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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 09:33

Retrouvez-nous sur le site de l'ARSIN :

 

http://www.arsin.fr

 

 

Cet article s'inscrit dans la suite de la publication de nos propositions.

 

Résumé :

Toutes les prestations sociales existantes (retraites, RSA, allocations familiales, pensions d’invalidité) ou à venir dans notre programme (tel le budget santé) seront versées dans un seul et même budget, rendant la redistribution plus lisible.

 

Cet impôt sur le revenu massif auquel aboutirait notre réforme serait que chacun saurait ce que lui coûtent l’Etat et la Sécurité Sociale. Mais encore faut-il savoir ce qu’il reçoit.

Actuellement, les prestations de l’Etat se répartissent entre :

-          des prestations gratuites administrées (telles que l’Education Nationale) ;

-          des remboursements tels que ceux de l’assurance-maladie ;

-          des versements directs  (retraites, allocations familiales, invalidité, chômage…).

Le tout générant plusieurs administrations : Caisses d’Assurance-maladie, Caisses d’Allocations Familiales, Caisses d’Assurance-Vieillesse, Pôle Emploi…  

         Dans les articles qui suivront, nous verrons que nos réformes concernant l’Assurance-Maladie et des retraites, les administrations reversent tout ou partie de leurs cotisations aux contribuables (et aux assurés sociaux en général, même non contribuables) sous forme d’un budget de santé, d’un patrimoine liquidable correspondant à  des pensions de retraites futures (et des pensions tout simplement pour les retraités). En plus de cela, les allocations familiales, d’invalidité, les minima sociaux (appelés à se réduire avec la diminution du chômage dans le système économique que nous proposons) peuvent également être vues comme les sous-parties d’un budget attribué à chaque assuré social, c’est-à-dire tous les résidents réguliers, que nous nommerons par la suite « budget social ». Et ce dans le but de simplifier la réception de prestations à un seul versement pour les assurés sociaux, de la même manière que la fiscalité serait simplifiée autour d'un seul impôt direct (sur le revenu).

 

         Il se composerait ainsi, en l’estimant sur la base des dépenses de 2011 : des budgets santé (9 à 10% du PIB), des retraites (13.5% du PIB), minima vieillesse ou des pensions futures en tant que patrimoine vendable ; des budgets familiaux (allocations familiales, 3% du PIB) ; des pensions d’invalidité (3% du PIB) ; des indemnités chômage (1 à 2% du PIB). Soit 29,5% du PIB au minimum, plus de 55% des dépenses publiques. Certains de ces budgets ou patrimoines seront virtuels ou débitables uniquement pour un type de dépenses (budget santé, droits sur des pensions de retraites futures), d’autres sont versées telles que c’est le cas aujourd’hui, comme les allocations familiales.

 

Le tout délivré par un seul organisme, disposant d’un dossier social unique pour chaque habitant du territoire, connaissant son âge, son statut professionnel (actif, inactif, en recherche d’emploi), ses cotisations de retraites passées, ses éventuelles invalidités, son statut familial avec le nombre de personnes à charges, et le niveau de budget santé dû à la personne (sans jamais en connaître les raisons, en raison du secret médical).

 

         Les ménages avec enfants, les foyers modestes payant un moindre taux d’imposition sur le revenu, verraient que le coût de l’Etat est loin d’attendre les 52% que dessinent les statistiques que nous avons vues. Des administrations inutiles seraient alors supprimées. Puisque l’IRPP est basé sur les revenus de l’année précédente, on pourrait ne prélever (ou verser) à l’avenir, à chaque personne, que les soldes IRPP – budget social. Ce qui aurait pour effet de réduire d’un coup de plusieurs points du PIB nos prélèvements obligatoires.

 

 

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 11:34

  

Retrouvez-nous sur le site de l'ARSIN :

 

http://www.arsin.fr

 

Cet article s'inscrit dans la suite de la publication de nos propositions.

 

Résumé : Le but est de passer de plusieurs centaines d’impôts, dont l’effet est illisible, à une fiscalité simple et progressive centrée sur un grand impôt sur le revenu.

 

         La fiscalité française brille par sa complexité, l’absence de progressivité de nombreux impôts et taxes,  leur caractère souvent indirect et « indolore » pour les citoyens, et l’impossibilité pour chacun de lire ce qu’il verse et reçoit des administrations publiques.

         Elle est actuellement constituée des prélèvements suivants :

-          La TVA ;  la TIPP (Taxe Intérieure sur les produits pétroliers) ;

-          la CSG (Contribution Sociale Généralisée) ;

-          la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale, un prélèvement « temporaire » durable) ;

-          l’IRPP (Impôt sur le revenu des personnes physiques) ;

-          l’IS (Impôts sur les Sociétés) ; -    les cotisations sociales ;

-          la Taxe foncière ; -   la Taxe d’habitation ;

-          la contribution économique territoriale (successeure de la taxe professionnelle…)

 

Et des dizaines d’autres prélèvements obligatoires ou produits sous monopole de l’Etat (1.7 Mds d’euros de la Française des Jeux en 2008). Les prélèvements obligatoires représentaient 834,5 Mds d’euros en 2008, soit 42.8% du PIB de l’époque. L’impôt sur le revenu, le seul véritablement redistributif, ne représentait que 2,6% du PIB en 2008. La plupart des impôts sont soit indirects (TIPP, TVA), soit directement réglés sur le bulletin de salaire (cotisations sociales, CSG). Beaucoup d’impôts sont censés influencer la consommation ou pénaliser l’usage d’un bien, d’un service (tabac, camions, produits gras, etc…) mais leur grand nombre et leur atomisation rend leur efficacité difficile à estimer.

 

Simplifier la fiscalité

Les taxes sur la consommation pourraient être remplacées par la seule TVA, avec des variations de taux (mais on ne supprimerait pas la TIPP, imposition fixe sur le volume d’hydrocarbure consommé ; si elle était mutée en TVA, toute hausse du prix de base de l’essence, minoritaire dans le prix final, se répercuterait plus fortement encore sur les taxes).

Notre premier objectif sera de réduire considérablement le nombre d’impôts, en en remplaçant un grand nombre par un impôt sur le revenu massif, décuplé (il passerait de 2.6% à 28%. Ce qui aurait pour effet de rendre ce prélèvement beaucoup plus évident pour les citoyens, et de les motiver davantage à observer l’usage qui est fait des recettes. Et ce d’autant que, en vertu de la politique d’austérité, une hausse de l’imposition est inéluctable.Les cotisations sociales et la CRDS disparaîtraient, la CSG serait fondue dans l’IRPP, de nombreuses taxes seraient abolies et leur produit remplacé par une hausse de l’impôt sur le revenu. Cela revient à admettre la fusion de l’Etat et de la protection sociale, du point de vue fiscal (ce qui ne signifie pas la fin de toute autonomie de gestion, de la même manière que les transferts d’Etat aux collectivités n’empêchent pas leur autonomie politique). Le financement de la Sécurité Sociale se ferait par un transfert massif et simplifié de l’Etat.

