un solde très inférieur à ce barème, elle risque d’être dissoute. Mais le barème va aussi servir à moduler le revenu des membres de l’entreprise. Si le solde de l’entreprise est égal au barème, le facteur lié au revenu de l’entreprise sera égal à un. Plus le solde de l’entreprise sera inférieur au barème, plus ce facteur tendra vers zéro. A l’inverse, le facteur peut dépasser un si l’entreprise réalise un meilleur solde que les autres entreprises de sa catégorie. Le produit des coefficients et du revenu de base aboutit au revenu individuel, basé sur les performances de l’année précédente, sur des critères que chacun peut connaître et critiquer.

 

Au final, l’équation du revenu individuel est :

Revenu individuel = Revenu national / Population

* coefficient métier

* coefficient secteur

* coefficient du résultat d’entreprise

Les coefficients de métier et de secteur étant votés par les parlementaires, parmi plusieurs propositions de statisticiens. Ces propositions doivent vérifier la condition suivante : la somme des revenus individuels est égale au revenu national que l’Etat entendait verser.

 

Le marché du travail

Ainsi se régule l’activité des personnes dans ce système. Il y a d’une part une régulation collective, de par les plus et les moins affectés à telle profession ou filière d’activité. Mais les plus libéraux redouteront, et sans doute à juste titre, un marché du travail régi par l’Etat. Mais il y a toujours cependant une régulation du travail par les entreprises elles-mêmes. Le calcul du revenu vu plus haut fait que nous aurions tous intérêt à rejoindre les entreprises les plus productives, aux meilleurs ratios. S’il y a trop peu de travailleurs dans un secteur, parce que l’Etat aurait fait une désincitation peu pertinente, les prix que les entreprises paieront pour ces services monteront. Une filière indispensable au fonctionnement de l’économie ne peut disparaître.

Les prix à la consommation

Abordons une subtilité nouvelle de ce système : il y a une monnaie pour les entreprises, que nous appellerons par exemple le franc, et le revenu des particuliers sera distribué dans une autre monnaie, que nous appellerons par exemple l’écu. La monnaie des particuliers est à validité temporaire (mais elle peut être épargnée), et en quantité limitée.

La conversion entre les deux monnaies doit forcément être décidée par une autorité extérieure au marché, sans quoi les entreprises demanderaient que chaque écu versé en achat leur rapporte des quantités astronomiques de francs.  Est-ce que cela revient à fixer les prix, comme cela était le cas dans les économies planifiées ?  Non, car le consommateur est toujours libre d’offrir la quantité d’écus qu’il souhaite pour s’offrir quelque chose. Mais l’Etat a la possibilité de modifier les taux de conversion pour changer le pouvoir d’achat du consommateur sur tel ou tel produit sans diminuer le gain du vendeur (c’est là l’intérêt de la double monnaie par rapport à des fixations de prix).  A l’inverse, les productions qui ne bénéficieraient pas de taux  favorables vont à la fois perdre une partie de leur clientèle et être moins produites par leur filière.

Mais il faut rappeler que les entreprises ont des crédits illimités, et peuvent s’arranger librement pour effectuer leurs tâches. Dès lors influencer un prix à la vente auprès des particuliers orientera l’économie, intensifiera ou raréfiera certaines productions, mais ne créera aucun obstacle technique pour qu’une entreprise puisse produire ce que quelqu’un est prêt à acheter. Il n’y aura pas, contrairement à une économie planifiée, de pénurie inévitable. Les travailleurs ne sont plus directement rémunérés par leur patron mais par la collectivité, sans être fonctionnaires. La collectivité peut orienter des productions, sans n’en empêcher aucune.

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 23:55

Nous continuons la publication du programme. Ceci est le premier volet de la description d'un modèle économique qui nous semblerait juste, d'après les motifs exposés dans le précédent article, et que nous voudrions expérimenter en  France, fusse à l'échelle régionale.

 

Comment fonctionneront les entreprises

 

Résumé :

       Ce système économique repose sur des entreprises produisant et échangeant librement, sans planification. Elles ont des crédits illimités, pour peu qu’elles aient été autorisées par la collectivité à naître.

       Mais la même collectivité impose des barèmes de soldes (la différence entre les ventes et les achats) pour chaque secteur, et selon la taille de l’entreprise. En dessous de ce solde, l’entreprise est dissoute, ou l’entrepreneur démis.

       Les entreprises ont donc l’obligation de réduire leurs dépenses au minimum et de maximiser la quantité et la qualité de leur production pour survivre face à la concurrence.

 

Commençons par le point de vue du producteur, c’est-à-dire de l’entreprise. Nous verrons la différence entre un dirigeant d’entreprise et ses employés ensuite. Car, dans toute économie moderne, il y a au moins un responsable à la tête d’une entreprise.

