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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 00:42

Tribune libre de Pablito Waal

A l’heure où j’écris ces lignes, le Conseil de Sécurité de l’ONU n’a pas encore tranché sur une intervention aérienne en Libye, qui serait probablement menée par la France, le Royaume-Uni et les USA pour stopper l’avancée des forces de Kadhafi écrasant l’insurrection populaire libyenne commencée il y a un mois.

Comme beaucoup, à commencer par les rebelles libyens eux-mêmes il y a encore quelques jours, je pense qu’une intervention terrestre des armées occidentales serait une grave erreur : outre son coût, financier et humain, elle risquerait de faire se retourner une partie du peuple libyen en faveur du tyran, en suscitant une résistance nationale.

Mais ça ne semble pas être la revendication du gouvernement français, qui en resterait à des actions ciblées depuis les airs. Je reste sceptique : si ces opérations renversaient réellement la donne, les rebelles libyens seraient-ils encore maîtres de leur mouvement ?

J’aurais voulu poster cet article il y a plusieurs jours, avant que l’actualité japonaise ne m’en éloigne. Il y a quelques jours, les forces « loyales » au régime n’étaient pas encore aux portes de Benghazi, et on parlait encore d’une possible victoire de l’opposition. A ce moment, Nicolas Sarkozy eut ce qui fut sans doute l’une des seules initiatives honorables de son quinquennat : cesser de reconnaître le régime de Kadhafi comme détenteur de l’autorité en Libye, et reconnaître le Conseil National de Transition de Benghazi comme seul interlocuteur.

Cette décision lui fut reprochée : parce qu’il se mêlait de ce qui ne le regarde pas, ou, pour certains, parce qu’il faisait le jeu de l’impérialisme – ou le pratiquait lui-même.

Son appel à des frappes en Libye (qui ne semblaient pas encore nécessaires à ce moment, les insurgés étant à mi-chemin entre Benghazi et Tripoli) a suscité une réaction majoritairement négative des français. Sans être partisan des frappes, du moins au moment où elles furent proposées, et encore moins d’une intervention terrestre, je ne trouve pas cette réaction saine, car elle repose sur plusieurs tendances du « bon sens populaire » assez contestables.

D’abord le « ce qui se passe en Libye ne nous concerne pas » est bien évidemment absurde. D’abord sur le plan étroitement matériel, ce pays fournisseur de pétrole, impliqué – pour notre déshonneur – dans la « gestion » européenne de l’immigration, et jadis dans le terrorisme international,  ce pays a un impact sur nous. Ensuite, parce que la notion de souveraineté que défend notre mouvement ne peut s’interpréter comme un absolu éliminant toute autre considération morale. La souveraineté est un instrument qui permet la démocratie (et l’Union Européenne ne respecte ni la souveraineté nationale, ni la démocratie, d’où la nécessité de la combattre). Mais utiliser la souveraineté pour protéger un dictateur – car c’est, à l’heure actuelle, vers ce scénario que l’on s’achemine si rien n’est fait par d’autres pays – est un dangereux contresens.

Non pas que, à l’instar de ce qui était prétendu par les partisans de la seconde guerre d’Irak, tout soit permis contre un dictateur, que toutes les guerres contre une dictature soient justes. Tout dépend du coût humain que l’on peut leur prévoir, du nombre de vies que l’on pense sauver (ce qui reste dans tous les cas des estimations difficiles à faire). Mais le contresens dans le refus d’une intervention est de le faire au nom de la « souveraineté des nations », alors que la souveraineté est indissociable de la liberté d’un peuple. Kadhafi confisque depuis 42 ans la liberté des libyens. S’il y a un ennemi de la souveraineté de la Libye, c’est Kadhafi en premier lieu, bien avant Sarkozy ou Obama.

Beaucoup – et c’est, dans le principe, une attitude plus respectable – se basent sur les expériences récentes d’Irak, d’Afghanistan, du Kosovo pour refuser toute ingérence. C’est malheureusement confondre plusieurs choses, à commencer par le fait qu’on n’envisage pas ici d’intervention terrestre (ce qui distingue des cas afghan et irakien). On peut toujours faire le parallèle avec les bombardements sur la Serbie en 1999. Mais ici, nous n’avons pas affaire au soulèvement d’une minorité ethnique dans une région spéciale, guidée par un mouvement de fanatiques tel que l’UCK. Il s’agit d’une révolte globale des libyens, peut-être –probablement pas - unanimes (sans quoi Kadhafi serait déjà tombé), mais d’une fraction significative et probablement majoritaire du peuple, dans plusieurs régions du pays, à l’Est comme à l’Ouest du pays. Il ne s’agit pas ici d’imposer une partition du pays, même s’il est vrai que son identité nationale semble précaire, minée par une structure tribale sur laquelle Kadhafi a su jouer depuis quatre décennies. Ici, il s’agit du renversement pur et simple d’un régime, et le dictateur n’aura donc aucune envie de négocier, contrairement aux serbes à Rambouillet en Mars 1999.