Au niveau local, les taxes sur les surfaces bâties, non bâties, occupées, et la contribution économique territoriale seraient remplacées par un impôt sur le revenu (soit à taux unique, soit sur les tranches d’imposition nationales) à l’échelle régionale, cumulant trois taux d’imposition : un régional, un départemental, et un municipal. Les trois niveaux de prélèvement seraient décidés l’année précédente du prélèvement, de sorte à ce que chaque contribuable puisse connaître le taux d’imposition, global ou selon la tranche de revenu, qui s’additionnera au taux national en fonction de son lieu de résidence.

Cette politique reviendra à abandonner les impositions sur le patrimoine. En tant que socialistes, les fortes inégalités de patrimoine existant en France nous insupportent. Mais taxer directement le patrimoine aboutit soit à des effets pervers (comme augmenter les prix du logement, taxer des personnes à faibles revenus et dont le patrimoine s’est accru pour diverses raisons), soit à une complexification de l’impôt pour éviter ces mêmes effets. Nous préfèrerons nous attaquer aux inégalités de revenus qui mènent à ces inégalités de patrimoine, surtout lorsqu’il s’agit de revenus du patrimoine. Un patrimoine ne générant pas de revenus en lui-même n’a pas vocation à subir de taxation. Le tableau suivant résume notre projet de simplification des impôts. Les proportions correspondent au PIB de , et devront certainement augmenter (pour l’impôt sur le revenu en particulier) dans le but de réduire les déficits publics comme vu plus haut.

 

Type de ressource des administrations (chiffres en Mds d'euros)

% du PIB en  2008

% selon notre projet

Commentaires

ETAT

13,5%

37,1%

 

Impôts indirects

8,2%

7,4%

 

-          La TVA

6,7%

6,7%

 

-          La TIPP ;

0,8%

0,8%

Maintien d'une fiscalité fixe au volume

-            Droits de successions

0,4%

0,0%

 Déjà très réduits ; supprimés

-            Droits d'importation

0,1%

0,0%

 Supprimés

-            Taxe sur les assurances

0,1%

0,0%

 Supprimée

Enregistrement, autre taxes indirectes

0,2%

0,0%

 Réduits au minimum

Impôts directs

5,3%

29,6%

 

-          L’IRPP

2,6%

28,0%

Concentration de la fiscalité sur l'IRPP

-          L’IS (Impôts sur les Sociétés)

2,5%

2,5%

 

-            L'ISF (Impôt de solidarité sur la fortune)

0,2%

0,0%

 Fondu dans l’IRPP

Autres impôts directs et taxes assimilées

0,5%

0,0%

 Supprimés

Transfert  aux collectivités locales

-1,0%

-1,0%

 

Transfert  à l'UE

-0,3%

0,0%

Sortie de l'UE

Union Européenne

0,3%

0,0%

Sortie de l'UE

ODAC (Organismes d'Administration Centrale)

0,9%

0,0%

 

CRDS

0,3%

0,0%

Fondue dans l’IRPP

Autres taxes destinées aux ODAC

0,6%

0,0%

 Fondues dans l’IRPP

SECURITE SOCIALE

22,6%

0,0%

 

-          La CSG (Contribution Sociale Généralisée) 

4,3%

0,0%

 Fondue dans l’IRPP

Autres impôts destinés à la Sécurité Sociale

2,4%

0,0%

 

-          Les cotisations sociales

16,0%

0,0%

 Fondues dans l’IRPP

COLLECTIVITES LOCALES

5,8%

5,8%

 

-          La Taxe foncière ;

1,2%

0,0%

 Supprimée

-          La Taxe d’habitation ;

0,7%

0,0%

 Supprimée

-          La taxe professionnelle

1,1%

0,0%

 Supprimée

Autre fiscalité directe locale

1,4%

4,4%

Impôt sur le revenu localisé

Transferts d'Etat et autres ressources

1,4%

1,4%

 

Source : Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi

 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 19:56

Retrouvez-nous sur le site de l'ARSIN :

 

http://www.arsin.fr

 

Cet article s’inscrit dans la suite de nos propositions.

 

Résumé :

Le niveau des dépenses publiques françaises est très élevé (52% du PIB en net en 2010), et risque d’augmenter du fait de la santé et des retraites. Nous ne pouvons pas les laisser croître indéfiniment, ni laisser filer les déficits (qui est prévu à 5,6% du PIB en 2011). Pour ceux qui croient que la création monétaire ou la sortie de l'euro suffirait à résoudre les problèmes budgétaires, nous conseillons cet article ou encore celui-ci et celui-ci.

Nous devons au moins stabiliser les dépenses publiques, en compensant le coût croissant de la sécurité sociale par une réduction des dépenses de fonctionnement de l’Etat (moins de postes, plus d’efficacité).

Les impôts vont devoir augmenter si l’on veut réduire les déficits, les dépenses pouvant au mieux être stabilisées. Mais pour rendre cette hausse acceptable, il faut d’abord simplifier la fiscalité, en la rendant lisible par tous. Nous centrerons donc le nouveau système fiscal sur l’impôt sur le revenu (cf. articles à venir).

 

En 2010, les dépenses de l’Etat, de la Sécurité Sociale et des collectivités territoriales représentaient 56% du PIB, ce qui faisait de la France la championne d’Europe en la matière. Si l’on veut tenir compte des dépenses « nettes », c’est-à-dire en y ôtant les remboursements d’impôts et de taxes (le poste « remboursements et dégrèvements » de la loi de finances), le poids des dépenses publiques de fonctionnement, d’investissement, de redistribution et de protection sociale est de 52%.

Comme nous l’avons déjà vu, il est impossible que les dépenses publiques ne restent pas à un niveau élevé, et il est fort probable qu’elles augmentent. Quand bien même les retraites et l’assurance-maladie seraient intégralement privatisées, les dépenses associées (actuellement 21% du PIB pour leur part publique) disparaîtraient apparemment des comptes publics, mais rien ne prouve que les ménages ne paieraient pas autant en primes d’assurance, en épargne-retraite, en intérêts et dividendes pour alimenter des fonds de pension.

Le déficit des administrations publiques (Etat, collectivités territoriales, Sécu) est estimé à 5.6% du PIB en 2011, après 7% en 2010. Pour le réduire, outre le rachat de la dette qui ne pourra faire ses effets que sur des décennies, il y aura une compression de certaines dépenses publiques que nous allons voir ci-dessous, et des hausses d'impôts. Et ce afin de revenir à des niveaux de déficits proches du taux de croissance du PIB français, qui, sur le long terme (on ne parle pas de la récession de 2009 ou de celle à venir en 2012) se situe à 1-2%. Donc l'objectif sera de passer d'un déficit de 5,6% du PIB à moins de 2%.

