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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 08:42

http://photo.lejdd.fr/media/images/politique/olvier-besancenot-jean-luc-melenchon/935887-1-fre-FR/Olvier-Besancenot-Jean-Luc-Melenchon_pics_390.jpgNous aimerions être sociaux-démocrates, ça serait beaucoup plus confortable au quotidien et ça permettrait à notre organisation d'attirer bien plus de monde (car le simplisme ça plait, surtout en ces temps de destruction de l'intelligence et du sens). Mais dans la mesure où il est impossible et irraisonnable de défendre une idéologie à laquelle nous ne croyons pas, nous ne pouvons l'être. Et nous allons expliquer pourquoi de la manière la plus simple et la plus rapide possible (n'en déplaise aux plumitifs et philosophards qui aiment faire des phrases de 10 lignes avec des figures de style pour se sentir exister et pour mieux cacher le grand vide de leurs propositions concrètes).


Toutes les mesures économiques proposées par les sociaux-démocrates, que ce soit la social-démocratie traditionnelle (Parti Socialiste) ou son aile gauche (Mélanchon, Besancenot) - les gauchistes n'étant jamais rien d'autre que l'aile gauche de la social-démocratie - sont en apparence très alléchantes et on ne peut a priori qu'y être favorable. Citons pêle-mêle : la retraite après 37,5 ans de cotisation pour tous (1), 32 heures de travail par semaine, augmentations de salaires pour tous, taxes sur les revenus du capital, revenu universel dès la naissance, revenu maximal (pour éviter les rémunérations trop élevées),......


Tout ceci est donc bien alléchant mais quiconque - même sans être économiste - à un peu de culture économique (c'est à dire pas les Rantanplans de la sience économique) sait que l'économie d'un pays est quelque chose de complexe et que tout changement à des répercussions en cascade sur le reste.


C'est bien là le problème des politiques économiques social-démocrates et qui explique leur échec quand elles sont mal ficelées (2) : elles permettent certes parfois d'atteindre leur but de réduction des inégalités, d'égaliser les parts du gateau, mais elles conduisent aussi souvent à réduire la taille du gâteau (c'est à dire à réduire la création de richesses, un peu comme le protectionnisme d'ailleurs) ce qui fait qu'au final, chacun se retrouve avec une part de gâteau moins grosse (ce qui est problématique, surtout si ledit gateau est un délicieux gâteau au chocolat) dans la mesure où le gouvernement d'après (ou même parfois le même gouvernement) se voit obligé de faire machine arrière pour éviter la faillite.


Il y a un exemple fameux de volte-face d'un même gouvernement pour éviter la faillite vers laquelle menait sa politique grossièrement social-démocrate : celui du gouvernement socialiste de Pierre Mauroy en 1981, mis en place suite à l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand.


A son arrivée à Matignon, Pierre Mauroy a tenu les promesses électorales de son mentor (comme quoi il serait faux de dire que les hommes politiques ne tiennent jamais leurs promesses, contrairement à ce que prétendent les populo-débilo-poujadistes), c'est à dire qu'il a voulu appliquer le programme sur lequel François Mitterand fut élu.


Il a donc notamment décidé de :


1) augmenter le nombre de fonctionnaires


2) revaloriser les salaires et les prestations sociales


Evidemment, tout le monde était content. Sauf que problème : cette politique nous menait droit au désastre.


En effet, suite à l'adoption de ces mesures, l'économie française est entrée gravement en crise : le besoin de financement des administrations publiques a explosé, l'inflation (augmentation des prix, qui a pour conséquence d'annuler mécaniquement la hausse des salaires) a atteint des niveaux préoccupants, le solde commercial s'est dégradé et plus grave encore, le chômage a largement augmenté.


Après cet échec, Pierre Mauroy a décidé de faire rapidement marche arrière pour éviter que la crise ne s'aggrave (et non parce que c'était un traitre, comme le proclament à l'envie les Rantanplans de la "science" économique) : il a mis en oeuvre un plan d'austérité qui s'appuyait intégralement sur les théories classiques (c'est à dire libérales, ou ultra-libérales comme il est coutume de dire, voir ultra-ultra-libéral) avec un contrôle de la masse monétaire et des salaires pour diminuer l'inflation.