A ceux qui gémissent qu’après l’Irak, l’Afghanistan ou le Kosovo, on devrait définitivement abandonner toute idée « d’ingérence humanitaire », nous devons répondre qu’il ne s’agit là que d’une réaction simpliste, visant à s’exonérer de réfléchir au cas par cas, alors que traiter chaque cas différemment est la seule façon non extrémiste de faire de la politique. Ce n’est pas parce que Bernard-Henri Lévy a appelé tous les quatre matins à bombarder tel ou tel régime, de façon toujours sélective, qu’il faut adopter l’attitude inverse consistant à ne jamais intervenir, directement ou indirectement, nulle part et jamais. BHL ne mérite pas d’être le repère fondamental de nos décisions.

D’autres nous dirons qu’on ne sait pas grand-chose des insurgés, qu’ils seraient royalistes, islamistes ou que sait-on encore. Qu’il y ait des proches de l’ancien roi Idriss, renversé en 1969, que les révoltés aient repris le drapeau vert, noir et rouge de la monarchie…et alors ? Kadhafi n’est-il pas lui-même un monarque, officiellement sans mandat, ayant placé ses fils au sommet de l’Etat ? Et, en termes de démocratie, faut-il préférer Kadhafi à Juan Carlos d’Espagne ? Quant à la menace islamiste, faut-il rappeler que la Libye est déjà une république islamique, un pays où il ne fait pas bon abandonner la religion du Prophète ? Est-il sérieux de soupçonner les rebelles de représenter un risque terroriste quand on a le responsable de l’attentat de Lockerbie en face ?

On atteint, dans une fraction –heureusement fort minoritaire- de la gauche occidentale, des niveaux d’abjection complets lorsque certains prennent ouvertement la défense du Raïs, voyant en lui un « anti-impérialiste » (les tchadiens ont pu en juger dans les années 1970-1980…), d’autant qu’il est antisioniste et pro-palestinien (ce qui autorise donc Kadhafi à toutes les saletés, le conflit israélo-palestinien étant le centre de l’Univers et le seul étalon moral pour quelques résidus de la « gauche » malheureusement trop peu isolés).

Les rebelles libyens ont fait preuve d’un courage exemplaire. Leur défaite serait un message terrible pour les peuples qui tentent de renverser leurs oppresseurs, que ce soit à Bahreïn, au Yemen ou au Burkina Faso actuellement. Une intervention militaire terrestre des occidentaux serait sans doute une catastrophe. Les frappes aériennes ne sont pas nécessairement une bonne idée. Elles sont peut-être devenues inévitables pour empêcher une défaite imminente des rebelles. Mais si cela était vrai, cela ne serait le cas que parce que nous –France et Italie notamment- avons trop attendu – ou refusé d'agir – pour mettre en œuvre ce qui serait sans doute la seule solution viable pour sauver la rébellion tout en laissant les libyens maîtres de leur sort : livrer des armes aux insurgés de Benghazi. En masse. Au risque que l’aviation du régime libyen n’attaque nos convois, certes, mais les états européens ont les moyens de riposter, alors que nous ne les avons pas pour envahir la Libye – heureusement d’ailleurs.

La livraison d’armes aurait du commencer depuis des jours, voire des semaines, pour que les libyens en finissent au plus vite avec l’auteur du « Livre Vert », pour permettre de stabiliser les flux de réfugiés. On ne sait pas encore quel régime naitrait d’une victoire rebelle. Mais nous connaissons la nature du régime de Kadhafi depuis 42 ans.