Nous allons présenter une simulation de ce que donnerait l’application de nos mesures sur les dépenses publiques françaises, et ce non sur un quinquennat, mais sur les trois décennies à venir, pour tenir compte des prévisions démographiques et de leur impact sur les retraites ou la santé. L’impression première est qu’elles baissent à court terme, mais augmentent à long terme. Mais les chiffres que nous donnons sont des valeurs hautes. Dans les sections concernant les retraites ou l’assurance-maladie, nous donnerons des dispositions dans des articles ultérieurs qui permettraient de ramener ces dépenses à un niveau plus bas, permettant d’économiser plusieurs points du PIB sur ces décennies futures.

 

http://imageshack.us/photo/my-images/819/budgetsimul.png/

 

Source : Ministère des Finances, projections de Socialisme & Souveraineté

 

            Comme le détaille le tableau suivant, notre politique d’économies ne concernera pas les secteurs suivants :

-          Secteurs à poids stagnant : Défense, aménagement du territoire, redistribution, famille, invalidité ;

-          Secteurs à poids accru : éducation, aide extérieure, retraites, santé…

 

Nous focaliserons nos réductions sur les interventions économique de l’Etat (que le nouveau système économique rendra obsolète), le coût du chômage, le coût des intérêts de la dette, mais aussi la culture et les médias, qui doivent devenir des secteurs libres, et non administrés par un Etat qui n’a pas de légitimité à décider du beau et du vrai en lieu et place des citoyens.

 

Tableau donnant le montant actuel (2010) des postes de dépenses publiques (par rapport à la richesse nationale, le PIB), et leur probable valeur projetée en 2040, si notre politique était mise en œuvre.

 

Pour que nos lecteurs puissent comprendre comment nous pensons agir sur les principaux postes (éducation, retraites, santé, immigration...), nous mettrons les intitulés de ces postes en lien avec des articles consacrés, lorsque ceux-ci seront publiés (dans les jours à venir).

 

Poste de dépense publique (en % du PIB)

2010

2015

2020

2040

Budget de l'Etat - Education

5,4

6

6

6

Budget de l'Etat - Dette de l'Etat

3,2

3

2,5

1

Budget de l'Etat - Défense et police

3,1

3,1

3,1

3,1

Budget de l'Etat - Intervention économique

1,2

0

0

0

Budget de l'Etat - Aménagement du territoire

1

1

1

1

Budget de l'Etat - Santé - Environnement

0,7

0,7

0,7

0,7

Budget de l'Etat - Redistribution

0,6

0,7

0,7

0,7

Budget de l'Etat - Politique extérieure & immigration

0,3

1

1

1

Budget de l'Etat - Culture, sports & médias

0,3

0

0

0

Budget de l'Etat - Frais des personnels de l'Etat

0,2

0,1

0,1

0,1

Collectivités territoriales

7

5

5

5

Sécurité Sociale - Retraites

13

13,6

14,2

16,5

Sécurité Sociale - Assurance-maladie

8

9

10

12

Sécurité Sociale - Famille

3

3

3

3

Sécurité Sociale - Invalidité

3

3

3

3

Indemnisation du chômage

2

1,5

1

1

Total Etat + Collectivités territoriales

23

20,6

20,1

18,6

Total Sécurité Sociale & chômage

29

30,1

31,2

35,5

Total

52

50,7

51,3

54,1

 

Source : Ministère des Finances, projections de Socialisme & Souveraineté

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 19:25

Retrouvez-nous sur le site de l'ARSIN :

 

http://www.arsin.fr

 

Dans la publication de nos propositions (que vous pourrez retrouver sur notre nouveau site www.arsin.fr dans le courant de l'Automne), ce texte s'inscrit à la suite de notre positionnement écologique global (sur la décroissance). Nous sommes opposés à la décroissance, ce qui ne signifie pas que des modes de vie n'aient pas à être modifiés dans notre vie quotidienne.

 

 

L’automobile est un monument en hommage à la perte d’énergie, de matières et d’espace que l’utilisation individuelle (ou quasiment individuelle) d’une technologie. Le nombre moyen de personnes circulant dans un véhicule dit « de tourisme » ne dépasse pas les 1 à 2. A nombre de personnes transportées égal, l’automobile prend une place nettement supérieure à celle d’un autobus, d’un tramway ou d’un groupe de piétons marchant en rangs clairsemés. Il en résulte une macadamisation excessive des espaces urbains, et en conséquence une sur-extension de ceux-ci. Et cette augmentation de l’espace urbain est aussi l’augmentation des distances, donc du recours aux déplacements motorisés ! Sans parler de l’empiètement sur les mètres carrés qui pourraient aller au résidentiel, donc diminuer le coût des loyers… En 2004, l’association allemande pour le partage automobile a estimé que l’économie de  1 650 véhicules a signifié pour la ville de Zurich l’économie de 25 000 m² de terrain et d’un coût de 33 millions d’euros d’aires de stationnement.

Le coût de l’automobile en pollution et énergie est également très pénalisant : le département britannique des transports[1] a estimé que sur un long trajet, le déplacement d’une personne sur une automobile (où la solitude est souvent de mise) émet cinq fois plus de CO² que le même voyage en train express. En Ile-de-France, l’ADEME a calculé qu’une même valeur énergétique permettait de faire 2.5 fois plus de kilomètres à une personne en bus qu’en automobile, et 7,7 fois plus en métro (pour un kilogramme équivalent pétrole, les distances sont respectivement de 18 kms pour l’automobile, de 47 kms pour le bus, de 140 kms en métro).

Mais le pire legs de l’automobile est, dans l’immédiat, l’hécatombe routière, qui fauche encore plus de 4000 personnes en France, et environ un million dans le monde. Notre pays revient certes de loin (17 000 morts en 1972), et est longtemps resté en retard sur ses voisins européens (notamment britanniques, allemands ou scandinaves) avec 8000 morts annuels au début des années 2000. La réduction de ces chiffres dramatiques a nécessité de nouvelles dépenses (amendes, réfections de route…sans compter l’installation des radars, mais l’effet de ceux-ci sur la mortalité routière est nettement plus sujet à caution, par exemple en France, où cette mortalité chuta en 2002, avant même la mise en place desdits radars) sans compter la perte de capacité productive qu’engendrent les décès (le plus souvent frappant des gens jeunes). D’autres pays européens ont gardé une fréquence élevée d’accidents au kilomètre parcouru, comme le Portugal. D’une manière générale, ce bilan de guerre ne semble pas parti pour s’effondrer au niveau mondial avec la montée du nombre de véhicules individuels en Asie, Afrique ou Amérique latine.

