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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 13:03

 

Suite au vote des militants PCF de Jeudi à Dimanche dernier, Jean-Luc Mélenchon a été intronisé comme candidat du Front aux présidentielles de 2012. Confirmant ainsi la "stratégie" du Front de Gauche (regroupant PCF, PG et Gauche Unitaire, plus d'autres mouvements moins connus). Pendant ce temps, le NPA tente de gérer l'après-Besancenot, désignant pour 2012 le camarade Poutou (Poutou qui, vu les sondages, semble surtout promis à une mandale - bon ok je sors ).

 

Et voilà le tonitruant Mélenchon qui va affronter l'Union Européenne...enfin non: la dérive libérale de l'Union Européenne. Et qui somme (mais qui ça?) de laisser "Place au Peuple" (c'est-à-dire les 7% à 10% de votants qui pourraient, on a bien dit pourraient, le choisir en Avril prochain).

  

Mélenchon, petit pépère du peuple.  

Mais qu'il s'en aille, lui aussi... 

 

Juste quelques rappels sur l’orientation européenne du Front de Gauche :

 

http://www.frontdegauche.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=227:politique-budgetaire-les-derives-liberales-de-leurope-vont-loin&catid=100:argumentaires&Itemid=121

 

En clair, le Front de Gauche, dans ce document datant de 2009, appelait, pour sortir de la crise, à creuser massivement les déficits, au nom de la « politique de relance » – plus de dépenses publiques, autant ou moins d’impôts – si chère aux keynésiens (en oubliant que Keynes lui-même demandait aux gouvernements de réaliser des excédents en cas de croissance, volet qu’oublient toujours la gauche qui se réclame de lui).

 

Les quelques paragraphes d’introduction ressassent le schéma théorique : « le relance crée un déficit, mais relance l’activité et permettra des recettes fiscales futures qui combleront les déficits ».

 

En tant que socialistes, nous pensons comme le Front de Gauche qu’il n’y a pas de raison de penser que les dépenses de personnel et de fonctionnement du secteur public soient nécessairement improductives (et elles sont au contraire généralement bénéfiques pour la société, plus que nombre d’activités privées). Mais d’une part, les auteurs de l’argumentaire du Front de Gauche semblent croire que toutes les dépenses publiques passent dans les « services publics » alors qu’elles financent en majorité des prestations sociales (assurance-maladie, retraites, famille, invalidité, chômage).

 

Et surtout, ces keynésiens oublient que, sur le fond, les plans de relance ne font que déplacer du pouvoir d’achat, pas en créer. Pour financer les déficits occasionnés par les plans de relance, il faut soit :

 

-      Créer de la monnaie (et encore, si on avait ce droit…mais le Front de Gauche raisonne probablement au niveau européen, comme nous le reverrons par la suite). Dans ce cas, l’inflation générée par cette création monétaire va réduire une partie des revenus et des patrimoine, tandis que ceux qui bénéficieront des dépenses de l’Etat seraient gagnants. Mais rien ne prouve que la société dans son ensemble y gagnerait. Au contraire, un effet connu est la montée de l’épargne des particuliers, voulant protéger leur patrimoine miné par l’inflation ;

 

-      Soit, et c’est aujourd’hui beaucoup plus courant, financer le déficit par l’emprunt. Si on emprunte auprès des habitants du pays (la France, ou l’Europe selon le niveau où on raisonne), on ne fait en réalité que déplacer du financement du secteur privé (ou du moins non-étatique) vers le secteur étatique (ou du moins de ceux qui reçoivent ses largesses). C’est ce que l’on appelle l’effet d’éviction. Le document du Front de Gauche le mentionne parmi les arguments des libéraux, mais se plante complètement : l’argument de l’effet d’éviction ne revient pas à dire que le secteur public est forcément improductif et que le secteur privé forcément plus efficace, mais que la relance financée par l’emprunt n’aura pas créé de pouvoir d’achat supplémentaire. Et le fameux « coefficient multiplicateur » (on paie plus les fonctionnaires, qui achètent plus aux entreprises, qui paient plus leurs salariés…) aurait pu aussi bien jouer si l’argent était resté dans le secteur non-étatique.

 

-      On peut aussi faire appel à l’emprunt étranger, mais dans ce cas on s’impute une charge de remboursement future, et il n’est absolument pas sûr que le pays se soit enrichi entre temps.

 

Voilà pourquoi, contrairement au Front de Gauche, Socialisme & Souveraineté ne réclame pas des plans de relance. Voyons les faits : les plans de 1975 (Chirac) et 1982 (Mauroy) ont généré de petites sautes de croissance à court terme, puis ont lamentablement échoué. Le déficit massif de 1993 n’est pas responsable de la croissance forte des années 1997-2000, largement soutenue par un contexte international dynamique. Il ne s’agit nullement de cracher sur l’action et l’investissement publics, qui peuvent faciliter l'activité économique par la formation et les infrastructures. Mais cela peut se faire dans le cadre de comptes équilibrés. Les plans de relance, d’une part, ce n’est pas du socialisme (ce n’est le plus souvent que de la redistribution des revenus dans le cadre d’une économie de propriété majoritairement privée), et ça ne marche pas. Et il suffit de voire que depuis 2009, les états européens ont accru leurs déficits et leurs dépenses, sans tirer le continent de la dépression.

 

Notre politique, c'est d'accepter dans un premier temps le redressement de nos comptes publics, et ensuite non pas de "relancer" la machine capitaliste, mais de trouver un autre modèle. 

 

Mais le pire, c’est que ces plans de relance ne peuvent qu’être conçus à l’échelle de l’Union Européenne. A aucun moment, le Front de Gauche ne parle de sortir de l’euro (contrairement au camarade André Gérin), encore moins de l’Union Européenne. On peut lire encore cette défense de l’édifice européiste par Pierre Khalfa, membre d’ATTAC, proche des vues du Front de Gauche : la croyance en « l’autre Europe » suivra certains jusqu’à la tombe. Le FdG parle encore de réorienter la Banque Centrale Européenne, martèle toujours son opposition aux plans d’austérité, considérés fallacieusement comme synonyme de baisse des dépenses (alors que dans tous les plans d’austérité en route en Europe, il y a des hausses d’impôts inclues, et qu'en fait les dépenses publiques ont de toute façon déjà bien progressé).

 

C’est donc vers le grand « plan de relance européen », promis certainement au même insuccès que les politiques de déficits massifs de l’Etat américain depuis 2008, que le Front de Gauche veut nous emmener.

 

En bref, toujours moins de souveraineté, plus de fédéralisme, plus de dettes...

 

Vous vouliez voyager en Grèce, mais vous n'aviez pas l'argent?

Et bien ne vous inquiétez pas, avec Mélenchon, vous n'aurez pas plus d'argent, mais ce sera la Grèce qui viendra à vous. Du moins sa faillite.

 

Amis FrontDeGauchistes (le terme frontiste est déjà pris),

 

 

Bonne lose.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Socialisme&Souveraineté - dans National
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