Finissons cette tribune sur deux points. D’abord, l’inanité de l’Union Européenne comme rassemblement d’états engagés pour défendre la démocratie apparait – une fois de plus – au grand jour. L’UE ne respecte pas la démocratie pour les peuples membres, et se contrefout du sort des peuples voisins, malgré les déclarations de fins de sommets. Loin d’être une espérance, l’UE n’est qu’un conglomérat égoïste, et qui serait sans doute impérialiste, s’il en avait les moyens et une cohérence politique interne. Et, ultime point, les civils qui fuient la guerre et la répression, venus de Tunisie ou de Libye, doivent être reçus en Europe. Je tiens là à me démarquer des positions exprimées par Marine Le Pen ou certains membres de l’UMP. Cette vague migratoire - quelques milliers ou dizaines de milliers de personnes pour tout le continent européen – ne saurait être comparée avec le flux habituel de l’immigration, qui dépasse certainement le million d’individus annuels pour l’Europe. Les circonstances exceptionnelles de la venue de ces réfugiés font que nous ne pouvons nous cacher derrière un réflexe d’égoïsme et d’une prétendue incapacité d’accueil.

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Published by Socialisme&Souveraineté - dans International
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nationalistejacobin 24/03/2011 11:44



« La paix entre britanniques et allemands et
l'abandon de la France libre étaient donc tout à fait possibles. » Pas tellement en fait. Les Anglais se sont toujours tenus à une option géopolitique qui pour eux est en effet la
meilleure : 1) maîtriser les mers ; 2) empêcher l’union du continent européen sous l’autorité d’une nation hégémonique. Ce n’est pas un hasard si les Britanniques ont tâché de calmer
les appétits français après 1918…


De plus, les Anglais pouvaient raisonnablement penser
qu’une fois leur puissance affermie, les nazis reprendraient le combat, même si une paix aurait pu être un répit intéressant. Saluons en tout cas le courage et l’abnégation de la nation
britannique en ces heures difficiles.


 


Pour l’article de Marianne, tu as en partie raison, pour
les erreurs françaises. Il n’empêche que, pour l’affaire libyenne, l’Oncle Sam a laissé les Français et les Anglais faire le boulot préliminaire : mobiliser des alliés, faire les grandes
déclarations, rédiger la directive pour le Conseil de Sécurité, et même faire les premières frappes ! On ne peut pas dire que les USA se soient avancés… En revanche, je note qu’une fois
l’affaire engagée, le Pentagone entend reprendre le contrôle des opérations, mais un peu plus discrètement. Que penser de tout cela ? Que l’Oncle Sam veut soigner son image en laissant à
d’autres le soin d’endosser les habits de « va-t-en-guerre », mais qu’il veut rappeler à ses chers alliés qu’il est le maî… pardon, le patron. Et j’ai pour ma part la désagréable
impression que l’aigle américain laisse à ses valets européens l’illusion de pouvoir prendre des initiatives. C’est habile, mais assez humiliant pour le peuple français, je trouve.



Jimmy 21/03/2011 23:01



je crois que depuis le départ l otan veut soit la destitution d'un khadafi pas assez aux ordres concernant le pétrole et le dollar, soit la partition du pays dans le cas où khadafi resisterait. l
otan se fiche des causes humanitaires. si ce n'était pas le cas pourquoi la coalition a t elle fait fi du plan de conciliation de chavez accepté par khadafi et les insurgés.



Pablito Waal 21/03/2011 20:28


D'accord, évitons les comparaisons historiques, même si des historiens comme François Delpla savent qu'en fin 1940, les nazis avaient dans les faits renoncé au projet d'invasion du Royaume-Uni. La
paix entre britanniques et allemands et l'abandon de la France libre étaient donc tout à fait possibles. Au Yémen comme en Birmanie, il y a des rébellions locales, tandis qu'en Libye, la rébellion
a traversé le pays (et pas seulement l'Est, car Misrata ou d'autres cités situées à l'Ouest de Tripoli ont pris par au soulèvement). Le cas libyen est donc différent de celui du Bahreïne, Yemen, de
la Birmanie ou de la Corée du Nord. Une répression tuant plusieurs dizaines de civils n'est pas assimilable à une guerre. Dans ces pays, les nations occidentales peuvent agir par pression
diplomatiques (et le font, dans le cas de la Corée du Nord, un régime particulièrement coriace et difficile d'approche). Je m'autorise à parler de "peuple libyen" pour désigner les rebelles, car
eux seuls ont un vraiment donné leur avis. Ceux qui n'ont pas rejoint la rébellion l'ont peut-être (probablement) fait sous le coup de la peur. Le plus simple serait que Kadhafi remette son pouvoir
en jeu par des élections, on saurait alors où on en est. Mais on peut difficilement attendre ça de lui. Je n'ai jamais dit qu'il n'y avait pas d'arrières-pensées occidentales, mais qu'elles me
semblaient être le moindre mal. Pour ce qui est de l'article de Marianne, je pointe deux choses: d'abord lorsqu'il est question des tentatives US pour déloger la France d'Afrique, l'auteur impute
aux américains des erreurs qui relèvent des français eux-mêmes, comme la complicité de génocide au Rwanda ou les erreurs diplomatiques concernant la Tunisie (à moins qu'on croit que toute la presse
française, pas avare de critique sur le cas tunisien, soit manipulée par Washington ce qui me semble un brin excessif). Ensuite, l'article oublie, contrairement à ce qu'à précisé Le Post, qu'en
réalité le commandement de l'opération est bel et bien US...Donc en cas de difficultés, le gouvernement français peut se retourner et accuser l'Oncle Sam. Mais plus généralement, lorsqu'Alain Juppé
est accusé de vouloir envoyé des humanitaires en pleine guerre, je réponds: il ne devrait pas être question d'envoyer des humanitaires. Prendre le contrôle du ciel et bloquer les mouvements de
l'armée de Kadhafi suffit. L'étape suivante, celle dont j'ai déjà parlé dans l'article, c'est la livraison d'armes aux rebelles. Mais cela sort du mandat de l'ONU (mais est-on à ça prêt?). Au pire
on arrive à la partition du pays, et ensuite on peut envisager, le front stabilisé, l'aide humanitaire.