                En plus de ces arguments connus, s’ajoute le calcul – de plus en plus connu également – sur la vitesse réelle à long terme de l’automobile. Celle-ci s’obtient par la division de la distance effectivement parcourue en automobile au cours d’une année par la somme : 1) du temps du voyage lui-même ; 2) en y incluant le temps perdu en embouteillages, en temps de recherche de stationnement, 3) mais aussi et surtout du temps consacré au travail nécessaire pour se procurer une automobile, payer son assurance, puis l’entretien et les réparations. Raisonnant ainsi, la vitesse de l’automobile, telle qu’utilisée par un conducteur français en moyenne, ne dépassait pas les 10 km/h, soit moins que ce qu’une pratique même médiocre du vélo peut vous apporter. Plus généralement, l’INSEE observe que le nombre de kilomètres effectués en moyenne par une automobile particulière a décru au cours des années 2000, passant de 14 100 kilomètres en 1999 à 12 800 en 2008. La société de « l’automobile immobile » vers laquelle nous nous dirigerions n’est pas qu’une image.

 

Comment faire ?

 

Partager l’automobile quand elle n’est pas suppressible

 

                Bien entendu, l’addiction à l’automobile est liée à l’idée que l’automobile «peut tout faire ». Un adulte en bonne santé, sur des distances courtes comme celles d’une ville, sans bagages encombrants, peut très bien choisir le vélo plutôt que l’automobile, et des « courses » entre automobile et bicyclette à l’intérieur d’une commune de l’agglomération parisienne ont donné plusieurs fois la petite reine gagnante. Mais dès qu’il s’agit d’une personne à mobilité réduite, dès que le transport d’objets intervient, l’automobile reprend ses droits. Les alternatives à l’utilisation d’un véhicule personnel existent, par exemple par la location d’utilitaires pour les biens, le transport de personnes pouvant être assurés tant par des collectivités, des organismes humanitaires tels que la Croix-Rouge ou des services commerciaux. A titre d’exemple, depuis les années 1990, plusieurs grandes villes européennes ont vu se développer le partage automobile (plus connu comme  car-sharing), comme activité amateure puis comme filière professionnelle. La renonciation à posséder sa propre automobile peut aussi venir de la crainte du vol. Pourtant, au cours des années 2000, cette catégorie de vol, pourtant répandue en France, a diminué dans les statistiques du Ministère de l’Intérieur ; mais c’est au prix de dispositifs de défenses plus perfectionnés, donc d’une nouvelle dépense privée. Un autre coût de l’automobile est l’assurance, les primes ne diminuant que lentement, même après une baisse nette de la fréquence des accidents.

Si elles prennent pied dans plusieurs grandes villes (comme Paris, où, toutes raisons confondues, la moitié des ménages n’ont pas d’automobile), ces solutions permettant la réduction du parc automobile se développent lentement, au rythme de la montée (tendancielle et chaotique) des prix des carburants, au rythme du vieillissement de la population, et plus marginalement des autres facteurs que nous venons d’évoquer.

 

Réduire l’obligation du déplacement

 

Comme le propose le livre-manifeste Pour en finir avec la société de l’automobile, l’alternative ne pourra manquer d’utiliser la synergie entre différents modes de transports, alliée à la réduction de la nécessité du transport. Ce livre de 2006 propose l’exemple de « villes  nouvelles », dont certaines sont déjà réalisées en Allemagne ou au Pays-Bas, où des quartiers entiers sont interdits aux automobiles. D’autres, à venir, prévoient de (re ?)-loger des centaines de milliers, voire millions de personnes dans des agglomérations multi-centres où la distance à parcourir pour joindre tous les services nécessaires à la vie courante serait, à pied, au maximum d’une heure pour des espaces urbains de plusieurs millions d’habitants. On peut douter de la possibilité de « rebâtir » des villes, surtout lorsqu’elles sont généralement anciennes telles que celles du continent européen, et que la population a généralement cessé de croître. Mais la répartition des modes de transports est bonne : diviser la ville en quartiers dans lesquels il n’y a pas d’automobiles, pas de véhicules motorisés à quatre roues en dehors de ce qui permet la livraison des biens lourds, des véhicules légers pour les personnes à mobilité réduite. Dans les interstices entre quartiers, des voies réservées au transport collectif. Enserrant tout l’ensemble urbain, une rocade peut desservir plusieurs gares routières à partir desquelles la location d’une automobile est possible pour des distances de plusieurs dizaines de kilomètres, le recours au train devenant nécessaire au-delà.

Avant de continuer sur cette « désautomobilisation », rappelons-nous que la moitié seulement des motifs de déplacement ont trait au travail ou aux achats. Donc les solutions que nous pouvons évoquer pour réduire les trajets professionnels ou commerciaux ne peuvent concerner d’emblée qu’une – forte – minorité des déplacements. Cette réduction de la nécessité du transport professionnel ou commercial passe par plusieurs voies : échange de places, informatisation et collectivisation. La longueur des transports dans une grande agglomération comme celle d’Ile-de-France est devenue proverbiale. Mais elle devient ubuesque lorsque des personnes se croisent quotidiennement dans les transports, les uns se rendant travailler près de là où résident les autres, surtout lorsqu’ils exercent des métiers comparables ! Dans ces cas, l’échange de postes deviendrait pourtant une solution raisonnable. Seulement, cela obligerait à avoir une connaissance globale des ressources humaines dans chaque ville, métier par métier, et de pouvoir les classer par lieu de résidence. La recherche spontanée d’un échange d’emplois devient carrément impensable dans un pays où le fort taux de chômage pousse chaque salarié à s’attacher à son poste. C’est pour cela que seule une forte incitation des citadins à déclarer leur situation professionnelle et résidentielle, sous anonymat, sur une base centralisée, permettrait aux services de l’Etat – ou d’une délégation de service public – de proposer à chaque usager un échange possible avec une autre personne.

« L’informatisation » évoquée plus haut est celle qui consiste à recourir 1) de plus en plus massivement au télétravail, ce qui se limite au secteur des services le plus souvent, et 2) au recours aux services commandés via Internet, aussi bien pour les achats que les transports de personnes. Ce qui rejoint immédiatement la notion de mutualisation/socialisation des transports citée plus haut : faire faire ses courses par une entreprise ou un autre particulier ne supprime pas totalement la consommation d’énergie, mais permet des économies d’échelle. On peut même songer à créer des réseaux de transports publics urbains parallèles aux transports de voyageurs, mais destinés au transport de marchandises, avec un réseau d’entrepôts, publics ou loués à des particuliers.