C'est depuis cette époque que le Parti Socialiste est devenu plus "raisonnable" : il a compris que les politiques social-démocrates trop mal ficelées, s'appuyant sur des promesses démagogiques engendraient de l'inefficacité économique.


A l'inverse, ceux qu'on qualifiera d'aile gauche de la social-démocratie - les Mélanchon, les Besancenot et compagnie - ne l'ont pas encore compris. S'ils arrivaient au pouvoir, ils mèneraient ainsi la même politique grossièrement social-démocrate que Pierre Mauroy en 1981, qui aboutirait aux mêmes résultats décevants. Cependant, nous pouvons douter qu'ils auront l'intelligence et l'honnêteté de reconnaitre leur erreur et de faire marche arrière à temps comme Pierre Mauroy.


Voila pourquoi nous ne croyons absolument pas aux programmes de l'aile gauche de la social-démocratie, et nous pronons plutôt la mise en place d'un nouveau système économique qui permettrait - du moins en théorie -  l'augmentation de la création de richesses (car avant de répartir la richesse, il faut la créer), c'est à dire l'augmentation de la taille du gâteau (au chocolat), tout en égalisant largement ses parts, c'est à dire tout en réduisant les inégalités économiques (pour plus de précision, voir la rubrique "Sortir du capitalisme").


Peut-être que ce nouveau système ne marchera pas et si tel est le cas, nous aurons l'intelligence de faire marche arrière à temps comme l'a fait Pierre Mauroy à son époque. Mais à la différence de la politique économique défendue par l'aile gauche de la social-démocratie (Mélanchon, Besancenot), dont nous sommes certains qu'elle ne marcherait pas car elle consiste à faire la même chose que le gouvernement Mauroy en plus grossier encore, il existe une possibilité que nos propositions soient efficaces car elles n'ont jamais été testées nul part.


Le socialisme du XXIème siècle, s'il veut avoir une chance de triompher du capitalisme, ne devra ni être un socialisme planifié étouffeur de l'esprit d'initiative et de la liberté d'entreprendre (genre URSS), ni être un catalogue de propositions grossièrement social-démocrates (genre Mélanchon, Besancenot), mais un ensemble cohérent menant à une politique économique novatrice.



(1) au risque de passer pour un vendu, un social-traitre ou un collabo, il y a bien un problème des retraites.


La démographie est sans doute une science bourgeoise mais quand on sait qu'il y avait en 1990 quatre retraités pour dix actifs et qu'il y en aura huit ou neuf en 2040 (c'est à dire un doublement de la charge !), il n'est pas difficile de comprendre que le problème des retraites est une réalité démographique.


Ceci ne veut pas dire qu'il faut nécessairement augmenter la durée de cotisation, je ne me sens pas suffisamment qualifié pour proposer une solution toute prête et il est probable qu'un gouvernement de Socialisme&Souveraineté aurait une plus grande marge de manoeuvre pour résoudre le problème des retraites car l'argent qui servait auparavant à rémunérer le capital et la propriété (sous le capitalisme) appartiendra à la collectivité (sous notre nouveau système).


Cependant, si je devais faire quelques propositons bien simplistes dans un cadre capitaliste (car vous vous doutez que ce n'est pas demain la veille qu'on sera au pouvoir), je dirai qu'on pourrait commencer par :


-favoriser la natalité, il y a des tas de mesures possibles pour cela


-adapter la durée de cotisations à la durée de retraites selon la catégorie socio-professionnelle et le sexe. En classant les individus selon leur catégorie socio-professionnelle et leur sexe (les femmes vivant en moyenne un peu plus longtemps que les hommes, en grande partie pour des raisons naturelles ou génétiques), il est possible de connaitre le temps moyen de paiement des retraites dont bénéficie chaque catégorie et de moduler la durée de cotisations en conséquence.


Prenons un exemple avec des chiffres complètement fantaisistes pour bien comprendre : si les statistiques de l'INSEE nous disent qu'en moyenne, une femme cadre vit pendant 30 ans à la retraite et un homme ouvrier pendant seulement 20 ans, et que la durée moyenne de cotisations est fixée à 40 ans (c'est à dire la situation actuelle, peut-être bientôt 41), il faudrait moduler cette durée de cotisation dans un souci d'équité afin que la durée de retraite soit proportionnelle à la durée de cotisation.