nationalistejacobin 21/03/2011 18:02



« je pourrais vous faire une réponse sur le fait que les anglais, en suivant la même logique,
auraient pu signer la paix avec Hitler en fin 1940, et renvoyer ce loser de De Gaulle chez lui. » Non, vous ne pourriez pas. Je suis étonné, cher Pablito, que tu en arrives à ce type
d’argument. Mais bon, tant pis pour toi.


1) Kadhafi est à la tête d’un état de 6,5 millions d’âmes, soit dix fois moins que la France. Où est le
danger pour notre pays ? Kadhafi veut conquérir l’Alsace ? La Corse ?


2) Kadhafi est en train de mater une rébellion dans son pays, non d’en envahir un autre. Cela fait une
petite différence.


3) Toutes les tentatives de Kadhafi d’étendre son pouvoir en-dehors de la Libye ont échoué (et c’est
tant mieux).


4) France et Angleterre étaient alliés avant la
défaite des armées françaises.


Conclusion : évitons les comparaisons historiques, c’est inutile et ça ne sert souvent qu’à
discréditer insidieusement son interlocuteur. Une méthode peu honorable, tu en conviendras. Cela étant, si on tient aux comparaisons, on peut se demander quel regard nous porterions, en tant que
Français, sur la Convention montagnarde si elle avait été installée à Paris grâce à des canons étrangers… La question de la légitimité se poserait, je pense.


 


Il n’y a pas de guerre civile au Yémen ?! Faut que je me renseigne alors… Au Bahreïn, ce n’est pas
la guerre civile, m’enfin bon, les forces de l’ordre tirent sur des civils désarmés. Tiens, tiens, « répression exercée sur des civils désarmés », ça me rappelle quelque chose…


Et en Birmanie, il y a bien des rébellions quelque part dans les jungles frontalières, si je ne m’abuse.
Comme quoi, on emploie l’expression « guerre civile » quand ça arrange…


 


Je ne suis nullement un fan de Mouammar, mais je pense que cette intervention, en maintenant
artificiellement une rébellion vaincue dans les faits, va en fait installer une guerre durable et même interminable. Je crois que les bombes ne suffiront pas à vaincre Kadhafi. Je pense aussi que
les rebelles viennent de contracter une dette redoutable envers l’Occident. Désolé de gloser sur les « arrière-pensées », mais aucune puissance (occidentale, arabe ou autre) n’agit sans
intérêt.


 


« un peuple qui a décidé de se soulever » : quel peuple ? La population de l’est du
pays, traditionnellement hostile à Kadhafi, a profité des révolutions en Tunisie et en Egypte pour prendre les armes, alliées à des tribus qui veulent une plus grosse part du gâteau. Mais Kadhafi
n’a jamais vraiment perdu le contrôle de Tripoli, la première ville du pays. Syrte et sa tribu lui sont restées fidèles, comme d’autres tribus de l’ouest. Les révoltés se sont autoproclamés
« peuple libyen », c’est de bonne guerre. Mais les tribus fidèles à Kadhafi, ce n’est pas aussi le peuple libyen ?


 


Je ne suis pas contre le fait qu’on prenne parti, je suis contre le fait qu’on prenne parti si tard pour
le camp qui est en passe de perdre. Et qu’on intervienne directement en larguant des bombes dont on sait qu’elles vont probablement tuer des civils… ces civils qu’on doit sauver de Kadhafi.
Comment dit-on déjà ? Ah oui, « dommage collatéral »… Alors on va m’expliquer que ces quelques centaines de morts sont le « risque acceptable » pour sauver des dizaines
de milliers de personnes. Je suis sceptique.