 

 

De la taxation du carbone

 

                Nous avions brièvement évoqué plus haut un désaccord de principe avec la taxe carbone, en évoquant l’un des ses principaux apologues, Jean-Marc Jancovici. Notre opposition rejoint principalement l’argument « social » : la taxe frapperait les plus pauvres, ceux qui n’ont pas la possibilité d’habiter en centre-ville, donc doivent posséder une automobile pour se déplacer, ceux qui n’ont pas les moyens d’acquérir un chauffe-eau solaire, des panneaux photovoltaïques, qui se chauffent au gaz et roulent au gazole. Mais on comprend bien les arguments pour la taxe que Jancovici et Grandjean exposent dans Le plein s’il vous plait (2006). Il s’agit d’abord de corriger l’ineptie du marché, incapable de donner son prix de long-terme à des carburants fossiles forcément limités ; donner à l’Etat les recettes nécessaires pour mener les investissements qui mèneront à l’efficacité énergétique, et permettront de réduire des trois quarts les émissions carboniques françaises. La taxe forcera l’économie française à s’habituer à cette rareté énergétique, et pourrait même avoir un avantage sur l’emploi, en favorisant le recours au travail humain pour réparer les machines et instruments plutôt que de recourir systématiquement à leur remplacement. Alors que le marché des « droits à polluer » ne peut au mieux que limiter la hausse des émissions, et que des subventions seules (sur quel financement) déclencheraient des milliers de procédures de validation, la taxe, elle, permettrait la baisse nette des émissions et ne souffrirait que d’un petit nombre d’exonérations à valider (sur ce point, on peut trouver que l’argumentation de Jancovici est optimiste, surtout dans le pays des niches fiscales qu’est la France).

                Il n’en reste que les deux auteurs éludent un peu rapidement la question sociale, et les inégalités que j’ai évoquées plus haut. Ce n’est pas tant le principe de la taxe qui gène, que le fait de la mettre en place sans avoir donné à la population les moyens d’éviter de trop souffrir de cette rationalisation énergétique soudaine. Par exemple en dopant l’activité du partage automobile.

 

Ne pas interdire, mais partager l’automobile

 

Le principe serait d’inciter un certain nombre de conducteurs à se déclarer comme covoitureurs, et de les amener à déclarer leurs clients pour recevoir une subvention sur le prix du covoiturage (quelques pourcents de majoration sur la recette du conducteur, pour l’inciter à déclarer et continuer de covoiturer), et 2) le remboursement d’une partie du prix au client, pour que le transport en commun reste abordable. Le financement de ce remboursement viendra bien entendu de la taxe carbone. Le fonctionnement peut être illustré ainsi : un conducteur covoitureur achète 5 litres d’essence à 3 euros chacun, dont les deux tiers vont dans une caisse spéciale de l’Etat au titre de la taxe. Il a donc payé 15 euros, dont 10 à cette caisse. Le conducteur va ensuite transporter quatre personnes à qui il fera payer 3.75 euros le voyage (donc 15 euros ensemble; prix décidé par le conducteur) sur une distance ayant pris 5 litres d’essence. La caisse spéciale de l’Etat va ensuite verser 1 euro de subvention au conducteur, lui assurant un bénéfice, et rembourser 9 euros aux quatre passagers, soit 60% du prix qu’ils ont acquitté. Et plus la taxe est élevée sur un litre, plus le taux de remboursement sera fort, puisque la taxe sera l’essentiel du coût du transport. Le remboursement peut être étendu à une catégorie d’exonérés (chômeurs, habitants de zones rurales, taxis, médecins, autres professions utilisant régulièrement un véhicule). Mais le particulier utilisant seul son véhicule paiera le prix fort et sans aucune indemnisation. Parallèlement à cela, l’organisation du covoiturage peut être facilitée par l’informatique : les particuliers peuvent être incités à déclarer anonymement  les trajets dont ils ne pouvaient se passer sur un site internet au service de l’Etat. La centralisation des besoins de transports des individus sur une base de données permettant de calculer les trajets de covoiturage économisant le plus de véhicules, d’essence et de temps, et de les proposer ensuite aux usagers. A cette proposition s’ajoute également la possibilité des échanges de postes dont nous avons déjà parlé plus haut, ainsi que le recours soutenu au télétravail.

Un obstacle majeur qui se dressera sur la route de la sortie de l’automobile est le volume d’emplois liés à l’activité automobile. En France, le chiffre de 10% de la population active a déjà été avancé, incluant non seulement les salariés des constructeurs, des concessionnaires, mais aussi de l’assurance automobile, de l’entretien et réparations, des fournisseurs…en bref, un ensemble de travailleurs aux compétences très diverses et dont les possibilités de reconversion sont loin d’être nulles. Le secteur proprement dit de l’automobile, selon l’OICA, organisation internationale des constructeurs, ne réunit en fait que 304.000 personnes en 2009, 1,2% des actifs en France.

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 23:49

 

Les membres de Socialisme & Souveraineté travaillent désormais en priorité sur le site de l'Association Républicaine pour le Socialisme et l'Indépendance Nationale. Nous continuerons de publier des articles sur ce site pendant plusieurs semaines, en parallèle avec le site de l'ARSIN. Mais notre activité principale sera sur :

 

 

http://www.arsin.fr/

 

 

Destinée à être une association ouverte, l'ARSIN accueillera volontiers les contributions qui lui seront soumises. Nous allons en priorité travailler à développer notre audience, qui sera également la vôtre.

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 23:22

     Il y a une semaine, commençait la "bataille de Tripoli". Petit tour des faits et rumeurs qui ont circulé depuis. Les sources : confrontation entre les médias des pays de l'OTAN (BBC, Skynews, AFP, Reuters), du Qatar (Al Jazeera), des pays non-intervenants (Ria Novosti, Xinhua, Romandie.ch...) et de médias et pays solidaires du gouvernement libyen ou du moins très hostiles à l'OTAN (Réseau Voltaire, Telesur, Michel Collon, différents blogueurs tels qu'Alain Benajam ou Allain Jules, récemment congédié du Nouvel Observateur).

 

Où en était le front avant le 21 Août ?

 

     Selon le "Conseil National de Transition", siégeant à Benghazi : en dehors de toute la Cyrénaïque, avec le port pétrolier de Brega dont la raffinerie serait tombée entre les mains des rebelles le 20 Août après des semaines de combat, les rebelles contrôlaient en Tripolitaine les villes de Misrata, Gharyane, Zaouwiya, Zliten, Sorman, Sabratha, de Zenten et des autres villes du Djebel Nefoussa, au Sud-Ouest de Tripoli, bastion berbère de la rébellion depuis Février dernier.