Dans cet exemple et après calcul, l'homme ouvrier n'aura besoin que de cotiser pendant 36 ans (au lieu de 40) pour bénéficier de 24 ans de retraite (au lieu de 20 aujourd'hui) et la femme cadre aura besoin de cotiser pendant 42 ans (au lieu de 40) pour bénéficier de 28 ans de retraite (au lieu de 30 aujourd'hui)


Démonstration du calcul :


24/36 = 0,666666 avec 24 ans la durée de retraite moyenne d'un homme ouvrier et 36 ans la durée de cotisation moyenne d'un homme ouvrier


28/42 = 0,6666666 avec 28 ans la durée de retraite moyenne de la femme cadre et 42 ans la durée de cotisation moyenne de la femme cadre


On en arrive donc à une situation d'équité entre les deux catégories avec un rapport durée de retraite/durée de cotisation équivalent. Personne n'est ainsi lésé.


Enfin de toute façon au point où on en est, personne n'aura de retraite.



(2) ceci dit les politiques social-démocrates ne sont pas nécessairement grossières, démagogiques et mal ficelées (Mauroy, Mélanchon, Besancenot), elles peuvent aussi être réfléchies.


Par exemple, les pays scandinaves appliquent des politiques social-démocrates depuis des décennies, et sont à la fois plus riches et moins inégalitaires que la France. Cependant, les inégalités économiques - outre quelles ont toujours été à un niveau excessif et trop important à mon goût (bien que moindre qu'en France, ceci dit c'est pas dur) - ont tendance à augmenter là-bas aussi, et elles n'ont jamais reposé que sur le seul travail (c'est à dire sur le mérite).


C'est pourquoi nous ne pensons pas à copier les modèles sociaux-démocrates scandinaves et nous préférons proposer un nouveau système économique.




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commentaires

Julien 22/04/2010 20:11



@Arnaud


votre proposition consistant à prendre sur les profits renvoit aux mesures de la social-démocratie (et notamment de son aile gauche) que nous avons cité, elle consiste en gros de demander aux
capitalistes de continuer à gérer les entreprises tout en ne faisant presque plus de profit.


Le plus probable est que cette mesure conduise les capitalistes à retirer leurs billes, c'est à dire à une fuite des capitaux, ce qui conduira à un ralentissement de la croissance et à une
augmentation du chomage. L'une des raisons de la baisse de la croissance sur le long terme à partir des années 70 (outre les chocs pétroliers, qui conduisirent à un ralentissement ponctuel) fut
le ralentissement de l'accumulation du capital à cause d'une détérioration continue de la profitabilité des entreprises.


Alors prendre sur les revenus du capital oui, mieux encore les abolir (vous voyez, nous sommes encore plus à gauche que vous), cependant ceci ne passe pas pour nous par une taxation du capital
(qui montre bien vite ses limites quand on s'intéresse à ses conséquences) mais par un changement de système.



nationalistejacobin 22/04/2010 13:52


Oups! Décidément je perds le sens de l'humour ces temps-ci. OK pour relancer la natalité. Pour le reste, je serais assez d'avis de laisser l'âge l'égal mais de prévoir quelques avantages pour ceux
qui acceptent de travailler plus longtemps (ou quelques inconvénients pour ceux qui partent à l'âge légal, c'est selon). Mais il y a un point que vous n'abordez pas: la question de l'emploi des
quinquagénaires. Il semblerait que beaucoup aient du mal à retrouver un emploi lorsqu'ils n'en ont plus. Alors peut-être faudrait-il d'abord que tous les moins de 60 ans aient un taux d'emploi
satisfaisant avant de faire bosser les autres plus vieux... Car ces quinquagénaires sans travail, ce sont des actifs en moins et on aurait besoin d'eux.


arnaud 22/04/2010 12:44



Bonjour,


Autres propositions.


Remettre au moins 6% de capital vers le travail, ceci permettra des dizaines de milliarDs vers les fonds de retraites. Elle diminuera le chomage dont les excédents pourront ausi être transféré
vers les fonds de retraites.


 


 



Julien 22/04/2010 08:18



C'était une blague, à l'attention de ceux qui disent qu'il n'y aurait pas de déséquilibre démographique (même si la siutation démographique de la France est moins pire que celle de ses voisins).



nationalistejacobin 21/04/2010 21:07



"La démographie est sans doute une science bourgeoise": Ah bon? Il y a des "sciences bourgeoises"? Et à quoi les reconnaît-on?



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