 


Enfin bon, chacun son opinion. Nous verrons bien comment les choses tourneront. Je te conseille aussi de
lire cet article, qui n’est pas inintéressant :


http://www.marianne2.fr/Libye-les-USA-veulent-sous-traiter-une-intervention-trop-risquee_a203382.html


 


Bien à toi.



Pablito Waal 20/03/2011 22:32



Bonjour,


pour ce qui est de la faiblesse des insurgés qui ferait que nous n'aurions pas à les
soutenir, je pourrais vous faire une réponse sur le fait que les anglais, en suivant la même logique, auraient pu signer la paix avec Hitler en fin 1940, et renvoyer ce loser de De Gaulle chez
lui. Mais je préfère éviter le Godwin, quoi qu'en 1940 la Shoah n'avait pas encore commencé, le Führer n'était qu'un dictateur raciste et conquérant parmi d'autres.


Je comprends que vous fassiez intervenir la notion de rapport de force: s'il s'agissait
d'intervenir dans une guerre civile dans un pays plus peuplé et plus grand que la Libye, nous pourrions nous retrouver dans une guerre interminable. Ce n'est pas le cas en Libye. Certes, les
rebelles seuls semblent dans une totale infériorité matérielle (mais Kadhafi semble bien l'emporter en raison de son argent, ses mercenaires et son matériel) ; mais, même si les pro-Kadhafi
reprennent aujourd’hui Benghazi, les avions occidentaux peuvent couper toute communication et renforts militaires entre les villes, et ainsi empêcher une nouvelle répression au cas où
l’insurrection reprendrait dans les cités, que des unités « loyalistes » feraient défection… D’ailleurs les promesses non tenues de Kadhafi de faire un cessez-le-feu montrent qu’il ne
peut pas être insensible à la menace, et que sa victoire est loin d’être assurée.


Sur le fait qu’on intervienne en Libye et pas au Bahreïn, au Yémen, en Chine ou
ailleurs : la réponse est toute simple, elle vient de ce qu’il y a une guerre civile en Libye, pas dans les autres pays. Notre rôle n’est pas de créer des guerres civiles là où il n’y en a
pas. Mais en Libye, notre intervention, de fait (on pourra se raconter ce qu’on veut sur les arrières penser des gouvernements occidentaux), répond à l’action d’un peuple qui a décidé de se
soulever. Aussi, le fils de Kadhafi peut bien reprocher aux occidentaux de s’attaquer à eux alors qu’ils sont faibles (et lui, pourquoi ne propose-t-il pas aux rebelles de négocier plutôt que
d’attaquer Benghazi ?), c’est assez typique des dictateurs de parler de déshonneur et de moralité quand eux n’en ont jamais eu.


On ne peut pas intervenir quand on est parfaitement certains des exactions, du nombre de
morts, des coupables précis, du déroulement exact…Sinon on n’intervient jamais. Que les rebelles ne soient pas parfaits (qui l’a prétendu ? Les alliés et les soviétiques l’étaient-ils
pendant la WWII ?) n’est pas une raison pour ne pas prendre parti contre un régime dont la nature ne fait plus mystère depuis des décennies. D’ailleurs rappelons nous que la résolution
onusienne parle de protéger les civils et de zone d’exclusion aérienne. Ce qui compliquera sans doute la tâche des occidentaux en les empêchant de bombarder les villes – heureusement après tout-
mais la mission des forces d’intervention serait atteinte si un cessez-le-feu et une négociation entre rebelles et régime pouvaient s’amorcer.


Pour ce qui est des réfugiés, les tunisiens fuient avant tout un chaos économique et social
sans lequel leur révolution n’aurait pas eu lieu. Pour les libyens, la vague va sans doute arriver, mais certainement plus modérée (la Libye est deux fois moins peuplée, l’émigration vers la
France n’est historiquement que peu développée). Attendons plusieurs mois pour voir si les flux diminuent. Si c’est le cas, alors des mesures restrictives contre les réfugiés n’auront pas été
nécessaires, et la clémence s’impose. Si ces flux durent, attendons d’avoir du recul avant de fermer notre porte. Le véritable problème arriverait si une guerre civile se déclenchait en Algérie
et/ou au Maroc. Pour ces deux pays, notre devoir diplomatique serait de tout faire pour l’empêcher.


 



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