 

     Selon le gouvernement libyen, et des journalistes comme Thierry Meyssan, les prises rebelles ne seraient que des simulacres, l'OTAN faisant fuir temporairement l'armée libyenne, les rebelles venant prendre des photos et vidéos à ce moment, avant de déguerpir avant le retour des forces loyalistes. Selon Meyssan, avant le 21 Août, les villes de Zawouiya et Gharyane auraient été reprises, ainsi que la grande majorité de Misrata.

 

Le front au début du mois d'Août, en Libye et en Tripolitaine (Nord-Ouest)

 

http://imageshack.us/photo/my-images/217/avant20082011libyanfron.png/

 

http://imageshack.us/photo/my-images/62/avant20082011tripolitan.png/

 

Les rebelles sont-ils entrés dans Tripoli?

 

     Personne ne le nie, la question semble plutôt être : avec quel succès? Selon les rebelles, et des chaines comme Al Jazeera (Qatar) ou SkyNews (Royaume-Uni), les rebelles seraient rapidement arrivés, en l'espace de quelques heures, jusqu'au centre de la capitale, rencontrant très peu de résistance de l'armée régulière, et une foule enthousiaste les aurait célébrés sur la Place Verte (lieu de parade habituelle des kadhafistes). Al Jazeera a tourné des scènes sur ladite place... qui se sont révélées être des faux. Des internautes ont vite remarqué l'absence de détails architecturaux notables de la place sur les images de la chaine qatarie, qui était déjà soupçonnée par le régime de Tripoli de construire des décors tripolitains pour y tourner de fausses scènes. On peut aussi s'étonner de l'abondance des drapeaux rouge-noir-vert (emblème de la rébellion, reprise du drapeau de la monarchie des Sénoussi, renversée par Kadhafi en 1969) parmi la population de la ville...à moins que les rebelles n'aient pris le temps de faire une distribution générale de drapeaux en prenant la ville. Moustapha Abdul Jallil, président du CNT, aurait admis cette supercherie scénique, la justifiant comme arme de guerre psychologique qui aurait été bénéfique tant militairement que diplomatiquement, de nouveaux pays ayant reconnu le CNT comme seul gouvernement légitime de Libye.

 

     Parallèlement à cela, deux fils de Mouammar Kadhafi, Mohammed et Saïf-al-Islam, ont été donnés pour capturés dans la journée du Dimanche 21 Août, avant que les informations ne soient démenties : Mohammed se serait enfui après quelques heures de captivité, et Saïf-al-Islam est apparu triomphant devant plusieurs dizaines de supporters dans le bastion de Bab El Azizya (le bunker à grande échelle de Kadhafi) dans la soirée. Ces informations, plus celles concernant Al Jazeera, démasquées dans les jours suivants, ont donc jeté un fort scepticisme sur l'avancée de la rébellion dans la ville.

 

     Selon le CNT, 80% de la capitale serait passé entre leurs mains en quelques heures, ne laissant que le quartier fortifié de Bab El Azizya  et le quartier d'Abou Slim au Sud, ainsi que l'hôtel Rixos où plusieurs dizaines de journalistes étrangers auraient été réunis, dont Thierry Meyssan. Le gouvernement libyen répliqua bientôt que la majorité de la ville restait sous son contrôle, et qu'une contre-attaque massive unissant l'armée et "le peuple de Tripoli" mettait en déroute les rebelles. En même temps, sur appel du Raïs, des colonnes de "volontaires" seraient parties de Bani Walid, Syrte et Sebha (les trois derniers grands bastions kadhafistes de Libye, si l'on en croit la carte du front selon les rebelles), pour défendre la capitale. Leur effectif a été annoncé à plusieurs dizaines de milliers dimanche soir sur des sites pro-Kadhafi, avant de revenir à quelques milliers au cours de la semaine...Dont on se demande comment ils vont parvenir à franchir les centaines de kilomètres séparant Sebha et Syrte (villes elles-mêmes ciblées par l'OTAN et le CNT depuis) de Tripoli sans tomber sous le feu des avions de l'OTAN. Mais, toujours selon le gouvernement libyen, 6500 "volontaires" auraient rapidement rejoint les forces loyalistes pour "nettoyer la capitale"...

 

     Si l'on prend d'autres sources, par exemple celles de pays non impliqués dans le conflit, voire hostiles à l'intervention de l'OTAN (comme la Chine et son agence Xinhua, ou la Russie de Ria Novosti), on ne trouve pas de démenti catégorique des avancées rebelles dans la capitale libyenne.

 

    De plus, on peut comparer les informations transmises par Alain Benajam, militant gaulliste français en contact avec Thierry Meyssan à Tripoli, qui annonçait sur Facebook en début de semaine que l'armée régulière était victorieuse dans Tripoli, et que le journaliste du Réseau Voltaire allait très bien...avant que tout le Réseau ne s'inquiète de la survie de celui-ci et s'impatiente de son évacuation prochaine au cours des jours qui ont suivi...

 

Que font les rebelles, militairement parlant ?

 

     Il est unanimement reconnu que la valeur militaire des fantassins de la rébellion est faible, voire très faible, inférieure à celle des troupes de Kadhafi, pourtant peu glorieuses, comme l'a reconnu au Time un mercenaire croate ayant travaillé pour le régime. Le credo des supporters de Kadhafi, en Libye ou ailleurs, est de dire que les rebelles ne font rien, absolument rien, et que l'OTAN mène tous les combats depuis les airs, les rebelles ne faisant qu'occuper le terrain. Il est vrai que les images et vidéos qui nous parviennent, même dans les médias français et britanniques, montrent des hommes en civil avec des armes en bandouillières, criant leur victoire et tirant en l'air, ou tirant au canon vers des cibles inconnues : rien qui ressemble à des combats. Ceci dit, on imagine difficilement les journalistes filmer de près des affrontements entre combattants au sol, ne serait-ce que pour leur propre sécurité.

 

     En même temps, depuis des mois de conflits, notons que la rébellion a réussi à tenir des bastions sur la durée, tels Misrata et le Djebel Nefoussa. Ce qui a donné à plusieurs centaines de leurs combattants l'occasion de faire l'épreuve du feu. Ce qui a impacté l'assaut sur Tripoli. Selon le site Maghreb Intelligence, basé au Maroc, l'opération "Sirène" entamée le Samedi 20 Août, aurait fait débarquer 200 combattants de Misrata près de Tajoura, à l'Est de Tripoli. Pendant ce temps, d'autres combattants rebelles seraient venus du Sud et de l'Ouest (de Zawouiya et Sorman). Mais rien n'aurait été possible si une partie des troupes de Kadhafi ne s'était retournée contre le Guide, ouvrant les portes de la ville aux hommes du CNT, pendant que les mosquées appellaient à l'insurrection des cellules dormantes de la rébellion dans la ville. De la même manière, ce serait principalement par négociation avec les tribus de la côte tripolitaine que les hommes du Djebel Nefoussa auraient pu prendre Zawouiya, Sabratha et Sorman.

