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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 23:48

Nous continuons la publication du programme. Ceci est le second volet de la description d'un modèle économique qui nous semblerait juste, d'après les motifs exposés dans un précédent article, et que nous voudrions expérimenter en  France, fusse-ce à l'échelle régionale.

Comment les particuliers gagneront leur vie, consommeront et constitueront leur patrimoine)

Résumé :

            Chaque individu a droit à une part d’un revenu national destiné à l’achat des biens et services de consommation. Ce revenu varie en fonction du métier de la personne, de son secteur d’activité, mais aussi des résultats de son entreprise. Ainsi le revenu n’est jamais entièrement décidé par l’Etat. Et les travailleurs ont toujours intérêt à accroître la productivité des entreprises.

            Les revenus des particuliers, limités, sont versés dans une monnaie différente de celle, illimitée, des entreprises. Ce qui permet à l’Etat de jouer sur les taux de conversion et de favoriser ou non certaines consommations, sans rien interdire ni sacrifier les revenus des producteurs.

 

L’allocation du revenu aux particuliers

            Chaque individu aura un revenu versé par la collectivité, ou encore l’Etat, si l’on préfère. Ce ne sont pas les entreprises qui paient leurs employés, même si les employés sont concernés par la performance de leurs entreprises. Il y a, au début de chaque année, une quantité fixée de revenus à distribuer entre tous les habitants du pays. Elle croit d’année en année en fonction de l’estimation de la croissance de la production consommable. L’Etat y retranche d’abord une fraction qui servira aux dépenses de consommation collective (des services publics et étatiques gratuits). Et le reste sert à financer des revenus individuels.

            Pour chaque personne, l’Etat écrit une équation. A la base, vous disposez d’un soixante millionième (cas de la population française) du revenu national. Mais cette fraction va être multipliée par plusieurs facteurs : le facteur « Secteur d’activité », le facteur « Métier », et le facteur « Résultats de l’entreprise ».  Ces facteurs sont des nombres, toujours supérieurs à zéro, mais qui resteront le plus souvent compris entre zéro et un nombre relativement bas, cinq par exemple, pour ce qui est des facteurs liés au métier ou au secteur d’activité.

            Déjà, à la base, l’Etat ne va pas vous verser la même chose si vous êtes inactif, retraité, étudiant, ou que vous travaillez dans un des secteurs de l’économie.Cela détermine votre facteur lié au « secteur d’activité ».  On va donc vous attribuer un facteur plus élevé si vous êtes travailleur, et moins élevé si vous êtes actifs.  Vous ne toucherez pas la même chose non plus, si vous travailliez dans un secteur que l’Etat entend favoriser, ou qu’il entend défavoriser. Au sein de l’entreprise ou de la structure dans laquelle vous travaillez, vous ne percevrez pas non plus le même revenu selon votre métier.Normalement, le dirigeant est celui qui a le plus haut facteur lié à son métier. Afin de motiver leur personnel, les entreprises peuvent attribuer divers niveaux de responsabilité à leurs membres, de l’exécutant au cadre ou à l’ingénieur.

            Vient ensuite le facteur lié aux résultats de l’entreprise. Nous avions vu que les entreprises avaient un barème, fixé par l’Etat ou les « banques »  dans chaque secteur de l’économie, et en fonction de la taille de l’entreprise. Si l’entreprise réalise un solde très inférieur à ce barème, elle risque d’être dissoute. Mais le barème va aussi servir à moduler le revenu des membres de l’entreprise. Si le solde de l’entreprise est égal au barème, le facteur lié au revenu de l’entreprise sera égal à un. Plus le solde de l’entreprise sera inférieur au barème, plus ce facteur tendra vers zéro. A l’inverse, le facteur peut dépasser un si l’entreprise réalise un meilleur solde que les autres entreprises de sa catégorie. Le produit des coefficients et du revenu de base aboutit au revenu individuel, basé sur les performances de l’année précédente, sur des critères que chacun peut connaître et critiquer.

 

Au final, l’équation du revenu individuel est :

Revenu individuel = Revenu national / Population

* coefficient métier

* coefficient secteur

* coefficient du résultat d’entreprise

Les coefficients de métier et de secteur étant votés par les parlementaires, parmi plusieurs propositions de statisticiens. Ces propositions doivent vérifier la condition suivante : la somme des revenus individuels est égale au revenu national que l’Etat entendait verser.

 

Le marché du travail

Ainsi se régule l’activité des personnes dans ce système. Il y a d’une part une régulation collective, de par les plus et les moins affectés à telle profession ou filière d’activité. Mais les plus libéraux redouteront, et sans doute à juste titre, un marché du travail régi par l’Etat. Mais il y a toujours cependant une régulation du travail par les entreprises elles-mêmes. Le calcul du revenu vu plus haut fait que nous aurions tous intérêt à rejoindre les entreprises les plus productives, aux meilleurs ratios. S’il y a trop peu de travailleurs dans un secteur, parce que l’Etat aurait fait une désincitation peu pertinente, les prix que les entreprises paieront pour ces services monteront. Une filière indispensable au fonctionnement de l’économie ne peut disparaître.

Les prix à la consommation

Abordons une subtilité nouvelle de ce système : il y a une monnaie pour les entreprises, que nous appellerons par exemple le franc, et le revenu des particuliers sera distribué dans une autre monnaie, que nous appellerons par exemple l’écu. La monnaie des particuliers est à validité temporaire (mais elle peut être épargnée), et en quantité limitée.

La conversion entre les deux monnaies doit forcément être décidée par une autorité extérieure au marché, sans quoi les entreprises demanderaient que chaque écu versé en achat leur rapporte des quantités astronomiques de francs.  Est-ce que cela revient à fixer les prix, comme cela était le cas dans les économies planifiées ?  Non, car le consommateur est toujours libre d’offrir la quantité d’écus qu’il souhaite pour s’offrir quelque chose. Mais l’Etat a la possibilité de modifier les taux de conversion pour changer le pouvoir d’achat du consommateur sur tel ou tel produit sans diminuer le gain du vendeur (c’est là l’intérêt de la double monnaie par rapport à des fixations de prix).  A l’inverse, les productions qui ne bénéficieraient pas de taux  favorables vont à la fois perdre une partie de leur clientèle et être moins produites par leur filière.

Mais il faut rappeler que les entreprises ont des crédits illimités, et peuvent s’arranger librement pour effectuer leurs tâches. Dès lors influencer un prix à la vente auprès des particuliers orientera l’économie, intensifiera ou raréfiera certaines productions, mais ne créera aucun obstacle technique pour qu’une entreprise puisse produire ce que quelqu’un est prêt à acheter. Il n’y aura pas, contrairement à une économie planifiée, de pénurie inévitable. Les travailleurs ne sont plus directement rémunérés par leur patron mais par la collectivité, sans être fonctionnaires. La collectivité peut orienter des productions, sans n’en empêcher aucune.

 

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Published by Socialisme&Souveraineté - dans Propositions
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