La naissance de l’entreprise

Vous avez une idée d’entreprise à mettre en œuvre. Et bien ici, ce sera tout simple : vous préparez juste votre dossier de projet, vous y mettez ce que vous souhaitez produire et vendre, vos compétences pour le faire, votre plan commercial. Et, dans notre réalité, vous iriez rassembler vos économies pour ensuite négocier un emprunt dans une banque, ou autre établissement de crédit. Mais là, vous iriez dans une agence collective, qu’on va appeler « banque » par commodité. Ici, la banque juge juste la qualité de votre projet, et vous autorise –ou non- à vous lancer dans votre aventure. Alors, avec quel capital allez-vous acheter mes locaux ? Et bien c’est simple : vous avez un crédit illimité. Délirant ? Nous allons en juger dans ce qui suit.

Crédit illimité et obligation de soldes positifs

Si vous lancez une entreprise, vous réaliserez vos frais les premières années. Dans ce système, vous ne ferez pas d’emprunt. Vous êtes vous-mêmes votre créancier ; dans votre comptabilité, le coût de votre investissement sera partagé et enregistré sur plusieurs années, tout comme la recette de votre fournisseur. Une fois que vous aurez constitué tout votre outil de travail, va venir l’essentiel, vendre. Si vous commercez entre entreprises, les prix sont libres, et chaque transaction va modifier ainsi votre solde (la différence ventes-achats). Mais comment peut-on agir ainsi si chaque entreprise à des crédits illimités ? A priori, chacun pourrait vendre et acheter ce qu’il veut à des prix extravagants. Mais ça ne pourra se passer ainsi. Et ce pour deux raisons.

Prix libres et rationalité des prix

La première est que les entreprise ne vendront pas qu’aux entreprises, mais il y en a qui vendront aux particuliers. Ces derniers ont un revenu qui, lui, n’est pas illimité. L'entreprise ne pourra pas exiger d'un particulier des sommes astronomiques.

La seconde raison est l’obligation d’avoir un solde positif, et supérieur à un barème imposé. Chaque entreprise a réalisé un solde, positif ou négatif. C’est là qu’intervient la collectivité : au bout de chaque année, on connaît la valeur moyenne du solde des entreprises. Les banques (ou l’Etat, la collectivité en somme) vont alors supprimer les entreprises affichant un solde nettement plus bas que la moyenne des entreprises du même secteur et de taille comparable, sur une ou plusieurs années. Ou alors celles qui ont un solde nettement négatif, ou une proportion définie (par exemple cinq, dix ou vingt pour cent) des entreprises ayant les soldes les plus bas. C’est ainsi que l’on voit que les entreprises n’ont pas intérêt à faire n’importe quoi. Elles peuvent s’amuser à vendre entre elles des biens à des prix astronomiques, il n’en resta pas moins que la somme des ventes entre entreprises sera égale à celles des achats. Il y aura aussi des ventes aux particuliers, mais qui représenteraient peu de choses en comparaison, puisque les particuliers ne peuvent payer des prix hyper élevés. Il y aura donc des entreprises qui auront fait plus de ventes à d’autres entreprises, et qui auraient donc des soldes positifs extrêmement élevés, et d’autres qui auront fait plus d’achats que de ventes et auront des soldes extrêmement négatifs. La collectivité va imposer une obligation de réaliser un solde positif. Et, dans ce cas, beaucoup d’entreprises vont être supprimées.

Le seul moyen pour les entreprises d’assurer leur survie est d’avoir le solde le plus élevé possible. Donc de minimiser ses dépenses et de maximiser ses ventes. Mais le seul moyen pour que toutes les entreprises, ou du moins la majorité, puissent espérer faire des soldes positifs, serait que les ventes soient supérieures aux achats. Or, ce n’est possible que si on ajoute à la comptabilité des échanges entre entreprises celles des ventes aux particuliers. Donc, les entreprises doivent maximiser également leurs ventes aux particuliers, qui ont des revenus en quantité limitée.

Les entreprises qui vendent aux particuliers sont obligées d’offrir des prix raisonnables dans un contexte de concurrence. Et donc ces entreprises ne peuvent payer des prix énormes à leurs fournisseurs. Il y a donc une rationalité des prix qui se transmet dans toute l’économie, puisqu’il y a toujours une production limitée (car il y a une quantité limitée de travailleurs et de ressources), et un pouvoir d’achat limité des particuliers.

Dans ce système, les entreprises ont un intérêt absolu à réduire leurs dépenses par rapport à leurs concurrents. Les entreprises n’ont donc pas intérêt à utiliser leurs crédits, même s’ils sont illimités, pour nourrir leurs propres salariés, qui tireront donc leurs revenus, en quantité limitée, d’une autre source.

La mort des entreprises

Lorsque l’Etat supprime une entreprise, il ne détruit pas ses locaux et ne disperse pas le matériel ni les travailleurs. Il impose simplement au responsable de l’entreprise de démissionner de ses fonctions, et fait un appel à candidatures pour son remplacement. Lorsqu’un barème est imposé, en dessous duquel certaines entreprises seront éliminées, ce barème ne sera pas le même selon les entreprises. Il variera en fonction de la taille de l’entreprise en nombre de travailleurs. Aussi, une entreprise produisant des automobiles ne pourra être comparée à celle qui produit des ordinateurs, des légumes en conserve ou des voyages touristiques. Donc les barèmes varieront également selon le secteur d’activité.

 

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