 

     Selon le même document, la participation de plusieurs centaines de membres des forces spéciales françaises (DGSE) ou britanniques (SAS) pour préparer l'assaut sur Tripoli, voire l'encadrer, depuis le Djebel Nefoussa ou lors du débarquement de Tajoura, est fort probable. Cependant, rien ne contredit que les combattants rebelles présents dans la capitale soient bel et bien en majorité des libyens.

 

     Dans Tripoli, les troupes rebelles, avant comme après la prise du bunker de Bab-El-Azizya (un "repli tactique" selon Kadhafi), essuient des tirs de snipers et d'artillerie. Selon Alain Benajam sur Facebook, ce seraient jusqu'à 2000 corps de rebelles (chiffres surprenants par rapport aux quelques centaines de combattants annoncés par le CNT lui-même) qui auraient été trouvés dans la ville après la "contre-offensive victorieuse" du début de cette semaine (victoire kadhafiste qui parait de plus en plus improbable, confirmée par aucune autre source que celles du régime et de ses partisans déclarés comme le Réseau Voltaire)... Au final, on ne sait pas si les rebelles savent se battre ou pas, mais le fait est qu'ils risquent bien leurs vies dans des combats où l'OTAN ne peut pas tout faire...

 

Que se passe-t-il dans le reste de la Libye?

 

     Toujours selon le CNT et les médias des pays de l'OTAN : les offensives ont continué en Tripolitaine et dans le golfe de Syrte, l'essentiel de la côte tripolitaine étant sous contrôle rebelle, hormis Zwara, près de la frontière tunisienne, le centre de la ville étant sous contrôle rebelle, mais assiégé par des troupes loyalistes de localités proches. A Zliten, les mêmes forces loyalistes tiendraient des positions en hauteur et auraient tenté de reprendre la ville côtière. Le principal bastion kadhafiste en Tripolitaine, hormis les quartiers Sud de Tripoli, est Bani Walid. Entre cette ville et la capitale, se trouve Tarhouna, ville annoncée prise par les rebelles le week-end du 20 Août puis reprise le 27...par les mêmes rebelles (vous avez dit confusion?).

 

     Dans le golfe de Syrte, la ville de Ras Lanouf, déjà prise par la rébellion, prise et perdue plusieurs fois, depuis le mois de Mars, serait à nouveau passée sous contrôle du CNT cette semaine. Elle n'est présentée dans la plupart des médias que comme une étape avant Ben Jawad (qui serait tombée ce week-end malgré une résistance âpre des kadhafistes cette semaine) et surtout Syrte, ville natale du Guide, dans laquelle l'armée libyenne serait massée. C'est oublier que Ras Lanouf est une prise capitale : c'est, avec Brega, l'un des principaux terminaux pétroliers de Libye. Le réseau d'extraction et d'acheminement pétrolier est principalement situé dans le centre-est de la Libye, entre la Cyrenaïque et Ras Lanouf. Un autre oléoduc passe près du Djebel Nefoussa, à l'Ouest du pays. La prise de Ras Lanouf, loin d'être un détail, signifie que le régime kadhafiste a perdu le contrôle de l'or noir. Quand bien même l'armée régulière libyenne arriverait à stabiliser le front, elle n'aura plus ni essence, ni argent (d'autant que ses avoirs financiers sont gelés et saisis par les USA...). Cependant, même si l'attention est focalisée sur Syrte et Ben Jawad, la situation de Ras Lanouf n'est pas encore certaine, des combats y ayant été reportés ces derniers jours.

 

Situation du front au 28 Août 2011, en Libye et dans le Golfe de Syrte

(zones sous contrôle rebelle en rouge/rose/brun, zones sous contrôle du régime de Kadhafi en vert) 

 

 

 

Et les pertes humaines ?

 

     Selon le gouvernement libyen, à Tripoli, elles auraient été très élevées. Au moins 300 morts Samedi 20 Août au soir, 1300 en une douzaine d'heures à partir du Dimanche midi (on peut s'étonner de la rapidité d'un tel décompte, forcément incertain puisque nombre de blessés peuvent décéder en quelques heures). On ne sait pas en revanche quelles sont ces pertes : des militaires loyalistes? Des civils? Des rebelles? Combien de gens morts l'arme à la main et combien de civils?


     Si ce chiffre de plus de 1600 morts était avéré (le CNT parle plutôt de 400), il faudrait l'ajouter aux plus de 1000 morts que le gouvernement libyen impute aux frappes de l'OTAN. Chiffres à mettre en perspective avec les centaines de victimes de la répression des manifestations de Février. Si le chiffre de 6000 morts en Février-Mars avancé par le CNT a été démenti, ou plutôt non confirmé par Amnesty International au cours du printemps, il n y en a pas moins eu plusieurs centaines reconnus par l'association (et 233 en quatre jours, du 17 au 20 Février, de sources hospitalières, par Human Rights Watch - Kadhafi n'a peut-être pas bombardé son peuple à ce moment, mais ses troupes ont bel et bien tiré). Pour l'ensemble du conflit, le CNT a parlé récemment de 20.000 morts. Ce qui, si c'était vrai, laisserait suggérer que l'essentiel des décès n'ont pas eu lieu du fait des bombardements mais d'affrontements et d'exécutions au sol...

 

     Depuis le début de la bataille de Tripoli, les récits d'exactions s'affrontent : le Réseau Voltaire et Michel Collon parlent de pillage et d'exécutions sommaires commises par les rebelles (qui étaient censés avoir été "mis en déroute" en début de semaine). Un journaliste de France 24 semble les confirmer, citant un quartier où plusieurs dizaines de ces exécutions auraient eu lieu. Des corps d'hommes noirs, les mains attachés dans le dos, ont été retrouvés par des journalistes britanniques, qui ne savaient à qui les attribuer. Parfois, ces victimes sont décrites comme d'ex-combattants pro-Kadhafi. Cela ressemble surtout beaucoup aux meurtres racistes relevés en Cyrénaïque, mais dont rien ne permet d'affirmer qu'ils seraient commandités par le CNT.


     A l'inverse, les rebelles et les médias franco-britanniques ont reportés plusieurs cas de charniers de prisonniers censés avoir été abattus par les troupes de Kadhafi juste avant leur retraite, parfois à la grenade...

 

     Il faudra longtemps pour qu'un examen des pertes civiles ou militaires tués hors combats soit fait, aussi bien pour les frappes de l'OTAN que pour les actions au sol.

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 22:22

 

Bataille de Tripoli - Photo F. Monteforte, AFP

 

     L'actualité s'accélère considérablement, en ce mois d'août. Krach boursier, tentative d'instauration d'une "dette européenne" face à la crise des dettes publiques, et une phase décisive du conflit libyen, avec un assaut sur Tripoli aujourd'hui même.

 

     Nous n'avons pu suivre ni produire des commentaires sur tous ces évènements. Pendant ces dernières semaines, nous avons travaillé à établir plus de contacts avec des militants, des blogueurs, des internautes pour faire évoluer notre action vers une nouvelle structure. Néanmoins Socialisme & Souveraineté publiera régulièrement des articles, des revues de presse sur ces actualités au cours des semaines à venir.

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 12:09

     Rompant avec notre faible activité aoûtienne, nous vous faisons par de la nouvelle vidéo du président de l'UPR sur le krach en cours. D'autant plus que, pour le déclarer officiellement, aujourd'hui, tous les membres de Socialisme & Souveraineté sont également membres de l'UPR.

 

     Nous vous proposons d'écouter ces quelques mises aux points utiles d'abord :

 

 
     Cependant, il reste quelques confusions à noter dans le discours de Mr. Asselineau. Il a tout a fait raison de montrer quelle est l'ampleur réelle de l'endettement public (au sens large) américain. Mais F. Asselineau dit que le monde financier pousse les USA à s'endetter (et relever le plafond de la dette). En réalité, c'est l'Etat américain qui poursuit une politique de déficits publics massifs (qui n'ont abs...olument pas relancé l'économie, transmis à ceux qui couinent que "l'austérité ça casse la croissance"), et que si les financiers ont demandé le relèvement du plafond de la dette, c'est parce que ces déficits rendaient cela inévitable. En revanche, toute une partie de la classe politique US, en premier lieu les républicains et le "Tea Party", n'ont cessé de revendiquer une baisse du déficit, notamment par la baisse des dépenses publiques, et F.Asselineau ne s'attarde pas trop sur le sujet (alors que cela montre que non, aux USA, l'establishment ne se bat pas pour toujours plus de dettes, au contraire). Ensuite, autre confusion: comparer directement le niveau de dette par habitant des USA, de la France ou de la Grèce. Le problème, rappelons le une fois pour toutes, ce n'est pas la dette, c'est le déficit. Si par exemple la Grèce avait 0% de déficit, même en ayant une dette valant 160% de son PIB (chiffre bientôt atteint), alors il n'y aurait pas de crise grecque. Le déficit public américain est de l'ordre de 7 à 8% du PIB (1100 mds de $ quand même par an), ce qui reste moins que la Grèce (10%). Il ne sert à rien de monter une théorie selon laquelle "les USA auraient le droit de s'endetter et pas les autres", non, en fait ce sont bien la plupart des états d'Europe (et la France ne s'en tire pas à merveille avec son déficit à 5%) qui sont dans une panade comparable voire supérieure à celle des USA.
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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 22:30

     Nous n'avions encore exprimé aucune réaction face à la tuerie norvégienne du 22 Juillet dernier.

      Après lectures et réflexion, c'est encore (une fois de plus) celle du blogueur Descartes qui semble la plus pertinente :

De la folie privée et de sa récupération publique

 

Si notre système politico-médiatique devait choisir une animal comme mascotte, ce serait certainement le vautour. Ce serait une digne manière de rendre hommage à ce volatile si utile et cependant si méprisé. Et ce serait aussi un digne symbole de ce qui arrive de plus en plus souvent: dès qu'un désastre, une catastrophe, un fait divers sordide est annoncé, apparaît toujours quelqu'un pour décréter - souvent en se pourléchant les babines avec la plus grande indécence -  que l'évènement en question prouve qu'il a raison et que ses adversaires ont tort. L'accident de Fukujima permit ainsi à plusieurs personnalités antinucléaires de se réjouire publiquement et de proclamer que ce serait "pire que Tchernobyl". L'affaire Strauss-Kahn vit un certain nombre de "féministes de genre" sortir du bois avec de grands sourires sortir le grand couplet sur le "patriarcat" est soutenir les larmes aux yeux la "victime". Souvent d'ailleurs la déclaration suit de tellement près le fait qu'il est évident qu'elle n'est soutenue par aucune analyse sérieuse ou des faits certains. Ce qui donne d'ailleurs des situations cocasses ou franchement ridicules. L'accident nucléaire "pire que Tchernobyl" ne s'est finalement pas matérialisé (1). L'affaire Strauss-Kahn devient de plus en plus clairement une banale affaire de chantage (2) .

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 22:10

     Nicolas Sarkozy s'est adressé, fait extraordinaire et peu constitutionnel, aux députés pour leur demander de souscrire à une "union nationale" autour de la "règle d'or" visant à réduire les déficits budgétaires. Avec 5,6% du PIB en déficit public prévus pour 2011, et une croissance qui sera sans doute revue à la baisse, on peut comprendre un tel objectif. Mais le député PCF André Gérin l'appelle à recentrer le débat sur l'euro et l'intégration européenne, ce qui nous semble bien plus juste encore.

 

 

     Monsieur le Président,

   

    Vous avez décidé de vous adresser par lettre à l’ensemble des parlementaires à propos de la crise qui frappe la zone euro, du sommet européen de Bruxelles du 21 juillet et de votre souhait d’inscrire dans notre Constitution ce que d’aucuns appellent la « règle d’or », en clair, l’austérité comme horizon indépassable de toute politique publique, un nouvel abandon de notre souveraineté nationale.

  

     La Constitution ne prévoit pas ce mode d’expression du Président de la République en direction de la représentation nationale. Mais ne soyons pas formaliste. Je comprends votre choix au regard de la difficulté devant laquelle vous vous trouvez.



     Il semblait, en effet, difficile de convoquer le Parlement en Congrès, en pleine période estivale et alors que la session parlementaire s’est achevée, pour vous y exprimer, comme le prévoit désormais la Constitution.

  

     Il est, pour vous, tout aussi délicat d’engager la même démarche afin que le Congrès se prononce sur votre « règle d’or ». Vous n’êtes, en effet, pas sûr du tout de recueillir les 3/5ème des suffrages nécessaires à l’adoption de votre texte, ce qui ferait désordre à moins d’un an de l’élection présidentielle.

 

     C’est pourquoi je vous fais une proposition qui vous permettrait de sortir par le haut, selon une expression désormais courante, de l’impasse dans laquelle vous vous trouvez : organisez un référendum afin que le peuple se prononce.

 

 

 

     La suite sur :

http://www.andregerin.fr/index.php?option=com_acymailing&ctrl=archive&task=view&listid=13-archives&mailid=295-reponse-au-president-sarkozy-qconsultez-le-peuple-organisez-un-referendumq&Itemid=54

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